Sébazac : racisme, injures, incivilités... le conflit de voisinage finit au tribunal

  • Le jugement sera rendu le 12 mai prochain.
    Le jugement sera rendu le 12 mai prochain. Illustration José A. Torres -
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Une famille, qui cristallise toutes les colères d'un lotissement de Sébazac-Concourès, est poursuivie pour des injures publiques à caractère raciste à l'encontre de l'un de leurs voisins.

Dans ce lotissement de Sébazac-Concourès, construit en 2007 et d'apparence paisible, rien ne va plus depuis des années entre voisins. La gendarmerie de Rodez ne compte plus les déplacements effectués sur les lieux pour calmer les esprits ou encore les plaintes déposées par les uns et les autres. Nuisances sonores, insultes, menaces, vitesse excessive en voiture... toute l'habituelle panoplie du conflit de voisinage y passe. Et une seule et même famille, résidant dans le quartier depuis 2008, cristallise toutes les colères. Le 14 février 2019, une nouvelle plainte la vise. Cette fois, c'est un voisin, originaire de la Réunion, qui dit avoir été victime d'insultes racistes de la part du père, de la mère et des deux enfants de la famille après une futile histoire de manœuvres en voiture pour rentrer chez lui.

Deux ans plus tard, ce mercredi, les quatre membres de la maisonnée se retrouvaient devant le tribunal, tous prévenus pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion". Et sur le bureau de la présidente Sylvie Rouanne, le dossier est pour le moins épais. Une quinzaine de voisins, actuels ou anciens, ont témoigné sur la famille. Et tous dénoncent unanimement le comportement de celle-ci, "à l'origine" des problèmes du lotissement entre "doigts d'honneur des enfants, espionnage, propos incivils, vitesse excessive en voiture, musique à fond..."

"Il fallait qu'une tête tombe dans le lotissement et c'est la mienne"

En larmes à la barre, la mère est la première à nier ces accusations : "Tout est faux, on est les bannis du quartier, tous se sont mis contre nous alors que jamais, je vous jure, nous n'avons été racistes". Et de raconter, aux côtés de ses fils, sa version des faits : "Depuis des années, on subit des menaces de mort, ce voisin s'est allié avec d'autres et il nous dit qu'il va nous tuer, qu'il va appeler des gens des quartiers nord de Marseille pour brûler notre maison... On ne sait plus quoi faire, alors oui on se défend mais jamais en étant raciste". Pour le père de famille, il s'agit là d'un complot fomenté par ses voisins, "il fallait qu'une tête tombe dans le lotissement et c'est la mienne !". Et d'assurer qu'il entretient "de bonnes relations avec d'autres personnes du quartier qui n'ont pas été entendues". "On se demande pourquoi on est là face à vous, venez chez nous, vous verrez qu'on n'est pas comme on nous décrit", lance-t-il encore en direction de la présidente.

"Je travaille à la Bosch et tous les jours ils me disent que je vais finir chômeur !"

"Vous ne faites que vous victimiser : si on vous écoute, vous êtes la famille idéale, pourtant personne ne décrit cela !", s'énerve Me Stéphanie Boutaric, conseil de la partie civile, absente de l'audience, et rappelant qu'un témoin a confirmé les propos racistes envers son client et "même vos anciens voisins à Onet-le-Château disent qu'ils n'en pouvaient plus de vous et de votre harcèlement quotidien"

"C'est nous qui vivons ce harcèlement, encore dernièrement : je travaille à la Bosch et tous les jours quand je rentre chez moi, mes voisins disent que je vais finir chômeur. Et j'en passe !", assure, pour sa part, le père de famille prévenu, contre lequel le procureur de la République, Olivier Naboulet, a requis 9 mois d'emprisonnement. Une même peine a été requise contre sa compagne, ainsi qu'un stage de citoyenneté car "les insultes racistes sont inacceptables, je vous rappelle que les Réunionnais sont Français et ont versé leur sang pour ce pays".

"Je m'inquiète pour ce quartier"

"Aujourd'hui, personne ne peut assurer qu'ils ont proféré ces insultes racistes : la témoin ne dit pas la même chose que la victime, alors qui dit vrai ? Moi, je m'inquiète surtout pour ce quartier avec des voisins qui ne se supportent plus !", a pour sa part plaidé l'avocate de la défense, Me Cécilia Fraudet, espérant un rapide retour au calme entre ses clients et leurs voisins. Le tribunal, lui, rendra sa décision le 12 mai prochain. "On veut la paix et on va partir du lotissement", a confié la famille en conclusion même si quelques minutes auparavant, elle assurait "qu'elle ne déménagerait pas, on a trop sué pour avoir cette maison".

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Les commentaires (1)
rollenston Il y a 28 jours Le 17/04/2021 à 14:01

Il faut qu'ils organisent vite un repas de quartier et le terminer par un flash-ball.