Voyager en avion "pour affaires" : les principaux concernés se disent prêts à faire une croix sur cette habitude

  • Selon l'agence de notation américaine Moody's, "10 à 30% des voyages d'affaires pourraient être remplacés par des solutions virtuelles dans les prochaines années".
    Selon l'agence de notation américaine Moody's, "10 à 30% des voyages d'affaires pourraient être remplacés par des solutions virtuelles dans les prochaines années". Matej Kastelic / Shutterstock
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(ETX Studio) - Prendre l'avion pour honorer un rendez-vous professionnel appartiendra-t-il bientôt au passé ? De plus en plus critiqués pour leur impact environnemental, les voyages d'affaires aériens sont en effet sérieusement remis en question. Et l'avènement récent du télétravail pourrait considérablement changer la donne. Un changement que les "voyageurs d'affaires" semblent prêts à accepter.

Lors des débats autour du projet de loi Climat et résilience, qui se sont tenus du 29 mars au 17 avril dans l'hémicycle, la question des vols aériens a été abordée en long et en large. À l'issue de discussions houleuses, les députés ont finalement voté en première lecture l'interdiction de vols intérieurs d'une durée inférieure à deux heures trente (et pour lesquels il existe des itinéraires directs en train).

Décriée par les professionnels du secteur aérien, mais aussi par les associations écologistes (les premiers la jugent trop sévère, les seconds trop laxiste), cette mesures vise à limiter les émissions CO2 générés par les trajets effectués en avion. 

Un sujet évoqué de longue date par les militants écologistes, mais aussi par le grand public depuis ces dernières années, notamment avec le "flygskam", mouvement suédois signifiant "honte de prendre l'avion", largement repris en Europe et Outre-Atlantique. 

Deux récentes études, dont une publiée en mars dernier par l'ONG britannique Possible, ont par ailleurs montré que seule une frange très réduite de la population mondiale prend régulièrement l'avion. Parmi ces individus, les "businessmen ou businesswomen". Autrement dit, celles et ceux qui voyagent fréquemment en avion dans le cadre de leur travail.

Contourner les politiques des entreprises pour un voyage plus écolo 

Une "tradition" qui, à l'heure où l'écologie commence enfin à se faire une réelle place dans le débat public, est elle aussi de plus en plus pointée du doigt. Les principaux concernés en sont d'ailleurs conscients. Un récent sondage par la société SAP Concur auprès de plus de 4 400 "voyageurs d'affaires" européens montre notamment que 67% s'attendent à prendre moins souvent l'avion au cours des 10 prochaines années, précisément pour des raisons liées aux enjeux environnementaux.

L'enquête dénote aussi une volonté des sondés de placer l'impact environnemental de leurs déplacements parmi leurs priorités, notamment chez les Français (52%) et les Italiens (45%). Globalement, 58% des personnes interrogées vont même jusqu'à affirmer qu'elles seraient prêtes à contourner les budgets et les politiques de déplacements de leur entreprise au profit d'une option de transport "plus écologique".

Toutefois, si l'on se réfère à de récentes prévisions de Moody's, les voyages d'affaires effectués en avion ne devrait pas retrouver leur rythme de croisière pré-pandémie avant au moins 2024. Selon l'agence de notation américaine, "10 à 30% des voyages d'affaires" pourraient en effet être remplacés "par des solutions virtuelles dans les prochaines années". 

Relaxnews
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