A Bournac, la distillatrice Elodie Juillet cultive son jardin de vie

  • Au Mas de Gos, Élodie Juillet distille une vingtaine de variétés d’huiles essentielles et autant d’hydrolats.  Magalie Jacquet
    Au Mas de Gos, Élodie Juillet distille une vingtaine de variétés d’huiles essentielles et autant d’hydrolats. Magalie Jacquet
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Après un brevet professionnel en plantes à parfums, aromatiques et médicinales au CFPPA de Nyons, dans la Drôme, la Saint-Affricaine a réinvesti "son territoire" pour produire des eaux essentielles et hydrolats, d’origine 100% Aveyron, d’une qualité sans égal.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, le soin à la personne a toujours été son truc. "C’est vraiment ce qui me plaît… depuis toujours", valide Élodie Juillet. Installée dans le Sud-Aveyron, la jeune femme poursuit ainsi sa quête après une première vie comme aide soignante puis aide à domicile. Aujourd’hui distillatrice d’huiles essentielles et d’hydrolats – synonyme d’eaux florales pour qui se pose la question – à Bournac, petite localité toute proche de Saint-Affrique, Élodie Juillet n’a pas un moment à elle : "Depuis le mois de mars, c’est la grosse saison."

Dans sa petite exploitation d’un hectare qui surplombe le Dourdou de Camarès, l’agricultrice distillatrice comme elle aime à se présenter, cueille sans discontinuer ces plantes aux vertus mille fois éprouvées. Lavande, thym, romarin, camomille, sarriette, menthe poivrée, sauge, lavandin, hysope… Élodie Juillet cultive son jardin de vie avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir. "Chaque plante a des propriétés propres, complexes et très puissantes. Mais ce serait minimiser leur incroyable pouvoir que de les résumer à une ou deux vertus principales. Les plantes peuvent beaucoup !"

En contrepartie, il faut aussi beaucoup donner… "C’est physique, oui !", valide l’intéressée qui doit cueillir entre 50 et 100 kilos par jour selon les plantes, avant de passer à la distillation. Un travail harassant abattu faucille à la main : "Je récolte entre mars et septembre lorsque les plantes sont les plus actives, au plus fort de la chaleur, sur des terrains difficiles et à la faucille. C’est pour moi la meilleure façon de connaitre la plante, son milieu et de préserver la biodiversité en prenant soin de ne pas déranger les insectes plus que de raison."

Fidèle aux préceptes du syndicat S.I.M.P.L.E.S. – l’acronyme du Syndicat Inter-Massifs pour la Production et L’Économie des Simples – Élodie Juillet propose bien évidemment des produits issus de cultures biologiques, et quand elle prend la direction de quelques-uns des sites sauvages où elle fait danser sa faucille – avec toutes les autorisations de rigueur, tient-elle à préciser – elle ne cible que des lieux éloignés de toute source de pollution, "qui s’étagent de 400 à 1 500 mètres d’altitude". Vient l’heure enfin de la distillation. Procédé millénaire qui permet d’extraire l’essence même des plantes dont les premières traces remontent à plus de 6 500 ans avant J.-C. !

Et si les rendements sont maigres, – comptez 150 kilos de lavande pour un seul litre d’huile essentielle – les effets sont inversement proportionnels. "L’alambic produit à la fois des huiles essentielles, très concentrées, et des hydrolats, ces eaux florales, plus diluées, aux qualités très proches que l’on administre par voie orale ou directement sur la peau. "Le travail est le même, explique Élodie Juillet. Grâce à la condensation, on obtient un mélange d’hydrolat et d’huile essentielle. Après quelques secondes de repos, la solution se stabilise et on peut voir apparaître deux couches. Une phase aqueuse plus lourde en bas, c’est l’hydrolat. Et une phase huileuse plus légère qui flotte à la surface de l’hydrolat, c’est l’huile essentielle."

Passée maître dans l’art de la distillation, elle fait le bonheur des thérapeutes, notamment parisiens, qui retrouvent dans ses produits certifiés une qualité inégalée. Un extrait de ce jardin d’Eden, que cultive avec amour Élodie Juillet.

Aurélien Delbouis
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