Aveyron : le comité vautour bat de l’aile

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  • Après le loup, le vautour inquiète une partie de la profession agricole.
    Après le loup, le vautour inquiète une partie de la profession agricole.
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Olivier Duriez, représentant la communauté scientifique au comité interdépartemental Massif central vautour élevage, a démissionné.

La démission d’Olivier Duriez, représentant la communauté scientifique lors du dernier comité interdépartemental Massif central vautour élevage, témoigne des tensions entre le monde de l’élevage et spécialistes des vautours. "Jamais, dans un comité, la parole scientifique n’a été aussi peu écoutée, même pas demandée, voire décrédibilisée", déclare le conseiller scientifique ornithologue qui ajoute : "C’est dans la suite logique des précédentes réunions de ce comité ou autres réunions publiques sur ce sujet auxquelles j’ai participé depuis deux ans."

Pour rappel, ce comité interdépartemental couvre six départements (l’Ardèche, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, la Lozère et le Tarn) dans le cadre du plan national d’actions (PNA) "Vautour fauve et activités d’élevage" 2017-2026 qui vise à résoudre la question des interactions entre le vautour fauve et le bétail pour préserver la relation entre éleveurs et vautours, et sa restauration sur les territoires où elle s’est dégradée ces derniers mois. Le ticket gagnant gagnant, du moins l’entente cordiale entre les éleveurs fournissant une ressource alimentaire essentielle et les vautours assurant en retour un équarrissage naturel et écologique, est en effet mis à mal par une partie de la profession agricole qui s’inquiète notamment de la présence du vautour sur le Nord-Aveyron et leurs interactions sur les animaux.

Sur ce point, le scientifique déplore "la place prépondérante laissée aux interventions de la profession agricole au détriment de celle accordée aux institutions de l’État, aux services vétérinaires, aux associations de protection de la nature et aux scientifiques" et avance des faits non vérifiés. Chiffres à l’appui : la situation n’est guère différente de la précédente campagne de 156 constats et 82 expertises vétérinaires menées dans les Causses entre 2007 et 2014 et le risque de 0,1 % avec deux cas avérés d’interaction par an sur des animaux mourants alors que 40 000 bêtes meurent par an sur la région des Grands Causses. Le changement notable s’opère sur le délai d’intervention des charognards passé de jours voire d’heures à quelques minutes. D’où la nécessité d’expliquer le fonctionnement des curées et des interactions du vautour. En ce sens, Olivier Duriez préconise une meilleure communication en diffusant au plus tôt les expertises vétérinaires et de mettre des moyens plus conséquents sur la sensibilisation (lire ci-contre), et de reprendre l’installation de placettes.

Fin de la mission de terrain

Camille Bodot, à la fois éleveur et salarié de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), a terminé fin juillet sa mission d’information et de sensibilisation auprès des éleveurs en Aveyron. "On aurait aimé que cela se prolonge, il faut voir avec les services de l’État", déclare Bruno Veillet, responsable de la LPO Grands causses en charge des vautours qui préconise les vétérinaires pour jouer le rôle de médiateur. En attendant, il regrette le départ d’Olivier Duriez : "Cela va nous manquer, c’était un homme qui connaissait bien l’Aveyron, il n’y en a pas beaucoup dans la région."
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Olivier Courtil
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