Soins palliatifs : "L’Aveyron est très en avance sur ce sujet"

  • L’hôpital Jacques-Puel de Rodez dispose d’un service  de soins palliatifs.
    L’hôpital Jacques-Puel de Rodez dispose d’un service de soins palliatifs. Archives José A. Torrès
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Chaque année, l’ASP12 (Association pour les soins palliatifs) accompagne entre 700 et 800 personnes au sein des établissements de santé du département mais également à domicile.

Soins palliatifs, fin de vie… La semaine dernière, ces questions sont revenues devant l’Assemblée nationale à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi du député Olivier Falorni pour une "fin de vie libre et choisie".

Or les quelque 3 000 amendements déposés ont compromis l’examen du texte et les discussions parlementaires (lire ci-dessous).

En parallèle de ces débats, des associations comme l’ASP12 (Association pour les soins palliatifs) travaillent au quotidien pour prendre soin des personnes en fin de vie : " Il y a maintenant plus de 25 ans que les bénévoles de l’association ont décidé de se mettre au service des personnes en fin de vie et de leurs proches pour leur fournir un accompagnement, un soutien, une présence", explique Jean-Claude Luceno, président de l’association et actuel directeur de l’hôpital Lozère.

"L’Aveyron est un département très en avance et très structuré et ce, depuis fort longtemps sur la question des soins palliatifs", assure-t-il. à l’origine de la création de l’ASP12 on retrouve le conseil de l’ordre des médecins de l’Aveyron, la Ligue départementale contre le cancer, le conseil départemental. "Le maillage départemental est réel. L’Aveyron est doté à l’hôpital Jacques-Puel de Rodez d’un service de soins palliatifs, d’une équipe mobile de soins palliatifs, il y a des lits identifiés soins palliatifs (LISP) dans bon nombre d’établissements ", détaille Jean-Claude Luceno.

Débat complexe

Ainsi, l’ASP12 réalise entre 700 et 800 accompagnements par an, sauf l’an dernier, la crise sanitaire a obligé les soignants à limiter les visites. Ses bénévoles interviennent aussi bien à domicile que dans tous les hôpitaux du département, les établissements SSR (soins de suite de réadaptation), Ehpad, etc.

Pour Jean-Claude Luceno, le débat actuel autour de la proposition de loi du député Falorni porte " des confusions dans les termes qui complexifie le débat".

"Curieusement, la très grande majorité des gens qui évoquent ce sujet, sont en bonne santé, et projettent leur angoisse, leur inquiétude, poursuit-il. En tant que soignant et en tant que militant pour les soins palliatifs, j’ai accompagné dans ma vie professionnelle et associative un très grand nombre de personnes. Je n’ai eu que très peu de demande d’euthanasie."

" En fin de vie, quand les personnes sont prises en charge au niveau de la douleur, des soins de confort, et qu’elles sont accompagnées, entourées, leur vie, la vie est essentielle, et ce qu’il reste à vivre est précieux, plaide Jean-Claude Luceno. Si des personnes décident de mettre fin à leurs jours, c’est un choix, sûrement très douloureux et peut-être très courageux. Il ne nous appartient pas de juger ou de commenter". "Pour autant inscrire dans la loi, qu’un tiers, vraisemblablement un soignant pourrait porter un acte dont il sait qu’il va induire la mort me paraît être une étape dans notre société qui serait en rupture avec les valeurs qui fondent la relation soignant-soigné, considère le président de l’ASP12. Cette étape m’inquiète, d’autant que, je le rappelle, les lois Léonetti et Cleays-Léonetti sont des lois de très grande qualité. "

La question, peut-être à se poser est la suivante, selon Jean-Claude Luceno : "Quelle est la place de la fin de vie dans notre société, la place de la mort et des rituels, dans notre société ? Rappelons que l’être humain est digne de vivre. Même diminué par la maladie il est digne d’être regardé comme notre égal."

Stéphane Mazars : "Un texte qui rassemble largement"

"Je suis très concerné par cette proposition de loi, assure le député Mazars. Je pense que c’est un texte qui rassemble largement. Seulement, l’hostilité de quelques députés LR s’est manifestée par le dépôt de près de 3 000 amendements. Toutefois, cet examen a été l’occasion d’avoir une photographie assez précise de la tendance parlementaire". En effet, les députés ont adopté (240 pour, 48 contre) un amendement du député Guillaume Chiche qui réécrit cet article et ont voté contre (par 256 voix contre 56) les amendements de suppression de cet article. "Je suis favorable à une avancée sur ce sujet, poursuit Stéphane Mazars. Je pense que la société est en demande d’un texte de loi qui permet d’aller au-delà de ce qui peut exister aujourd’hui."

Philippe Henry
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Les commentaires (1)
Filoudu12850 Il y a 26 jours Le 17/04/2021 à 23:36

Bravo à Mr Luceno que je rejoins totalement par rapport à l importance des soins palliatifs..
Tout n est peut être pas à légaliser et même diminué par la maladie, l autre est toujours notre égal..la vie est toujours digne d être vécue jusqu au bout; c est la souffrance qui est terrible mais, aujourd'hui les soins palliatifs ont les moyens de l adoucir..
Vraiment merci pour la justesse de vos propos..