Risques sanitaires, efficacité, impact sur l'environnement : tout ce qu'il faut savoir sur la protection solaire

  • S'ils se disent de plus en plus confiants à l'égard des produits de protection solaire, les Français redoutent de potentiels risques sanitaires liés à leur utilisation.
    S'ils se disent de plus en plus confiants à l'égard des produits de protection solaire, les Français redoutent de potentiels risques sanitaires liés à leur utilisation. LumiNola / Getty Images
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(ETX Daily Up) - Quatre Français sur dix ne se protègent pas systématiquement contre les rayons du soleil, révèle un récent sondage réalisé pour la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA). Françoise Audebert et Laure Menanteau, conseillères scientifiques à la fédération, nous en disent plus sur ces réticences, et reviennent sur les raisons pour lesquelles les consommateurs demeurent craintifs vis-à-vis des produits de protection solaire.

Comment expliquer que 40% des Français ne se protègent pas systématiquement des rayons UV avec une crème solaire* ?
D'après le sondage que vous évoquez, ces raisons sont essentiellement en lien avec des craintes par rapport au supposé risque de toxicité des produits de protection solaire, mais également leur supposé impact sur l'environnement. Pour autant, toujours d'après ce sondage, il y a une grande confiance dans l'efficacité des produits solaires, une conscience croissante de la nécessité de protéger sa peau, et une reconnaissance des progrès réalisés dans les formulations.

Scientifiques et associations de consommateurs alertent régulièrement sur les effets nocifs de certaines crèmes solaires. Où en est-on aujourd'hui quant à leurs risques sanitaires ? 
Il y a effectivement une récente étude qui a pointé du doigt l'octocrylène. Il s'agit d'un filtre solaire organique qui absorbe majoritairement les rayonnements UVB, principaux responsables du bronzage mais aussi des coups de soleil et des cancers de la peau. Ce filtre solaire a été mis en cause en mars 2021 par une étude réalisée par des chercheurs du CNRS et de Sorbonne Université. Il a été réévalué par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC), organisme indépendant auprès de la Commission européenne, qui a réaffirmé sa sécurité aux doses autorisées. Les informations figurant dans cette étude ne mettaient pas en évidence de risque pour la sécurité et la santé des consommateurs. Elle mentionnait l'importance de maitriser l'octocrylène tout au long du cycle de vie du produit, ce qui est déjà pris en compte.

Quelles sont les substances à bannir pour éviter tout risque ?
Tous les ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques, en Europe, sont soumis à la même réglementation et sont évalués de la même manière. Parmi les ingrédients cosmétiques, les filtres solaires font, en outre, l'objet d'un encadrement spécifique supplémentaire. Etant donné leur rôle majeur pour la santé, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs vérifie régulièrement de manière approfondie leur efficacité et leur innocuité.

Que doivent faire les marques et laboratoires pour encourager les Français à se protéger ?
Les entreprises cosmétiques ont un rôle clé à jouer sur plusieurs plans. D'abord, la recherche et développement (R&D) pour sans cesse innover et améliorer les formulations de leurs produits solaires pour procurer un plaisir d'utilisation et assurer une bonne application en quantité suffisante et une ré-application régulière du produit lors de l'exposition. Ensuite, en termes de pédagogie et de transparence sur les produits et les ingrédients pour informer et rassurer les consommateurs. Enfin, en matière de prévention sur les risques liés à l'exposition aux UV aux côtés des autorités de santé.

Que doit avoir une protection solaire pour être efficace et sans danger ?
Pour être efficace, une protection solaire doit protéger des UVA et des UVB, et ce grâce à un SPF. L'efficacité des produits de protection solaire est évaluée avec des méthodes normalisées, standardisées et internationales pour garantir la qualité de la mesure, la reproductibilité de la méthode et l'harmonisation des résultats. Le choix du niveau de protection (SPF) doit se faire en tenant compte de plusieurs paramètres : le phototype, à savoir la couleur de peau, l'indice UV et donc prendre en compte le lieu, l'horaire, et la saison, et les conditions d'exposition. Ce choix doit par ailleurs être associé à de bonnes conditions d'utilisation, comprendre une quantité suffisante de produit, une application homogène, et une ré-application régulière toutes les deux heures ou plus souvent surtout après avoir transpiré, avoir nagé ou s'être essuyé. La sensorialité du produit joue donc un rôle important pour la protection, car le plaisir d'utilisation du produit jouera un rôle clé pour une bonne ré-application et donc une protection continue durant tout le temps d'exposition.

Les crèmes solaires formulées à partir d'ingrédients naturels arrivent massivement sur le marché des cosmétiques. Sont-elles aussi efficaces ?
Qu'il soit bio, naturel, ou conventionnel, un produit de protection solaire aura la même efficacité s'agissant de la protection contre les UVB et les UVA, pour un même SPF. L'efficacité de tous les produits de protection solaire est évaluée de la même manière selon des méthodes normalisées, standardisées et internationales. Ce qui différencie les produits bio et naturels des produits conventionnels en matière de protection solaire c'est le type de filtre utilisé. Les produits bio et naturels utilisent des filtres organiques tandis que les produits conventionnels utilisent généralement un mélange de filtres organiques et minéraux.

Les protections solaires sont aussi pointées du doigt en raison de leurs effets néfastes pour l'environnement et les océans. Qu'est-ce qui doit disparaître de leur formulation pour les rendre "green" ?
Il n'existe pas de consensus scientifique sur l'impact des filtres solaires dans les milieux marins, notamment par rapport à d'autres causes comme le réchauffement climatique et l'acidification des eaux. Les études scientifiques publiées sont disparates et les résultats contradictoires. C'est la raison pour laquelle les entreprises scientifiques s'engagent aux côtés des centres océanographiques pour faire des recherches permettant d'obtenir des données fiables. La concentration des filtres solaires dans l'eau reste en tout état de cause extrêmement faible, de l'ordre du nanogramme au microgramme par litre. La perception d'un film huileux à la surface de l'eau n'est absolument pas représentative de la quantité de produit dans l'eau. Elle est encore moins représentative de la quantité de filtre solaire dans l'eau; celui-ci n'étant qu'un composant parmi d'autres du produit solaire. De plus, les produits de protection solaire sont formulés pour être résistants à l'eau : les quantités appliquées sur la peau ne se retrouvent donc pas en totalité dans l'eau de baignade.

Peut-on imaginer dans le futur des protections solaires efficaces, sans substance nocive, et sans danger pour l'environnement ?
Comme expliqué précédemment, tous les ingrédients des produits cosmétiques, sont rigoureusement encadrés et contrôlés. Aux concentrations autorisées dans les produits, il ne peut y avoir de risque pour le consommateur qui serait dû à un ingrédient nocif ou dangereux dans les produits solaires. Néanmoins les formules peuvent et doivent toujours être améliorées, c'est le rôle de la R&D. Les entreprises cosmétiques continuent d'innover pour trouver des formules toujours plus efficaces, toujours mieux tolérées, et toujours plus respectueuses de l'environnement.

* Sondage a été réalisé en ligne par OpinionWay pour la FEBEA, les 31 mars et 1er avril 2021, auprès d'un échantillon de 1.015 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Relaxnews
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