Tribunal de Rodez : "Quand il boit, il crie après moi et il est méchant. Il boit tous les jours"

  • Le "cas typique d'une femme qui accepte les violences conjugales", selon l'avocat de la victime.
    Le "cas typique d'une femme qui accepte les violences conjugales", selon l'avocat de la victime. Archives CP
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Le tribunal judiciaire de Rodez a condamné ce vendredi un jeune homme à 6 mois de prison ferme pour des faits (requalifiés) de violences habituelles. Il a été maintenu en détention.

Neuf mains courantes auront été déposées pour coups et blessures et menaces, mais la victime n'a jamais souhaité déposer plainte contre son compagnon. Parce qu'elle "l'aime", comme elle l'affirmera à la barre. Les faits, qui se sont produits le 11 mai à Olemps, ont été résumés par la présidente Mandana Samii. Le prévenu, né en Roumanie en 1986 et de nationalité roumaine, rencontre la victime en 2019. Elle sous curatelle, lui sans domicile fixe, ils entament une relation intime. La jeune femme l'héberge, mais son comportement devient "rapidement inadapté" : insultes et coups, sur fond de forte alcoolisation de l'homme. Mardi 11 mai, une dispute éclate pour un motif futile.

La femme reconnaîtra qu'elle a été la première à frapper ("une gifle"), mais le doute s'installe sur la "réponse" du prévenu. Un coup de poing au visage, deux, quatre ? Trois jours d'incapacité temporaire de travail seront délivrés par un médecin. En juin 2020, l'intervention de la sœur de la victime, qui contacte la plateforme téléphonique dédiée aux violences faites aux femmes (joignable par téléphone au 3919) met au jour une seconde affaire dans le couple : des violences, menaces de mort contre la sœur mais aussi un abus de faiblesse, dont le jeune prévenu sera relaxé, étant, selon son avocate Me Gossert, "lui-même en état de faiblesse" car alcoolique, atteint de troubles de la personnalité et "proche de la déficience mentale légère" selon l'expertise psychiatrique.

"J'aimerais bien qu'il change un peu"

Vendredi sur sollicitation du procureur de la République Olivier Naboulet, le tribunal a décidé de lier les deux affaires et de requalifier les faits en "violences habituelles sur conjoint" sur une période allant du 1er janvier 2020 au 11 mai 2021.

"On s'est disputé et on s'est tapé l'un l'autre. Quand il boit, il crie après moi et il est méchant. Il boit tous les jours. Je l'aime quand même, même s'il me fait du mal. C'est dur de rester sans lui J'aimerais bien qu'il change un peu". À la barre, la victime a par ailleurs déclaré vouloir se marier avec lui, un souhait que le prévenu partage. 

L'avocat de la victime, Me Balanger, a évoqué dans sa plaidoirie le "cas typique d'une femme qui accepte les violences conjugales" et ne conçoit pas que son compagnon soit jugé, preuve de l'ampleur de l'emprise. Même tonalité pour le procureur qui, dans ses réquisitions, parlera d'une violence "acceptée et subie", demandant au tribunal de condamner l'homme, notamment, 18 mois de prison ferme. Dans sa délicate mission de défenseur du prévenu, Me Gosset mettra en avant la "misère humaine" de ces personnes, d'un milieu "extrêmement précaire", affirmant que son client n'avait "pas sa place en prison".

L'homme sera malgré tout condamné à une peine de 24 mois de prison dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans soit, dans l'immédiat, 6 mois de prison ferme.

Xavier Buisson
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