Plaidoyer pour le sauvetage de la chaussée du moulin de Paillès

  • Jean-Pierre Henri Azema présente son livre "Cascade en danger".
    Jean-Pierre Henri Azema présente son livre "Cascade en danger".
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La cascade en danger, c’est le nom de l’ouvrage que son auteur Jean-Pierre Henri Azema vient de présenter en conférence. Docteur en géographie, l’homme est spécialiste de moulins, chaussées, rivières et de l’histoire de l’énergie. Son hôte, René Gouzes, est géologue hydraulique.

Dans ce livre illustré par de magnifiques photos, l’auteur conteste, arguments à l’appui, le dynamitage programmé de la chaussée du moulin de Paillès. Les trois études, en partie erronées, réalisées sur le Cernon après les récentes crues, ont porté sur la partie du cours en amont du pont de la RD 992.

Environnement naturel unique

Les travaux proposés concernent la destruction d’un site exceptionnel, avec l’anéantissement d’un environnement naturel unique par une coupe à blanc de tous les arbres centenaires qui peuplent la berge pour replanter des baliveaux de 3 centimètres de diamètre. Un projet non écologique contraire à la charte de l’environnement (2005) et la loi sur l’eau (2006).

Une valeur de 970 000 €

La chaussée du moulin de Palliès n’est pas responsable des inondations. C’est la rampe du parking du pont de la RD 992, rive droite, qui fait barrage. Or, les inondations dues aux crues sont importantes car l’évacuation de l’eau est freinée par l’effet de barrage du pont (une arche et demie sur quatre fermée) et l’écoulement immédiatement en aval limité par les embâcles et la végétation non contrôlés depuis cinquante ans.

L’essentiel des opérations efficaces à accomplir n’est pas de démolir un site en équilibre hydraulique et écologique à l’amont depuis 360 ans mais de favoriser au maximum l’écoulement de l’eau en aval. "On débouche un lavabo avant de le changer s’il déborde."

À titre indicatif est donnée la valeur de la chaussée. L’ouvrage hydraulique mesure 42 mètres de long, 3,60 mètres de haut et environ 4 m d’épaisseur, ce qui donne 625 mètres cubes de pierre de taille. Le prix du mètres cube étant en moyenne de 1 550 € par mètre cube, cela donne 970 000 €.

Si, par inadvertance, la chaussée venait à disparaître prochainement, à quoi ressemblerait le paysage quotidien des Saint-Georgiens, s’interroge Jean-Pierre Henri Azema. Avant d’inviter les habitants à sauvegarder et préserver leurs lieux de vie et la chaussée du moulin de Paillès en faisant cesser, au plus vite, ce projet insensé.

GDM
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