Incendie de salles de loto : six ans après, le "commanditaire" présumé nie toujours les faits

  • L'affaire avait débuté en décembre 2014 à Luc-Primaube.
    L'affaire avait débuté en décembre 2014 à Luc-Primaube. Archives CP
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En 2014, 2015 et 2016, une série d’incendies volontaires avaient fait trembler le monde du loto dans le Tarn, l’Aveyron et le Tarn-et-Garonne. 4 salles avaient pris feu en l’espace de quelques mois. Onze prévenus étaient  il y a peu à la barre du tribunal d’Albi.

Ils étaient 11, la semaine dernière,devant le tribunal d’Albi. Onze prévenus de 25 à 72 ans. Des jeunes marseillais, petits délinquants pour certains, d’autres complètement inconnus de la justice, et un gros propriétaire tarnais de 72 ans. À la tête de cet ensemble bigarré, le septuagénaire accusé d’être le commanditaire de plusieurs incendies volontaires qui ont frappé des salles réservées à l’organisation de lotos (ou quines) dans le nord du Tarn, en Aveyron et dans le Tarn-et-Garonne.

C’est en décembre 2014 que commence l’affaire. Dans la nuit du 21 au 22, la salle Orlando salle à Luc-la-Primaube, dans l’Aveyron, a été entièrement détruite par les flmaees. Les analyses révèlent l’utilisation d’essence et plusieurs départs de feu. Les propriétaires expliquent louer leur salle à des associations pour qu’elles organisent des lotos. Les dégâts sont très importants et le préjudice estimé à 150 000€. Le 9 juillet 2015, c’est une autre salle au Garric qui est détruite. C’est le même mode opératoire, une porte a été fracturée et de l’essence versée sur le comptoir, tables etc.
Quelques mois plus tard, en septembre, un nouvel incendie se déclare à 150 mètres du précédent sinistre. Cette fois-ci, seule la façade de l’immeuble prend feu. Et sur un mur, ces inscriptions: «dernier rappel», «comme tu voudras»...En novembre, nouvelle expédition dans cette même salle, à deux reprises, les 7 et 17. Le bâtiment est finalement détruit après le 3e passage des incendiaires. En octobre 2015, c’est une autre salle de loto de Réalville dans le Tarn-et-Garonne que l’on tente aussi de brûler. En octobre 2016, les gendarmes mettent enfin un terme à cette série d’incendies criminels. Ils arrêtent deux personnes qui viennent de mettre le feu à un nouveau bâtiment au Séquestre près d’Albi.

Le commanditaire, l’intermédiaire, le recruteur et les petites mains

Mais pourquoi des jeunes marseillais viendraient à plusieurs reprises dans le Tarn et alentours pour mettre le feu à des bâtiments, en l’occurrence toujours des salles de loto? L’enquête des gendarmes, les écoutes téléphoniques, permettront de confondre les différents protagonistes. Les «Marseillais», les petites mains, sont originaires du même quartier. C’est l’un des leurs qui les a embauchés. Contre quelques centaines d’euros à plusieurs milliers, ils faisaient le déplacement pour détruire les bâtiments indiqués. Le «recruteur» marseillais a quant à lui été approché par son beau-père, «l’intermédiaire». Enfin, en haut de la pyramide, l’oncle de ce dernier, qui possède plusieurs salles qu’il loue à des associations pour l’organisation de loto, et qui selon l’enquête, veut éliminer la concurrence.
Devant le tribunal, tout le monde reconnaît les faits, ou presque. Les jeunes incendiaires ont tous participé, une ou plusieurs fois. Il semble selon leurs déclarations que les «équipes» étaient à chaque expédition différentes. Le «recruteur» aussi avoue avoir proposé de l’argent à ses amis pour faire les «coups». «L’intermédiaire» explique qu’il recevait des mains de son oncle deux enveloppes. Une pour lui, contenant 1000€, et l’autre avec plusieurs milliers d’euros, entre 8000 et 15000€, qu’il remettait ensuite à son beau-fils pour le répartir aux membres des équipes. L’affaire semble bouclée pour les enquêteurs.

«Je suis déçu par mon neveu»

Mais le commanditaire clame son innocence. Pendant l’enquête, et de nouveau devant le tribunal. «Je suis déçu par mon neveu, et je suis surpris par ses déclarations», lance-t-il pour se défendre. «Pourquoi est-ce qu’il vous accuse? Quel est son intérêt à voir brûler des salles de loto? D’où sortirait-il plusieurs milliers d’euros pour payer les Marseillais? Pourquoi toutes les victimes vous pointent du doigt? etc...» Autant de questions posées par le tribunal et le procureur pour faire parler le principal accusé de ce dossier. Mais il s’enferre dans ses dénégations.
Le procureur pointe la responsabilité du septuagénaire. C’est lui qui est à la manœuvre, «cela ne fait aucun doute». Pour son neveu, «l’intermédiaire», et pour les jeunes, c’est différent. Les faits sont anciens, «on est loin du grand banditisme marseillais». Tous ont reconnu leur implication, à des degrés divers, «ils sont insérés depuis des mois voire des années et ont tourné la page de la délinquance». Le procureur demande donc des peines allant de 2 à 18 mois de prison pour les exécutants, et de 2 ans pour le neveu. Mais il précise sans mandat de dépôt, des «peines aménageables». Pour le commanditaire, il veut une «peine sévère», car c’est «la clé de voûte et il est incapable de comprendre». Il réclame 4 ans de prison ferme, avec incarcération immédiate. 

Ra. B.
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