Chris Calvet : "L'œuvre de Pierre Soulages m'inspire au quotidien"

  • Chris Calvet : ""Tout grandit en se changeant en souvenir"..	DR Chris Calvet : ""Tout grandit en se changeant en souvenir"..	DR
    Chris Calvet : ""Tout grandit en se changeant en souvenir".. DR
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Artiste plasticien installé à Paris, Chris Calvet poursuit son travail entrepris avec l’exposition "signe". Un hommage à l’art millénaire de la calligraphie qui révèle la "liaison indéfectible entre nature et humanité". Après une année marquée par la Covid, le natif du Nord-Aveyron reprendra le chemin des galeries – en Turquie, au Japon, en Chine et aux Etats-unis – avant de retrouver le département pour une performance XXL sur le barrage hydroélectrique de Montézic. Son département dont il nous dévoile les contours. Rencontre.

Un lieu emblématique

La cascade du saut du chien près de Montézic, dans le Nord Aveyron. Pour moi, un endroit ressourçant et mystérieux à l’atmosphère très particulière. Plus jeune, j’avais l’habitude de descendre au pied de la cascade qui offre une vue exceptionnelle sur le château de Valon. Pour moi, un lieu très inspirant.

Un souvenir fort

Un jour j’ai lu cette phrase. Elle m’est restée : "Tout grandit en se changeant en souvenir". J’essaye donc de me créer des souvenirs forts. Je suis en train de construire le prochain en préparant une performance sur le barrage de Montézic, mon village natal. L’idée est de reproduire plus de 300 mètres de calligraphie sur le sol. Un chemin calligraphique géant, filmé par drone, qui sera accompagné d’une performance de danse contemporaine. C’est un projet très excitant soutenu par EDF, la région Occitanie, le département et Lyseth Création, une amie créatrice de bijoux. Il devrait se dérouler le 29 août..

Un rituel, une habitude

Partir seul sur l’Aubrac pour découvrir ce paysage magnifique. Peu importe la saison. L’été, je vais ramasser le fameux thé d’Aubrac. J’y ai même tourné un film l’été dernier avec Deyi Living, près de la cascade du Déroc. J’aime aussi revoir ma famille et je garde un lien fort… et Lyseth, avec qui je travaille sur de nouveaux bijoux.

Une conviction

La force du travail. Mon père qui travaille tout le temps m’a inculqué ça : on n’a rien sans rien. Dans la calligraphie c’est pareil. Il faut de longues heures de travail pour réussir à maîtriser cette technique.

La carte postale idéale

Il y a peu de temps, je suis justement tombé sur un stock de cartes postales familiales dont certaines ont plus de 100 ans. À y regarder de près, et sans le savoir, j’ai découvert que mes ancêtres habitaient tout près de mon adresse actuelle à Paris.

Une de ces cartes postales date de 110 ans. Elle représente la rue Moreau, à deux pas de mon adresse actuelle, lors de la crue historique de la Seine en 1910. C’est assez émouvant. Pour moi, ces cartes postales font aussi le lien entre Paris et l’Aveyron.

Un personnage marquant

Pierre Soulages évidemment. Un peintre incroyable dont je n’avais pourtant jamais entendu parler en Aveyron. Un peintre que j’ai finalement découvert pendant un cours d’histoire de l’art, à Paris… et que je n’ai jamais quitté depuis. Toute son œuvre, la symbolique, ce travail sur la lumière, les lignes, en rapport aussi avec l’Asie m’inspire énormément. Je repense à cette exposition, juste merveilleuse, que j’avais eu la chance de visiter en 2009 au centre Pompidou. J’adore !

Un plat – un vin

Tous les plats de ma mère, sans exception. Avec une petite préférence quand même pour le chou farci et les farçous ! Le tout accompagné d’un vin de Marcillac, ou des côtes de Millau. J’ai toujours aimé la culture du vin, tout le travail de vinification, l’évolution des arômes. Je trouve d’ailleurs qu’il y a un lien, une similarité entre la viticulture française et l’art du thé que j’ai pu découvrir lors de mes voyages en Chine.

Une fête de village

Je vais dire la fête du 15 août de Saint-Amans-des-Côts. Un petit village où je retrouve, chaque année, mes amis de longue date.

Une anecdote

J’ai un souvenir ému d’une petite moto que mes parents m’avaient offert pour Noël. Une petite moto – avec un vrai moteur – sur laquelle je passais la plupart de mon temps. J’étais tout le temps dessus, dans les bois, sur les chemins forestiers. Je prenais ma sœur derrière moi et je roulais comme un fou… La liberté totale !

Un coup de cœur

En lien avec la personne que j’ai cité plus tôt, je vais parler du musée Soulages à Rodez. En plus de la qualité de l’œuvre du peintre, pour moi bouleversante, des expositions temporaires, l’architecture hors norme de ce musée me touche. C’est pour moi une fierté de parler de lui et j’ai franchement hâte de la réouverture !

Aurélien Delbouis
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