En été à Rodez, la Croix-Rouge maraude pour conserver le lien

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  • Une maraude très attendue.
    Une maraude très attendue.
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Initiées il y a trois ans, les maraudes estivales s’avèrent au final aussi essentielles que les tournées hivernales.

Comme le chantait Aznavour en son temps, "la misère semble moins pénible au soleil." Moins pénible, peut-être, mais toujours bien présente. C’est le constat sans appel de la Croix-Rouge aveyronnaise qui a décidé, en accord avec la préfecture et les acteurs sociaux ruthénois, de marauder aussi l’été. C’était il y a trois ans. Et l’initiative d’une maraude hebdomadaire menée à titre expérimental, est désormais pérenne, avec 3 maraudes programmées chaque semaine. Sébastien, coresponsable de la Croix-Rouge locale, rappelle que l’initiative est née d’une demande des sans-abri mais aussi des maraudeurs.

"En grande souffrance"

"Ces derniers ne comprenaient pas que tout s’arrête au printemps alors que les besoins des populations visées restaient pratiquement les mêmes en été comme en hiver. Nous coupions totalement le lien social alors qu’il avait été si difficile à tisser et que ces gens comptaient sur nous", explique celui qui partage les responsabilités au sein de l’antenne locale avec trois autres bénévoles (Alicia, David et Anne-Marie). En été, l’association touche un public un peu différent. "Il y a les routards de passage qui descendent vers le sud, indique Sébastien. Mais dans l’ensemble, nous rencontrons plus ou moins les mêmes personnes."

Il y a les SDF (sans domicile fixe) bien sûr, mais aussi des Ruthénois en grande précarité sociale et/ou financière. Soit, entre 10 et 15 personnes rencontrées à chaque maraude. "Des gens en grande souffrance, insiste le bénévole. Les maraudeurs sont souvent les seules personnes qu’elles côtoient et avec qui elles parlent. Elles comptent vraiment sur nous."

Depuis le début de l’été, trois fois par semaine – les lundis, les mercredis et les vendredis, à partir de 18 h 30 –, un équipage de la Croix-Rouge sillonne rues et places du chef-lieu de l’Aveyron. Il chemine selon un parcours bien établi (place Foch, Monteils, maison des associations, gare SNCF, jardin public, etc.), pour aller à la rencontre des personnes dans le besoin et tenter de les réconforter autour d’un café, ou d’une soupe.

"Cela peut parfois n’être qu’un besoin de parler", précise Sébastien. "On en profite pour leur distribuer le nécessaire : un kit d’hygiène, des masques et du gel, de l’eau, des compotes." Avec les trois autres coresponsables, Sébastien gère le planning de la soixantaine de bénévoles œuvrant pour l’antenne de la Croix-Rouge à Olemps. Des bénévoles motivés que le vice-président Sébastien (il a été nommé en avril dernier) aimerait bien voir plus nombreux. "Il y a tellement à faire qu’on ne sera jamais trop nombreux", conclut ce dernier en invitant, ceux qui seraient tentés par l’expérience, à postuler à la Croix-Rouge dès que possible.

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Rachid Benarab
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