Buzzword, "l'hydrogène vert", des investissements massifs pour quel résultat ?

  • La France croit beaucoup à cette forme d'énergie durable. En témoigne, la visite de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, à Belfort pour promouvoir l'hydrogène dans la région. Elle pourrait bien être le territoire pilote du développement de l'h
    La France croit beaucoup à cette forme d'énergie durable. En témoigne, la visite de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, à Belfort pour promouvoir l'hydrogène dans la région. Elle pourrait bien être le territoire pilote du développement de l'h Petmal / Getty Images
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(ETX Studio) - C'est une sorte de guerre à l'échelle mondiale, l'hydrogène vert, une promesse massive vers un marché orienté de plus en plus par la transition écologique. L'investissement massif de la quasi-totalité des pays riches ne doit pas faire oublier les défis de cette nouvelle forme d'énergie.

Pourquoi on en parle ?

L'hydrogène vert, tout le monde y croit ! Et les chiffres sont astronomiques. Dans son plan de relance, Joe Biden prévoit d'investir environ 500 milliards de dollars dans l'innovation technologique autour de la transition écologique et de ses projets de recherche. L'Europe investit elle aussi dans des projets allant jusqu'à 480 milliards d'investissements d'ici 2050. La ville de Masdar aux émirats arabes unis, pionnière dans le genre, veut créer une ville durable à l'hydrogène. En Chine, l'avance est notable sur les autres pays, notamment grâce à son statut de plus grand fabricant d'électrolyseurs, indispensable à l'extraction de l'hydrogène. Surtout, l'empire du milieu avait déjà pris une légère avance dans le but de passer à la neutralité carbone. Tout cela sans oublier les investisseurs privés qui lorgnent sur les marges potentielles d'un marché encore à ses débuts. En bref, dans cette lutte pour l'innovation, il faut placer ses cartes dès maintenant, au risque de perdre (déjà ?) la bataille.

Comment ça marche ?

L'objectif de l'hydrogène vert est de décarboner les transports, les industries et de stocker de l'énergie renouvelable. Ce n'est pas une source d'énergie à proprement parler mais plutôt un vecteur énergétique, on doit le produire puis le traiter avant de pouvoir l'utiliser. Il se produit à partir d'électricité éolienne, solaire, hydraulique électrique ; c'est un carburant propre donc. Et l'hydrogène se produit déjà en quantité, pourtant on ne peut pas tout à fait l'utiliser... pour l'instant. Sa production liée à celle des énergies fossiles est polluante. L'enjeu : le rendre propre. Pour cela, il faut dispoer d'électrolyseurs nécessitant une grande quantité d'énergie. En l'associant avec des sources d'énergies renouvelables, on pourrait créer de l'énergie de manière durable. Facilement stockable et distribuable, le plein de carburant se fait rapidement et un véhicule à hydrogène a plus d'autonomie qu'un véhicule a batterie électrique classique.

Quels sont les objectifs ?

Principalement la transition écologique autour de la mobilité en premier lieu. Des nouveaux trains à l'hydrogène sont déjà testés dans le Grand Est en France, des industries américaines s'intéressent à créer des avions à hydrogène, les transports en commun pourront aussi en profiter. Puis cette innovation se répandra dans les industries pour permettre d'atteindre la fameuse neutralité carbone et ainsi réduire le réchauffement climatique.

Le défi de l'hydrogène vert

L'hydrogène "gris", le plus récurrent (96% de l'hydrogène actuellement dans le monde), est formé à partir de méthane, un gaz favorisant l'effet de serre. On en consomme plus de 75 millions de tonnes dans le monde par an. Il coûte peu cher mais pollue beaucoup. Si le défi primaire de l'hydrogène vert est de favoriser la transition écologique, cette nouvelle forme d'énergie coûte cher. De 5 à 6 € le kilo, vraisemblablement 4 fois plus chères que l'hydrogène gris. Il faut pouvoir faire baisser les coûts rapidement. Le conseil de l'hydrogène table sur une division par moitié de son coût de fabrication. Pour cela, il faut fabriquer des électrolyseurs massivement en continuant d'innover et arriver à faire baisser le coût des énergies renouvelables.

Et l'hydrogène naturel alors ?

Des puits d'hydrogène naturels (dits blancs) ont été découverts au Mali mais aussi dans différents pays du monde (notamment en France). Rarement évoqué dans les plans d'investissement, il pourrait bien coiffer au poteau tout le monde. Une extraction directe sous terre est possible mais les informations manquent encore cruellement. La quantité d'hydrogène produite naturellement sur Terre est inconnue, ni la quantité accumulée dans ces réservoirs naturels. Une ressource potentielle qui mérite plus d'attention.

En France, le développement continue

La France aussi croit beaucoup à cette forme d'énergie durable. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie s'est récemment rendu à Belfort pour promouvoir l'hydrogène dans la région. Elle pourrait bien être le territoire pilote du développement de l'hydrogène en France grâce à une entreprise française, McPhy. Elle développe des électrolyseurs et des stations de recharges. Une autre entreprise, Genvia, veut produire une nouvelle génération d'électrolyseurs capable de réduire drastiquement les coûts de fabrication de l'énergie. L'entreprise espère baisser le prix de l'hydrogène vert à 2€ le kilo.

L'hydrogène vert pourrait bien accélérer lourdement la transition écologique néanmoins les défis de productions et de coûts restent encore un frein à son expansion dans notre société.

Relaxnews
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