Qu’est-ce que la mucormycose ou "champignon noir" ?

  • Qu’est-ce que la mucormycose ou "champignon noir" ?
    Qu’est-ce que la mucormycose ou "champignon noir" ?
Publié le

A l’origine d’une épidémie en Inde, la mucormycose, mieux connue sous le nom de "champignon noir", a tué plus de 4 200 personnes au cours des deux derniers mois. Les patients dont le diabète est mal équilibré atteints de Covid semblent les plus concernés. De quoi s’agit-il exactement ?

Plus de 45 000 cas de mucormycoses ou "champignon noir" ont été rapportés en quelques semaines à peine en Inde. Provoquant la mort de plus de 4 200 personnes. Si le pays concentre 70% des cas publiés dans le monde, d’autres régions sont aussi touchées : le 24 juin dernier, des cas étaient ainsi signalés à Taïwan et en Argentine. Dans la plupart des cas, l’infection fongique est associée à une infection au SARS-CoV-2.

De quoi s’agit-il ? Les mucormycoses sont des infections fongiques contractées au contact de certains microrganismes fongiques rares se trouvant dans l’environnement (sol, fruits et légumes en décomposition…). Généralement ces champignons – qui ne sont pas noirs – ne provoquent aucun symptôme chez les personnes en bonne santé et présentant un système immunitaire fonctionnel. Plusieurs facteurs de risque exposent en revanche à une forme grave de l’infection : un diabète mal équilibré, un cancer, le VIH/Sida…

Lorsqu’elles se développent, ces infections touchent les sinus, les poumons, les yeux et le cerveau. "Les champignons s’en prennent aux vaisseaux sanguins", décrit Olivier Lortholary, le responsable adjoint du Centre national de référence des mycoses invasives et antifongiques, rattaché à l’Institut Pasteur interrogé par France Info. "L’infection entraîne des lésions nécrotiques invasives des cavités nasales et du palais, causant douleur, fièvre et écoulement nasal purulent", décrit le MSD Manuel. "Les symptômes du système nerveux central peuvent suivre. Les symptômes pulmonaires sont sévères et comprennent une toux productive, une fièvre élevée et une dyspnée."

Très agressive et au développement rapide, cette maladie peut présenter un taux de mortalité élevé, de près de 50%. Pour le moment en Inde ce taux s’élève à 10% environ. Le traitement repose sur l’administration précoce d’antifongique mais il est parfois nécessaire de réaliser l’ablation chirurgicale des tissus nécrosés, obligeant à enlever yeux, nez et mâchoire pour éviter que l’infection n’atteigne le cerveau.

Pourquoi les malades et ex-malades du Covid sont davantage touchés ? Désormais, le fait d’avoir contracté la Covid-19 semble constituer un nouveau facteur de risque même si l’OMS estime encore que "l’on ne sait pas à ce stade si ces infections sont dues à l’infection au SARS-CoV-2". Une hypothèse prédomine : l’association entre une infection à la Covid-19, un diabète déséquilibré et un traitement massif aux stéroïdes, présents dans les médicaments corticoïdes. Ces traitements, utilisés pour réduire l’inflammation pulmonaire due au SARS-CoV-2 inhibent le système immunitaire et le rendent plus vulnérable aux infections. "Cette épidémie de mucormycoses est probablement liée à la fois au traitement et au virus lui-même", estime Olivier Lortholary.

Destination Santé
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?