Une marque de cosmétique américaine s'engage à bannir de son vocabulaire les termes associé au greenwashing

  • L'entreprise américaine Allure a décidé de bannir les termes visant à nous promettre des produits plus "respectueux de la planète".
    L'entreprise américaine Allure a décidé de bannir les termes visant à nous promettre des produits plus "respectueux de la planète". Yulia Grigoryeva / Shutterstock
Publié le , mis à jour

(ETX Studio) - "Naturels", "recyclables", "zéro déchet". L'industrie du cosmétique ne lésine pas sur les termes pour nous vendre des produits "écolo". Souvent associé à du greenwashing, ce marketing commence toutefois à lasser les consommateurs. Certaines marques l'ont bien compris, à l'instar de l'entreprise américaine Allure qui a décidé de bannir tous les termes visant à nous promettre des produits "respectueux de la planète". 

Omniprésent dans les publicités, le greenwashing (ou écoblanchissement en français) se répand comme une traînée de poudre dans l'univers de la beauté. En France comme à l'étranger, l'industrie cosmétique surfe en effet depuis de nombreuses années sur la vague verte, abusant à l'envi des labels "bio" (plus ou moins fiables), couleurs, images et slogans qui fleurent bon la nature.

"Si l'on s'arrête un instant devant le rayon beauté d'un supermarché pour avoir une vue d'ensemble, on a l'impression d'être entré par mégarde dans un magasin de jardinage. Idem dans les publicités : couleur verte et adjectif "pur" à toutes les pages", souligne l'association de consommateurs UFC Que Choisir dans une étude publiée en 2016

Plus récemment, la tendance du "beauté zéro déchet" suscite, elle aussi, un fort engouement. À tel point qu'un rapport du cabinet britannique d'études de marché Mintel la décrivait comme la tendance "qui aura le plus d'impact sur le marché mondial des cosmétiques en 2019". 

Toutefois, certaines marques commencent à revoir leur copie. C'est notamment le cas de l'entreprise américaine Allure spécialisée dans les "Beauty Box" qui a annoncé cette semaine sa volonté de bannir certains termes "à la mode, mais trompeurs". 

Dans leur ligne de mire, les mots "recyclable", "biodégradable", "vert", compostable" ou encore "zéro déchet". "Nous ne décrirons jamais un produit ou son emballage comme étant "sans déchets". Nous demanderons plutôt à la marque qui utilise ce descripteur de nous dire exactement ce qu'elle entend par ce terme indéfini", explique l'entreprise sur son site web. Avant d'ajouter : "Nous espérons changer la façon dont nous pensons aux déchets de beauté en changeant la façon dont nous en parlons". 

Une initiative nécessaire dans la mesure où elle permet de rappeler au consommateur que le recyclage et autres pratiques écoresponsables comportent des limites, car le meilleur déchet reste celui qu'on ne produit pas. Postulat très bien expliqué par la française Flore Berlingen, ex-directrice de Zero Waste France, dans son ouvrage "Recyclage : le grand enfumage, comment l'économie circulaire est devenue l'alibi du jetable".

"Le caractère recyclable d'un produit reste en réalité purement théorique. L'emballage du produit peut par exemple être considéré comme recyclable s'il est fabriqué à partir d'une matière recyclable, mais encore faut-il qu'il existe une filière de collecte installée dans la région ou le pays, ce qui n'est pas toujours le cas. Le recyclage est par ailleurs devenu un argument de vente, car il répond à une attente environnementale de plus en plus importante du consommateur", expliquait la militante écologiste à ETX Studio en mars dernier, à l'occasion de la journée mondiale du recyclage. 

Relaxnews
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