Quand la Joconde fuyait les Nazis en Aveyron

Abonnés
  • Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
    Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
  • Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
    Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
  • Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
    Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
  • Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
    Quand la Joconde fuyait les Nazis à Loc-Dieu
Publié le

En 1940, près de 3 000 œuvres du Louvre, dont la Joconde, ont été cachées dans l’abbaye villefranchoise.

Tout l’été, le musée Fenaille de Rodez accueille une exposition inédite en France. "Idoles - L’art des Cyclades et de l’Anatolie à l’Âge de bronze", est visible depuis le mois de juin et jusqu’à la mi-octobre. Cette exposition, organisée avec la collaboration du musée du Louvre, réunit pour la première fois un ensemble unique de statuettes originaires des Cyclades et d’Anatolie, des œuvres contemporaines des énigmatiques statues menhirs du musée ruthénois. Pour cela, il a fallu regrouper une centaine de pièces venues de toute l’Europe, mais surtout, 65 issues du plus célèbre musée parisien. Ce n’est évidemment pas la première fois que des œuvres du Louvre font le déplacement en Aveyron le temps d’une exposition temporaire, au musée Soulages notamment. Mais l’histoire entre le Louvre et l’Aveyron remonte à beaucoup plus loin. En effet, en 1940, près de 3 000 œuvres ont fait le déplacement dans l’Ouest-Aveyron, dont la plus célèbre d’entre elles : la Joconde. Cette fois-là, les raisons n’étaient pas vraiment artistiques. Alors que la France était en partie occupée par les Nazis, il fallait protéger les œuvres. En effet, à cette période, Hitler, via Goering notamment, faisait main basse sur de nombreuses pièces. Le dictateur voulait accaparer les chefs-d’œuvre de l’art classique pour fournir le gigantesque musée qu’il voulait édifier dans sa ville natale, Linz en Autriche.

Un gardien du Louvre se souvient du lieu

"On doit cette sauvegarde à Jacques Jaujard, le directeur du Louvre pendant la guerre, détaille Jean-Michel Cosson, historien et écrivain ruthénois. Il avait déjà, pendant la guerre civile espagnole, supervisé l’évacuation des collections du musée du Prado. En 1938, il a été nommé directeur du Louvre et le même problème s’est rapidement posé avec le début de la Seconde Guerre mondiale." Le 25 août 1939, en effet, quelques jours avant que la France ne déclare la guerre à l’Allemagne après l’invasion de la Pologne, le Louvre est fermé au public. Et très vite, devant l’avancée des Nazis, les services décident d’organiser le départ de Paris d’une partie des trésors que le lieu regroupe. "Elles sont réparties dans 1 862 caisses classées en trois catégories, reprend Jean-Michel Cosson. Des pastilles rouges pour les œuvres les plus extraordinaires, dont la Joconde. Vertes pour les intermédiaires et jaunes pour les moins importantes. Dans un premier temps, elles sont envoyées dans les châteaux de la Loire." Mais avec la défaite, l’installation du régime de Vichy et le découpage de la France en deux parties, la décision est alors prise de les envoyer dans divers lieux du sud de la France, non-occupé. Parmi la liste des endroits choisis : l’abbaye de Loc-Dieu, à Martiel, en Aveyron. Il semblerait que l’idée ait été soumise par un gardien, d’origine aveyronnaise, qui se souvenait que l’endroit était suffisamment grand pour accueillir les œuvres. Avec l’aval de Pétain, elles sont donc transférées, pour la plupart en camions, à la mi-juillet. La Joconde arrivera le 21, dans voiture spéciale, et a été conservée dans la chambre de la femme du conservateur du Louvre. Car durant les trois mois où furent entreposés les tableaux, ce sont près de 280 personnes qui ont dû être hébergées à Loc-Dieu, de juillet 1940 à octobre. Car si l’objectif premier de protéger les œuvres des Nazis était rempli, avec l’arrivée de l’hiver en Aveyron, les conditions de bonne conservation n’étaient plus réunies, à cause notamment de l’humidité. Et entre le 28 septembre et le 17 octobre 1940, elles repartent, petit à petit, vers Montauban, avant de bouger à nouveau, en 1942, après l’invasion de la zone libre, vers le Lot. Finalement, la Joconde ne sera restée que trois mois en Aveyron. Une journée de présentation a bien eu lieu, mais l’objectif n’était pas de rendre vraiment publique la chose. Sur place, il ne reste plus vraiment de trace de ce passage. Mais l’Aveyron aura joué son rôle dans la protection des plus belles œuvres du patrimoine français du pillage nazi.

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 1€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 23h15 la veille
  • Publicités limitées
RICHAUD Guilhem
Voir les commentaires
L'immobilier à Martiel

40000 €

Terrain plat de 1857m² (lot D) issu d'un découpage d'une parcelle en 4 lot[...]

400000 €

Proche du Lot, belle maison de Maître du 18ème siècle avec pigeonnier et dé[...]

278000 €

Situé en quartier pavillonaire proche de Martiel et à 10 minutes de Villefr[...]

Toutes les annonces immobilières de Martiel
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?