Montlaur : Josef Ulla chemine sur "Paris 1871, l’histoire en marche"

  • Pour Joseph Ulla, c’est l’histoire de gens qui ont dit non et qui voulaient instaurer la République sociale.
    Pour Joseph Ulla, c’est l’histoire de gens qui ont dit non et qui voulaient instaurer la République sociale. Repro CP
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Passionné d’histoire, Josef Ulla revient sur les lieux où se sont déroulés les événements de la Commune, en 1871.

Josef Ulla, 62 ans, est un instituteur à la retraite. Il vit dans une ancienne jasse rénovée, au milieu de la campagne, au cœur du Rougier. À l’occasion du 150e anniversaire de la Commune, il vient de publier "Paris 1871, l’histoire en marche", 21 circuits pédestres sur les traces de la Commune.

Josef Ulla est né en 1958 en Galice, en Espagne, dans un petit village situé à côté de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son père, Santiago, est coffreur. Il travaille dans le bâtiment, à Rodez. Sa mère, Sylvie, vit alors à la ferme en Galice. Cette dernière vient rejoindre son mari dans la cité ruthénoise quand Joseph a 2 ans.

Josef Ulla passe son enfance et son adolescence à Rodez où il obtient son baccalauréat. Puis il travaille un an comme manutentionnaire et rentre à l’école normale. Deux ans après, en juin 1981, à 23 ans, il est instituteur. Après avoir effectué des remplacements, il est nommé à l’école de Bezonnes, sur le causse Comtal. Il y passe onze ans. Puis, il exerce durant dix ans à l’école publique Cambon, à Rodez, en tant que directeur. Il termine sa carrière à l’école de Montlaur où il enseigne durant dix ans en tant que directeur.

"Ce qui m’a amené à l’écriture et à m’intéresser à l’histoire, ce sont trois éléments, explique Josef Ulla. Tout d’abord, c’est aller sur des lieux où se sont déroulés des faits historiques. Quand j’étais écolier, c’est la rencontre d’un instituteur, Sylvain Diet, à l’école annexe de l’école normale. Ce gars-là nous disait "pas besoin d’avoir de livre d’histoire en classe". Il nous faisait les cours d’histoire à l’extérieur, sur des sites de Rodez. C’était une pédagogie vivante. On apprenait le Moyen-Âge devant et dans la cathédrale de Rodez. On la dessinait et on la commentait. Pour l’époque gallo-romaine, c’était avec les restes de l’amphithéâtre."

Le deuxième élément déclencheur qui a conduit Josef Ulla à s’intéresser à l’histoire est lié à ce même instituteur : "Ce monsieur nous a fait découvrir la Résistance en Aveyron. On a vu une exposition sur les camps d’extermination nazis. Tout jeune, j’ai porté beaucoup d’attention aux résistants d’une manière générale. J’ai été abasourdi et étonné par la cruauté humaine qui peut exterminer des millions de gens."

Enfin, le troisième et dernier élément date des années 1990, période où Josef Ulla pratiquait la randonnée itinérante sur plusieurs jours. Plusieurs marcheurs comme lui ont créé l’association "Les Sentiers de pays". Avant la randonnée du dimanche, tous se retrouvaient, le samedi soir, autour d’une veillée au village de Mondalazac : "On abordait la rando du lendemain. On évoquait ce que l’on allait rencontrer au niveau faune, histoire, flore, géologie, environnement."

Le livre "Paris 1871, l’histoire en marche", c’est la découverte d’une période historique où l’auteur fait cheminer le promeneur sur les lieux même à Paris où se sont déroulés les événements de la Commune. "C’est un bouquin qui fait marcher les gens de manière intelligente, explique-t-il. À Paris, il y a vingt arrondissements. Je propose vingt et un circuits, un dans chaque arrondissement et un au cimetière du Père Lachaise."

"J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire ce livre, confie Joseph Ulla. Cela m’a pris quatre ans. J’ai commencé mes recherches en 1976. C’est le fruit de quarante années de recherche et de collecte d’informations. J’aime beaucoup tout ce qui est histoire sociale, tout ce qui a un lien avec le monde d’où je viens, le milieu ouvrier, des petites gens." Pour l’auteur, l’histoire de la Commune, "c’est l’histoire de gens qui ont dit non et qui voulaient instaurer la République sociale. Quand je suis allé au cimetière du Père Lachaise, en 1976, on nous a fait découvrir un immense mur. Devant, se trouvait une fosse commune avec cent quarante-sept corps de communards. Le plus grand massacre de civils en France, c’était lors de la Commune, avec 15 000 à 30 000 personnes exécutées en une semaine à Paris." Les événements ont duré du 18 mars au 28 mai 1871. C’était le point d’orgue du grand mécontentement qu’il y avait en France, à cette époque, dans le monde ouvrier. Il y a eu des résonances en Aveyron.

En 1869, deux ans avant la Commune, à Aubin, les ouvriers de la mine étaient en grève. "Napoléon III a fait envoyer la troupe et il y a eu quatorze morts, dont deux femmes et un enfant. Victor Hugo en a fait un poème et Émile Zola s’en est inspiré pour écrire son livre "Germinal". Dans le livre, les gens pourront découvrir le lien entre l’Aveyron et les communards. Il y avait beaucoup d’Aveyronnais à Paris. Ils étaient artisans ou marchands de charbon. Le ministère de la Justice a dénombré deux cents Aveyronnais arrêtés après la Commune et emprisonnés. Ils étaient soit incarcérés sur place ou déportés au bagne en Nouvelle-Calédonie."

Dans les livres sur la Commune, il est toujours cité un colonel appelé Vabre : "Il a été horrible. Il a dirigé une cour martiale au théâtre du Châtelet. Lors de la semaine sanglante, il a envoyé deux mille communards à la fusillade dans la caserne Lobau située derrière l’hôtel de ville. C’est un Ruthénois qui a présidé la cour martiale la plus cruelle de la capitale."

Midi Libre
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