Aveyron : Arnaud Viala, une course de fond pour la présidence du Département

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  • Arnaud Viala a été élu président jeudi matin un peu avant 11 h.
    Arnaud Viala a été élu président jeudi matin un peu avant 11 h. Photos José A. Torres
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Le député du Sud-Aveyron est devenu, jeudi, président du Département. L’aboutissement d’un parcours politique qu’il mène depuis 20 ans.

Sans doute avait-il en tête de devenir un jour président du Département depuis 2008 et sa défaite contre Jean-Claude Luche, pour le même poste. Jeudi matin, un peu avant 11 h, Arnaud Viala a pris la tête de l’Aveyron. Au vu des résultats des élections des 20 et 27 juin, au cours desquelles son mouvement, l’Aveyron pour tous, a emporté 14 cantons sur les 19 dans lesquels il postulait (sur 23 cantons que compte le territoire), il n’y avait guère de suspense. L’élection, à bulletin secret était donc une formalité (34 voix pour, 12 bulletins blancs), d’autant plus après l’annonce, dès mercredi, du retrait du sortant, Jean-François Galliard. La gauche, elle, très affaiblie à l’issue du scrutin universel, avec cinq cantons gagnés seulement, n’était pas en mesure de peser et n’a pas présenté de candidat. Le député du Sud-Aveyron, 46 ans, qui a désormais un mois pour quitter ce poste, est donc devenu le sixième président du Département depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’aboutissement d’un parcours politique démarré il y a maintenant près de 20 ans durant lesquels il a occupé quasiment tous les postes politiques possibles sur le territoire. À Vézins-de-Lévézou, d’abord, chez lui, comme conseiller municipal et communautaire, puis maire et président de la communauté de communes. Au Département, ensuite, à partir de 2004, dont il a été vice-président jusqu’à son retrait en 2015. En 2008, quand il avait voulu prendre la succession de Jean Puech, sans doute avait-il manqué d’expérience face à un Jean-Claude Luche bien plus rompu à l’exercice politique. À la suite de ce rendez-vous manqué, s’il n’a pas eu une traversée du désert à proprement parler, il a continué à s’endurcir et à grimper les échelons de la droite aveyronnaise, lui, longtemps proche de Laurent Wauquiez et donc d’une droite plus radicale que la droite centriste modérée aveyronnaise.

La députation comme tremplin

En 2015, après l’élection d’Alain Marc au Sénat, Arnaud Viala prend un risque payant : il décide de ne pas se représenter au Département, pour briguer le poste vacant de député de la troisième circonscription de l’Aveyron. Il gagne largement et devient alors un incontournable du paysage politique aveyronnais. D’emblée, il a été reconnu pour son investissement, avec une présence très importante sur le terrain, qu’il a notamment relayée sur les réseaux sociaux, dont il maîtrise parfaitement l’utilisation, avec le #députédeterrain, mais aussi dans l’hémicycle, où il a rapidement trouvé sa place. D’ailleurs, deux ans plus tard, son implication et son travail sont validés par les électeurs du Sud-Aveyron, qui prolongent son mandat de cinq ans, lors des élections législatives de 2017, alors même que la vague LREM emporte de nombreuses circonscriptions de droite. Une performance là encore remarquée à Paris, dans les instances nationales LR. À cette époque d’ailleurs, il souhaite faire partie des élus qui participent à la reconstruction de son parti. C’est en ce sens qu’il lance, en 2019, La Droite nouvelle, un mouvement qui faisait autant office de micro-parti que de think thank politique, désireux de peser nationalement. Il sera rapidement mort né, à cause notamment de la crise sanitaire, mais sans doute aussi parce qu’Arnaud Viala a eu du mal à se faire sa place à Paris au milieu des ténors médiatiques de son parti. C’est pour cela qu’à l’automne 2020, il décide, conseillé et soutenu par ses amis politiques locaux, de briguer la présidence de l’Aveyron. Dans l’ombre, il planche alors sur son projet. À sa manière, celui qui est un travailleur acharné, qui maîtrise les dossiers sur le bout des doigts et qui sait convaincre autour de lui, prend les choses en mains et décide 80 % de l’équipe sortante de le suivre. Bien conscient que sa méthode ne passe pas toujours, il trace sa route, sur le chemin qu’il s’est fixé. Sec et froid, comme l’hiver sur son Lévézou, ferme et déterminé, toujours flegmatique, Arnaud Viala a une personnalité bien différente de ses prédécesseurs qui respiraient sans doute plus la bonhomie que lui. Il le sait et y travaille un peu. Mais garde en tête que sa principale priorité est de réussir la mission qu’il s’est fixée : transformer le département. Les Aveyronnais lui ont donné mandat pour ça. Depuis jeudi il a toutes les cartes en mains.

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Guilhem Richaud
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