L’État met la pression et évoque un "scénario catastrophe" pour l'usine Sam de Viviez et ses salariés

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  • Les salariés de Sam ont prévu une nouvelle mobilisation  ce mardi soir, cette fois  devant l’usine à Viviez.
    Les salariés de Sam ont prévu une nouvelle mobilisation ce mardi soir, cette fois devant l’usine à Viviez. Archives José Antonio Torres
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Le ministère de l’Industrie se montre particulièrement pessimiste sur la recherche d’un "plan B" souhaité par de nombreux acteurs et invite les représentants du personnel à se remettre au plus vite à la table des négociations avec le groupe espagnol, CIE Automotive.

Est-ce un simple coup de pression pour ramener tout le monde à la table des négociations ou une inquiétude bien plus profonde qui pourrait plonger les 365 salariés de l’usine Sam dans un scénario craint par tous, celui d’un cruel dilemme ? Au lendemain de la manifestation de jeudi, devant la préfecture de Rodez, le Ministère chargé de l’Industrie a confié à Centre Presse son inquiétude sur l’avenir du fleuron industriel du bassin decazevillois, englué selon lui dans une dangereuse impasse. "Aujourd’hui, nous sommes dans une situation particulièrement inconfortable avec le seul repreneur potentiel, CIE Automotive, qui n’a finalement pas déposé son offre de reprise en raison d’un manque de volonté de toutes les parties. Et nous ne voyons pas comment un autre repreneur potentiel pourrait sortir du chapeau dans les semaines à venir alors que nous avons mis plus d’un an pour en trouver un ", dit-on, sans détour, dans les couloirs de Bercy.

Pourtant, depuis plusieurs jours désormais, salariés, syndicats et élus locaux, à l’image de la présidente de Région Carole Delga, appellent de leurs vœux une recherche de "plan B" face à la seule offre de reprise connue et portée par le groupe espagnol. Rappelons que celle-ci prévoit la reprise de 150, voire 175 salariés sur les 365 actuels de la fonderie aveyronnaise, spécialisée dans la fabrication de carters pour les véhicules Renault.

" Cette offre n’est pas entièrement satisfaisante ", avait également affirmé la ministre Agnès Pannier-Runacher il y a quelques semaines. Mais, depuis, le discours a semble-t-il quelque peu évolué et pas vraiment dans le bon sens. Car les équipes de Bercy assurent que l’usine Sam pourrait se retrouver " d’une offre de reprise imparfaite, avec le maintien de 150 voire 175 emplois, à un scénario catastrophe avec un placement en liquidation judiciaire et le maintien de zéro emploi ".

Un contexte social pointé du doigt

Et du côté des conseillers de la ministre, le discours est pour le moins clair : un rapide retour à la table des négociations doit se faire au plus vite. Car si CIE Automotive n’a pas déposé son offre de reprise devant le tribunal de commerce, le 8 avril dernier, il s’est néanmoins dit prêt à revenir dans la discussion. Un souhait également partagé par les représentants syndicaux qui, pour leur part, ont fixé la base des négociations sur une reprise de 250 employés et un projet industriel "écrit et crédible" (lire ci-contre).

" CIE Automitive fait tourner ses usines comme des horloges partout dans le monde. Voir le groupe investir en France est une opportunité que nous ne laisserons pas passer. Ce sera soit à Sam, soit ailleurs ", prévient pour sa part le ministère, pointant également du doigt un contexte social de plus en plus tendu dans l’usine aveyronnaise et condamnant "le saccage" des bureaux de l’administrateur judiciaire, en marge de la manifestation de jeudi dernier, à Rodez. "Cela n’aide clairement pas à attirer un autre repreneur", confie-t-on à Bercy tout en regrettant " des postures idéologiques ".

" CIE Automotive est particulièrement échaudé par le contexte, mais rien n’est irréversible. Il est temps d’envoyer des signaux positifs et de remettre tout le monde autour de la table. On a déjà obtenu 10 millions d’euros supplémentaires de chiffre d’affaires de la part de Renault pour l’entreprise. Nous pouvons encore obtenir davantage du repreneur potentiel, notamment sur le volet social. Mais attention à ce que ce ne soit pas trop tard ", avance encore le ministère.

Reste néanmoins une question, plus politique : à quelques mois des présidentielles, le gouvernement peut-il laisser 365 emplois en suspens dans un territoire déjà frappé par bon nombre de crises industrielles, se dépeuplant au fil des années, si la reprise des négociations avec CIE Automotive ne donnait rien ? Le tribunal de commerce, lui, a fixé au 7 mai prochain la nouvelle date butoir pour une présentation d’offres de reprise du site, bloqué depuis jeudi dernier.

Repères

Décembre 2017 : déjà placé en redressement judiciaire et dans l’impasse après le retrait d’un potentiel repreneur canadien prévoyant de nombreuses suppressions d’emplois, Sam Technologies est finalement racheté par le groupe Jinjiang, troisième producteur chinois d’aluminium. Des investissements et le maintien des salariés est promis.

10 décembre 2019 : deux ans après son arrivée, le groupe chinois Jinjiang Sam est placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse.

8 mars 2021 : après de longs mois d’inquiétudes et de mobilisations, le groupe espagnol CIE Automotive présente une offre de reprise. Elle prévoit la suppression de 214 emplois sur les 365 actuels. De son côté, à l’issue d’une table ronde à Rodez, Renault, client quasi exclusif de la fonderie, s’engage à commander 10 millions d’euros de pièces en plus par an.

21 mars : comme le 21 février en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, plus de 3 00 personnes manifestent en soutien de Sam, devant l’usine à Viviez.

8 avril : dénonçant un manque de volonté de toutes les parties, CIE Automotive ne dépose pas son offre de reprise mais se dit prêt à réengager des discussions. Aucun autre repreneur potentiel n’est connu.

 

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Mathieu Roualdés
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