Gelles : Fernand Grimal, le plus ancien Résistant aveyronnais

  • Fernand Grimal était présent lors de ces commémorations. Fernand Grimal était présent lors de ces commémorations.
    Fernand Grimal était présent lors de ces commémorations. DDM
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Dimanche 25 juillet à Gelles, plus exactement au carrefour de Fréjeroques, on a rappelé les événements tragiques du 24 et 25 juillet 1944, au cours desquels 15 maquisards perdirent leur vie pour la France et la Liberté. Était présent, entre autres, Fernand Grimal qui, avec ses 97 ans, est sans nul doute le plus ancien Résistant aveyronnais en vie.
 

"Pour ne pas oublier et rendre hommage à l’héroïsme des 15 maquisards qui perdirent leur vie pour la France et la Liberté", lors de deux accrochages avec une colonne allemande, un monument sculpté par le ruthénois Bellouvel a été érigé à l’endroit où ont eu lieu ces accrochages mortels. Lors de son inauguration le 14 septembre 1947 Paul Ramadier avait souligné : "Ces hommes, ces maquisards sont un exemple, une leçon qui rappelle cet héroïsme, à tous ceux qui passeront à ce carrefour, qu’ils soient français et étrangers. Nous nous devons de ne jamais les oublier", a rappelé Yves Favre le 1er adjoint de Causse et Diège lors de la commémoration de ce tragique événement, dimanche dernier au carrefour de Fréjeroques. Et parmi les nombreuses personnalités civiles et militaires présentes ce jour-là, Fernand Grimal qui, avec ses 97 ans, est sans nul doute le plus ancien Résistant aveyronnais en vie.

Engagé dans la Résistance à 20 ans

"Je ne l’affirmerai pas mais je pense être le dernier Résistant aveyronnais à être en vie. Du moins de mon maquis de Coudols qui se situait au cœur du Lévézou et qui comptait une cinquantaine d’éléments, je le suis", a-t-il répondu à notre question. Il poursuivait "j’ai 97 ans et je me suis engagé dans la Résistance à l’âge de 20 ans. J’ai participé à tous les engagements de ce jeune maquis contre les troupes allemandes d’occupation".

A-t-il combattu à Gelles et a-t-il été mis au courant de cette tragédie ? "Non je n’ai pas combattu à Gelles, c’étaient les hommes du Maquis d’Ols et j’ai appris ce drame, bien après la guerre".

A-t-il connu des situations similaires ? "Oui lorsque nous nous accrochons avec les Allemands, au cours desquels nous avons perdu des hommes. Vous savez, cinq de mes camarades sont tombés dans une embuscade suite à une dénonciation. Encore aujourd’hui je me reproche de n’avoir rien pu faire pour les sauver. J’étais en mission à un gros kilomètre de cet endroit. Ce souvenir me hante encore. Depuis tous les ans, j’effectue une sorte de pèlerinage aux stèles où sont tombés mes "copains" pour leur dire que je ne les oublierai jamais, qu’ils sont toujours à côté de moi, comme ils l’ont été au cours de la campagne d’Alsace hiver 44-45, où je combattais dans la 1re Armée Française de De Lattre."

"Liberté, justice et paix..."

Au cours de cette émouvante cérémonie, pour l’Anacr (Association nationale des anciens combattants de la Résistance), Marie Josée Augey et Marie Josée Moysset ont évoqué la mémoire de Roger Poux, "coprésident de l’association qui nous a quittés dernièrement". Puis questionnant "n’est ce pas le sens de notre présence ici, aujourd’hui, le respect que nous devons à votre engagement. Oui nous transmettrons vos valeurs : Liberté, Justice et Paix. Chaque maquisard tombé aurait pu dire avec Aragon "Où je meurs, renaît la France". Qu’on ne les oublie pas..."

Sont tombés le 24 juillet  1944 Albert Artis, Pierre Aterano, Maurice Boyer, Victor Galeas, Maurice Goetschel, Wladyslaw-Etienne Kravczyk, Jean Emile Renous et Georges Touzé. Le 25 juillet: Joseph Czajkawski, José Fernandez, Roger Gornay, Jules Guertzen, Jean Pereira, Raymond Porta, Armand Rinaldi.
Centre Presse Aveyron
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