Les débuts de la mixité au lycée retracés dans une série sur Amazon

  • "Mixte" sur Amazon Prime
    "Mixte" sur Amazon Prime Courtesy of Amazon Prime
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(AFP) - Amazon Prime Video remonte le temps, à partir du 14 juin, avec sa deuxième série française, "Mixte", qui retrace une page d'histoire de la société française: les débuts rugueux de la mixité dans les lycées des années 1960.

La filiale du géant du commerce en ligne, qui a fait une irruption fracassante vendredi dans la retransmission télévisée de matches de foot en France (la Ligue 1), veut "s'établir comme un producteur de séries d'ambition", selon les mots de Thomas Dubois, directeur des créations Amazon Original France.

D'autant que la première série française de la plateforme de streaming, "Deutsch-les-Landes" n'avait pas rencontré le succès espéré.

Jour de la rentrée 1963. Un lycée public de Charente-Maritime s'apprête à vivre une petite révolution: pour la première fois, onze filles vont intégrer l'établissement jusqu'ici réservé à une centaine de garçons.

Sur une bande-sonore rock contemporaine, les jeunes filles franchissent le portail de l'établissement sous les regards mi-fascinés, mi-goguenards des lycéens et ceux parfois navrés de professeurs rétrogrades.

L'ancienne abbaye royale de la petite commune de Saint-Jean d'Angely (Charente-Maritime) s'est transformée en lycée, "lieu de pure ébullition hormonale", où s'entremêlent sur huit épisodes les réactions d'une galerie de personnages confrontés à une cohabitation inédite.

Les caméras des réalisateurs Alexandre Castagnetti et Edouard Salier suivent les relations, d'abord rudes, entre les nouvelles élèves et leurs camarades masculins.

Le tout sous l'autorité du surveillant général, incarné par un Pierre Deladonchamps avant-gardiste mais totalement inhibé devant les femmes, de son épouse (Maud Wyler) infirmière scolaire menant une double vie nocturne, et d'une nouvelle professeure d'anglais (Nina Meurisse), fraîchement divorcée et troublée par son supérieur...

- Une révolution improvisée -

A l'origine de la série, une valeur sûre du milieu du script: Marie Roussin qui avait déjà exploré le monde de l'adolescence en adaptant les deux premières saisons de la série catalane "Les Bracelets rouges", carton d'audience pour TF1.

Entre autres faits de plume de la scénariste, formée en France et aux Etats-Unis, la participation à l'écriture de plusieurs saisons d'"Un village français", autre série à succès diffusée sur France 3, et à la saison 3 de "Borgia" pour Canal+.

Au fil de ses recherches, la créatrice explique avoir réalisé à quel point la mixité avait été "une révolution éducative et sociale complètement improvisée".

"La mixité s'est imposée de façon très pragmatique parce que les baby-boomers arrivaient, les effectifs scolaires explosaient", relate-t-elle en conférence de presse. "Il y avait vraiment des gens pour et contre mais aucun des deux camps n'a réellement gagné, ça n'a pas été un combat idéologique avec des vainqueurs".

Autour de cette cohabitation forcée, la série aborde les rapports homme-femme et les clichés sexistes.

Si près de soixante ans se sont écoulés, les jeunes comédiens "n'avaient pas l'impression de jouer quelque chose de si éloigné de la réalité contemporaine", relève Marie Roussin auprès de l'AFP.

Le machisme, faire deux fois plus qu'un homme pour être bien vue, les inégalités salariales, de traitement... "Toutes ces thématiques ne sont pas si datées et sont même d'actualité", renchérit Pierre Deladonchamps.

"Le problème s'est juste déplacé, le sexisme est là, ambiant dans tout", ajoute la jeune actrice Lula Cotton-Frappier, 22 ans, au diapason avec Léonie Souchaud, 19 ans, révoltée par les inégalités au quotidien et le "mansplaining", ces explications masculines condescendantes à une femme déjà au fait d'un sujet.

Les quatre premiers épisodes de la série seront disponibles sur la plateforme Amazon Prime Video le 14 juin et les quatre derniers le 21 juin.

Relaxnews
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