Violences conjugales à la barre du tribunal de Rodez : le doute a profité au prévenu

  • Une audience ce lundi après-midi au tribunal judiciaire de Rodez.
    Une audience ce lundi après-midi au tribunal judiciaire de Rodez. Archives Centre Presse - José A. Torres
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Poursuivi pour violences en récidive sur sa compagne, un Castonétois de 36 ans, a été relaxé ce lundi après-midi par le tribunal, "au bénéfice du doute". Les contradictions dans les faits, l'absence de témoin visuel, la personnalité de la victime comme celle du prévenu, ont convaincu la justice que l'affaire n'était pas aussi simple qu'il n'y paraissait...
 

Des coups de pied, une gifle, des insultes, une victime qui montre au tribunal trois hématomes à la cuisse, un prévenu qui nie la violence, et deux protagonistes qui avouent leur alcoolisation au moment des faits... La violence conjugale n'est jamais ordinaire, même si elle nourrit de plus en plus souvent les débats dans les salles d'audience. Fait assez rare dans ce contexte où la parole de l'un s'oppose souvent à celle de l'autre, le prévenu a été relaxé au bénéfice du doute. 

"Des relations comme ça, c'est fini"

Les faits remontent au 3 juin au Monastère entre ce couple qui vit ensemble depuis janvier, dans l'ombre de l'ex-compagnon de la victime présumée, auquel elle fait souvent appel. Ce dernier aurait lui aussi été violent avec la jeune femme quand ils vivaient ensemble. Pour l'heure, son nouveau compagnon ne l'est pas moins, déjà condamné le 12 avril de cette année pour des violences envers elle. Et il aligne un casier judiciaire où se bousculent les trafics de stupéfiants et les violences avec arme, et quelques mois de détention ici ou là. Bref, ce n'est pas un ange, mais elle revient avec lui après chaque incartade. "Je voulais lui laisser une deuxième chance, car je suis gentille", dit-elle à la barre, reconnaissant qu'elle a aussi, quelque temps auparavant, porté plainte pour viol contre lui, avant de se rétracter. "Je l'aime, assure-t-il de son côté à l'adresse du tribunal, mais des relations comme ça, c'est fini !".

Car il réfute toutes les violences qui lui sont reprochées ce soir-là. Il se sait en récidive, "Je ne suis pas assez bête pour recommencer". Et d'insister auprès du tribunal : "C'est son ex-compagnon qui lui monte la tête". Les deux hommes se sont d'ailleurs déjà battus, la jalousie semble dominer leur relation au centre de laquelle la jeune femme ne sait trop où se situer. La dispute de ce soir du 3 juin n'a pas de témoin visuel : la version des faits est donc diamétralement opposée entre l'homme et sa compagne. "Les hématomes à la cuisse, c'est quand elle est tombée dans les toilettes car elle avait trop bu", martèle-t-il. "Non, c'est lui qui m'a donné des coups de pied", répond-elle. Le certificat médical constate les bleus, mais pas de trace de gifle.

Troubles de la personnalité partagés 

La jeune femme est défendue par Me Balanger qui relève que le prévenu se pose systématiquement en victime, "or les violences sont bien réelles sur elle". Le ministère public, Manuel Yasmineh, auditeur de justice, appuie la partie civile : "Selon lui, il ne fait que se défendre, il est en train de tout inverser... Elle a du mal à le quitter ? Mais on est bien dans cette emprise, symptomatique des violences conjugales". Immature, égocentrique, atteint de troubles de la personnalité : les éléments de l'expertise psychologique se fondent dans son passé judiciaire émaillé d'une vingtaine de condamnations. Dix-huit mois de prison ferme sont requis. 

L'immaturité et le sentiment de persécution névrotique sont mis en avant également par Me Salvy, mais pour qualifier la victime. L'avocat du prévenu se livre à un véritable réquisitoire contre la jeune femme relevant toutes les contradictions dans l'exposé des faits, convaincu "que la victime a instrumentalisé le processus pour le rendre irrationnel". Et de plaider la relaxe. Il sera suivi par le tribunal. 

 

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