Aveyron : comment la mine a laissé son empreinte dans le Bassin decazevillois

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  • La mine à ciel ouvert à Decazeville.
    La mine à ciel ouvert à Decazeville. Reproduction Centre Presse -
  • Musée Les Mémoires de Cransac à Cransac-les-Thermes.
    Musée Les Mémoires de Cransac à Cransac-les-Thermes. Reproduction Centre Presse -
  • Musée du patrimoine minier et industriel du Bassin de Decazeville.
    Musée du patrimoine minier et industriel du Bassin de Decazeville. Reproduction Centre Presse -
  • Les soufflantes.
    Les soufflantes.
  • Les soufflantes.
    Les soufflantes. Reproduction Centre Presse -
  • Maison à coursives à Viviez. Maison à coursives à Viviez.
    Maison à coursives à Viviez. Reproduction Centre Presse -
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Au cœur d’un département rural et authentique, une destination se singularise par son histoire industrielle : le Pays decazevillois et sa proche vallée du Lot. Un peu d’histoire.

Au XIXe siècle, un homme a contribué à l’essor industriel et économique de tout un territoire : le duc Decazes. La vision de cet homme a métamorphosé ce petit coin de campagne aveyronnaise tant au niveau des paysages que de l’urbanisme.

À son arrivée en 1826, le duc Decazes souhaite exploiter les concessions souterraines de minerai de charbon et de fer afin de les transformer en fonte. Son projet aboutit deux ans plus tard, avec la première coulée de fonte dans les hauts-fourneaux de Firmi : l’histoire commence. Très vite, l’ambitieux duc Decazes intensifie la production : autour de la construction de nouveaux hauts fourneaux et de l’exploitation massive des mines de charbon, une ville se crée : Decazeville. Cette ville nouvelle sera entièrement vouée à ses industries.

Ces voisines d’Aubin et de Cransac profitent également de ce boom industriel : de nombreuses galeries de charbon sont exploitées à Cransac, quand Aubin accueille majoritairement la production de fonte, puis d’acier. Le bassin minier et sidérurgique de Decazeville est alors l’un des plus importants d’Europe au XIXe siècle, avant d’être détrôné par les centres miniers du Nord et de l’Est de la France.

L’exploitation minière intensive perdure pendant 150 ans, jusqu’à la fermeture des mines de fond dans les années 1960. Seule la mine à ciel ouvert, appelée "La Découverte", est exploitée jusqu’en 2001 grâce à une mécanisation très performante. L’activité sidérurgique s’éteint quant à elle en 1987.

Cette histoire dantesque est fort bien racontée dans les trois musées de notre destination. Le plus ancien, créé il y a plus de quarante ans, le musée de la mine à Aubin, retrace cette épopée industrielle dans trois salles dédiées sur l’évolution des exploitations, les différents métiers, les conditions de travail et les mouvements sociaux, sans oublier la galerie des lampes et la galerie de mine reconstituée avec son célèbre coup de grisou.

Ouvert en 1996, le musée Les Mémoires de Cransac, tout en offrant des témoignages sonores et visuels sur la mine et les mineurs, propose la découverte atypique d’une station thermale devenue cité minière. Les nombreuses maquettes permettent de comprendre les métamorphoses de la ville au fil du temps.

Enfin, en 1997, le musée du patrimoine minier et industriel du Bassin de Decazeville est créé à Decazeville. Sans oublier d’honorer les grands hommes et les grands événements qui ont fait l’histoire minière, il s’intéresse également aux activités métallurgiques et sidérurgiques souvent oubliées au profit du charbon. Vous l’aurez compris, ces trois musées se complètent et permettent d’appréhender de manière approfondie l’identité de ce territoire.

Des témoins emblématiques de l’épopée industrielle

Autre témoin imposant et incontournable de ce passé minier : la mine à ciel ouvert de Decazeville. Aujourd’hui réhabilitée, ce site surdimensionné de 3 km de long sur 2,5 km de large offre de belles perspectives de randonnées, et pour les plus courageux des panoramas inattendus sur Decazeville et ses environs.

La mine à ciel ouvert côtoie le chevalement de mine, structure métallique de 22 mètres de haut, qui permettait aux mineurs d’aller abattre le charbon 150 mètres plus bas sous terre. On se sent ici bien petit ! À proximité, la zone du Centre abrite une étonnante machinerie : les soufflantes, dont le rôle était de pulser de l’air extrêmement chaud dans les hauts fourneaux proches. Ces soufflantes, récemment protégées au titre des Monuments historiques, attendent patiemment une renaissance, mais n’en restent pas moins impressionnantes avec leurs roues de 7 m de diamètre.

Sur la commune voisine d’Aubin, plus précisément dans le quartier du Gua, deux cheminées en briques à tête ouvragée se dressent fièrement sur le plateau des forges. Elles ont été le témoin d’une terrible fusillade en répression d’un mouvement de grève en 1869, faisant 17 morts, dont une femme et un enfant de 7 ans. En face, l’école qualifiée de "palais scolaire" et l’église Notre-Dame-du-Gua et sa charpente métallique, témoignent de l’importance et de l’implication des compagnies dans la vie locale.

Urbanisme et habitat au service de l’industrie

Partout dans l’urbanisme, la mine se rappelle aux visiteurs et le surprend notamment avec "les villes rues" : les villes semblent ici interminables, et quand deux villes se succèdent, la rue peut s’étirer sur 4 km. Ces rues qui s’étendent le long des usines ou au fond des vallées possèdent toutes la même caractéristique : des maisons à coursives.

Pour celui qui sait regarder ou s’attarder, il est aisé de remarquer ses longs balcons (les coursives) qui desservent les différents logements situés aux étages, le rez-de-chaussée étant réservé aux commerces. Imaginez une famille, souvent nombreuse, derrière chaque fenêtre, et au final la vie des habitants qui se déroulait davantage à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est ainsi que l’on se logeait en majorité au XIXe siècle, sauf pour les contremaîtres ou les ingénieurs des Compagnies qui avaient le privilège de se voir attribuer une maison plus cossue… et ne parlons pas des maisons des directeurs, d’ailleurs toujours visibles à Decazeville comme à Aubin. Ce n’est que dans la seconde moitié du XXe siècle que les mineurs accéderont en masse à l’habitat ouvrier soit dans des immeubles collectifs, soit dans des cités ouvrières.

L’exception à la règle est à découvrir à Viviez, où la ville a prospéré autour de la transformation du zinc suite à l’installation de la société Vieille Montagne en 1871. Rapidement tout est prévu pour loger le personnel : de l’hôtel des célibataires aux cités ouvrières pour les familles jusqu’aux maisons des ingénieurs et de la direction, la vie s’organise entièrement autour de l’usine.

La proche vallée du Lot connaît, elle également, une petite industrialisation au XIXe siècle avec l’installation à Boisse-Penchot d’une verrerie, où les ouvriers emménagent dans une rue, avec de part et d’autres des rangées de maisons mitoyennes bien alignées, toutes identiques et dotées d’un lopin de terre sur l’arrière. Dans la destination du Pays decazevillois-Vallée du Lot, les empreintes de la mine et de l’industrie se retrouvent partout dans l’architecture et les paysages : 150 ans d’histoire industrielle ont façonné les villes, la nature et le caractère des hommes.

Renseignement sur tourisme-paysdecazevillois.fr
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Les commentaires (1)
babar Il y a 1 mois Le 03/08/2021 à 14:08

aujourd'hui les mahorais arrivent