Marcillac : le Guingois prend de travers la vente de "son" local

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    Une association mobilisée. Repro CP
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L’association La Graine, qui gère le lieu depuis 10 ans, dans le centre ancien du village, pourrait être amenée à faire les valises. Les différents acteurs du "dossier" ont des avis forcément divergents.

L’association La Graine a investi en location un immeuble de la place de l’Église, à Marcillac, à l’automne 2011. Le lieu a été d’emblée baptisé Le Guingois qui, pour ses acteurs d’hier et d’aujourd’hui, se veut " une maison interassociative, de brassage socioculturel, multigénérationnelle, qui favorise le lien social et la création de mixité ". On y propose des expos, des projections, des petits concerts, des débats civiques, une bibliothèque pour enfants… Et même un coin restauration le dimanche midi dans le prolongement du marché dominical.

Pour les gens du Guingois, tout allait donc au mieux dans le meilleur des mondes (ou presque) jusqu’à ce que la propriétaire de l’immeuble les avertisse, voilà six mois, de son intention de vendre son bien immobilier. Un acquéreur extérieur s’est très vite manifesté avec, pour l’association la Graine, la perspective de devoir plier boutique. " On est vraiment très attaché à ce lieu, expliquent ses responsables. Dans notre démarche, être au centre du village est essentiel. On respecte le bien-vivre ensemble et notre but n’est surtout pas de déranger les riverains. D’ailleurs, en 10 ans d’activité, nous n’avons eu que trois visites de la gendarmerie pour des concerts trop tardifs. On va tout faire pour rester là. "

Question d’insalubrité

Rester là, cela passait d’abord par une contreproposition d’achat à la propriétaire, à hauteur du prix de vente demandé, soit 60 000 €. Pour ce faire, une cagnotte en ligne a été ouverte et un appel a été lancé auprès du réseau national des cafés associatifs et à diverses autres associations solidaires. Résultat, à ce jour, l’association dit avoir réuni l’argent nécessaire pour racheter l’immeuble.

Pour le maire de Marcillac Jean-Philippe Périé, les choses ne se résument pas au rachat du bâtiment. " Bien sûr, les gens du Guingois peuvent se porter candidat à l’acquisition de l’immeuble. Mais, on doit aussi prendre en compte le niveau d’insalubrité de cet endroit, qui est très marqué. On parle d’un lieu associatif que pas mal de personnes fréquentent, y compris des enfants. L’investissement pour une mise aux normes est sans doute très important, de l’ordre de 200 000 € minimum. Si rien n’est fait, il pourrait y avoir problème… "

Jusqu’à amener la mairie à user de son droit de préemption ? "Nous n’en sommes pas là, tempère Jean-Philippe Périé. Mais bon, personnellement, je considère que cette association propose des activités qui n’ont pas vraiment à faire en centre-bourg, notamment de la musique. Ce n’est pas toujours très évident, il y a eu quelques soucis avec les riverains, et une situation plus excentrée serait plus souhaitable. Sachant que cette problématique rejoint plus largement celle du logement des associations de la commune. Nous manquons de locaux. Il va falloir y réfléchir."

"Prêts à se battre"

Même informés de la position du premier élu marcillacois, l’association La Graine n’entend pas lâcher le morceau. Ses représentants affirment être "prêts à se battre" pour garder Le Guingois. "On verra bien ce qui se passe. Mais on va tout faire pour conserver ce lieu. Après, si on arrive malgré tout à nous en faire partir, on en cherchera un autre, mais toujours dans le centre du village. En attendant et d’ores et déjà, si on doit se retrouver sans toit, quelqu’un nous a proposé un hébergement éphémère. Cela nous permettrait de préparer la suite."

Dorothée Carpentier, architecte et artiste peintre ruthénoise, est l’acquéreur potentiel de l’immeuble actuellement occupé par Le Guingois. Au-delà de l’achat de cet immeuble, elle et son compagnon portent un projet d’envergure pour le centre ancien de Marcillac. Si elle préfère rester prudente et réservée sur la teneur de ce projet, Dorothée Carpentier évoque "une opération de grande ampleur" qui passerait par l’acquisition et la réhabilitation de plusieurs bâtiments. "Il s’agirait de redynamiser le centre du village, de recréer une dynamique au sein même de Marcillac, en s’appuyant notamment sur l’identité viticole du village. Cela étant, nous en sommes au stade des négociations. Et il ne s’agit surtout pas de se mettre une association locale à dos. Nous n’avons évidemment rien contre cette association. Mais c’est vrai que notre projet passe aussi par le rachat de cet immeuble."

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François Cayla
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