Bosch, Malan, agriculture… Éric Piolle en campagne à Rodez

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  • Eric Piolle, samedi à Rodez suivi de plusieurs de ses soutiens aveyronnais : Léon Thébault, Alexandra Dubois, Claudine Bonhomme, Thomas Jaafar…
    Eric Piolle, samedi à Rodez suivi de plusieurs de ses soutiens aveyronnais : Léon Thébault, Alexandra Dubois, Claudine Bonhomme, Thomas Jaafar… Centre Presse - Mathieu Roualdès
Publié le

Le maire de Grenoble, candidat à la primaire écolo pour la future élection présidentielle, a fait une halte par l’Aveyron ce week-end et par Rodez samedi.

Éric Piolle est un homme pressé. Depuis plusieurs semaines, le maire de Grenoble a délaissé son célèbre vélo avec lequel il aime sillonner les rues de sa ville pour entamer un tour de France. En van cette fois. Et en prenant le volant. "J’ai horreur de ces politiques qui ont des chauffeurs, des gens pour leur mettre la veste, le parapluie… Comment voulez-vous qu’ils ne soient pas déconnectés ensuite ?", soufflait-il, samedi en fin d’après-midi, assis à une table du café du Commerce, sur la place de la Cité. Alors que ses enfants profitaient du musée Soulages, Éric Piolle avait donné rendez-vous à ses soutiens locaux ainsi qu’à la presse. Car encore plus qu’un homme pressé, le maire de Grenoble est ambitieux et ne s’embarrasse pas vraiment de fausse modestie.

S’il s’est lancé dans ce tour de France, c’est avant tout pour remporter la primaire écologiste devant Yannick Jadot, Delphine Batho ou encore Sandrine Rousseau, et "l’élection présidentielle en suivant". "Les écologistes ne sont plus des lanceurs d’alerte, ni un contre-pouvoir. On a accédé aux affaires dans de nombreuses villes et il est temps qu’on gouverne le pays", explique-t-il, dans un discours déjà bien rodé et garni de nombreuses études pointant du doigt la gestion environnementale de l’exécutif français. "Nous sommes en retard sur tout, ou presque…", lance l’édile grenoblois, ingénieur de profession.

Bosch, agriculture…

En Aveyron, il sait qu’il n’est pas en terre conquise. Et plus particulièrement depuis plusieurs mois, où les écologistes ont été pointés du doigt dans la crise industrielle et la fin du moteur diesel, carburant de l’usine Bosch. "Ce n’est pas de notre faute, mais celle des gouvernements successifs qui n’ont rien fait pour la transition. Quand je vois qu’en 2016, Emmanuel Macron est venu ici pour dire que le diesel c’était l’avenir… On savait déjà tous que c’était fini ! La pollution de l’air, c’est 50 000 morts par an en France. C’est colossal. Je comprends que les salariés soient énervés, mais c’est amusant de rejeter la faute sur les écologistes. Nos politiques n’anticipent pas les mutations de l’industrie", se défend-il, comme il le fait également sur les critiques souvent acerbes des agriculteurs dans les départements ruraux comme l’Aveyron : "Le monde agricole vit dans une inquiétude et a l’impression d’être montré du doigt par toute la société. C’est une angoisse terrible et je la comprends, mais j’ai envie de dire aux agriculteurs qu’ils peuvent se lancer dans un nouveau modèle à nos côtés. On a un superbe projet, à l’instar de ses fils d’agriculteurs qui reprennent les fermes et se lancent dans le bio."

S’il paraît à plusieurs égards bien loin de l’image de l’écologie punitive, Éric Piolle, présenté comme "rouge-vert" – il dirige sa ville avec le Parti communiste, La France insoumise et Génération. S –, sait aussi se montrer incisif. Il le faut pour séduire. Sur l’agriculture, c’est la FNSEA qui en prend pour son grade : "Ceux qui tiennent le porte-voix de l’agriculture avec ce syndicat ne sont pas de vrais agris. Ce sont la plupart du temps des industriels qui vivent sous perfusion d’argent public !". Sur les déboires et sorties peu habiles de ses homologues, entre l’histoire du sapin de Noël à Bordeaux, le rêve des enfants à Poitiers ou encore du Tour de France à Lyon, le Grenoblois vise le gouvernement : "C’est lui qui a monté en épingle ces polémiques. Le président nous a comparés aux Amish, d’autres à des Ayatollah, c’est d’une rare violence si on compare cela à une histoire de sapin de Noël. Personne n’a en revanche parlé du fait que dans les villes écologistes, l’eau est revenue en régie municipale avec un tarif social."

Sérieux concurrent pour Yannick Jadot, et même en tête des premiers parrainages selon plusieurs médias, Éric Piolle présentera, ou pas, son programme pour la France, à l’issue de la primaire écologiste, fin septembre. Et s’il est investi par les militants, sa deuxième campagne s’arrêtera-t-elle de nouveau par l’Aveyron ? "On verra, mais j’ai une affection toute particulière pour ces territoires ruraux", assure-t-il.

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Mathieu Roualdés
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Les commentaires (1)
Altair12 Il y a 1 mois Le 02/08/2021 à 13:47

C'est la véritable pastèque ; verte à l'extérieur et rouge à l'intérieur !