Réemploi d’objets et création d’emplois à la Transformerie de Laissac

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  • Maëlle a été embauchée en juillet 2020 après avoir été bénévole.
    Maëlle a été embauchée en juillet 2020 après avoir été bénévole.
  • Le hangar de la Transformerie a une superfice de 400 m2.
    Le hangar de la Transformerie a une superfice de 400 m2.
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L’association a vu le jour en février 2018, à Laissac-Sévérac-l’église.

L’idée de départ de la Transformerie, qui, le mercredi matin et le samedi, accueille les visiteurs à Laissac-Sévérac-l’Église, est de faire circuler les objets. Entre ceux qui souhaitent se débarrasser d’encombrants encore utilisables et ceux qui viennent faire des affaires, il est ainsi possible d’éviter ce grand échec qu’est le dépôt à la déchetterie.

Février 2018, un groupe de copains, sensibles à l’environnement et témoins de ce qui était jeté en déchetteries en bon état, crée l’association afin de proposer une alternative locale aux personnes souhaitant faire du vide chez eux. Ainsi née La Transformerie. Ils proposent des trocs itinérants et organisent des journées de sensibilisation à la déchetterie qui donnent une visibilité à leur projet de recyclerie. Ils ont en tête de faire plus. Ils souhaitent redonner vie à des objets (vaisselle, mobilier, livres, vêtements, luminaires, électroménager,…) dont il manque si peu pour qu’ils soient à nouveau en état de marche.

Présidente de l’association, Maëlle fait une période de mise en situation en milieu professionnel, via Pôle emploi à la Recyclerie d’Olt Aubrac de Saint-Geniez-d’Olt. En dix jours, elle observe le fonctionnement qui lui permettra de vérifier la viabilité du projet.

Haut lieu de résistance écologique et sociale

Un an après la création de l’association, c’est l’ouverture du local au public, en avril 2019. Sensible au projet qui mêle protection de l’environnement et dimension sociale, le propriétaire de ce hangar de 400 m2 s’investit considérablement : accès à l’eau, porte aux normes de l’accueil des établissements recevant du public, rampe pour les personnes en situation de handicap…

Maëlle surprend en disant que 1,1 tonne de déchets, chaque semaine, ne va pas à la déchetterie. Additionnés par les bénévoles, ces chiffres donnent une idée de l’encombrant qui n’aura pas à être recyclé. Tous les objets y passent sauf les meubles qui ont été pré-pesés avant leur mise en rayon. La Transformerie est une alliée sur le plan local de la gestion des déchets mais elle présente également des vertus sociales. À une époque où 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, le prix des objets de première nécessité est très bas afin qu’ils leur soient accessibles.

En récupérant des objets destinés à être jetés, la recyclerie les valorise dans un objectif de réemploi et, en bout de course, elle apporte une réponse innovante à la création d’emplois dans le secteur de l’économie circulaire. Un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a établi que les principales méthodes de recyclage de la France que sont l’enfouissement, l’incinération ou la décharge à ciel ouvert ne créent en moyenne que 2 emplois pour 10 000 tonnes de déchets alors que ces moyens génèrent de la pollution. À l’inverse, le réemploi solidaire de ces objets trop vite perçus comme des déchets générerait 850 emplois en moyenne.

Des embauche au sein des bénévoles

En juillet 2020, Maëlle a été embauchée en CDI à temps complet. Après avoir été longtemps bénévole, Émilie est venue rejoindre l’équipe en CDI, trois jours par semaine, en juillet dernier. En recrutant parmi les bénévoles, le conseil d’administration était assuré d’un partage de valeurs communes et de la connaissance du fonctionnement du lieu. Un autre emploi a été créé, celui de Cédric, qui travaille 20 heures par semaine, 80 % des coûts de son salaire sont pris en charge par les pouvoirs publics dans le cadre d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi. Le volet social de la recyclerie commence ainsi à se faire jour, Maëlle n’aurait pas pensé être sollicitée sur un tel aspect. Lorsqu’elle n’est pas dans le local aux heures d’ouverture au public, elle a des tâches administratives, s’occupe de la communication, monte des meubles et des dossiers de subventions, range (beaucoup), démarche des partenaires, anime le réseau des bénévoles et se charge de la constitution du planning de l’équipe.

En février, les six membres du bureau écrivent les projets et dressent le budget prévisionnel pour l’année. En 2021, ils ont mis sur leur feuille de route l’isolation des murs de l’atelier construit dans un espace isolé du hangar pour favoriser l’échange de savoir-faire et le développement de la matériauthèque qui regroupe du matériel de récup’pour faire des loisirs créatifs. Si une recette hebdomadaire de la boutique ouverte un jour et demi par semaine couvre les charges fixes mensuelles, il faut compter sur le reste des ventes pour assurer le paiement des salariés, une balance fluctuante équilibrée par les subventions reçues chaque année des collectivités territoriales (mairie, communauté de communes, Département et le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports).

Le samedi matin, l’équipe reçoit beaucoup de dons, plus particulièrement au printemps et à l’automne. Le local de 400 m2 peine à absorber tous les dons. "On joue au Tetris régulièrement", assure Maëlle. Les bénévoles trient, nettoient, étiquettent les objets pour que ce qui arrive en don soit rapidement mis en rayon.

Afin de fluidifier le travail entre les 34 bénévoles, l’esprit pratique est à l’œuvre, les objets qui leur sont utiles trouvent leur place dans des bacs étiquetés.

La Transformerie prend soin de ses bénévoles sans qui rien ne serait possible, une charte affichée les invite à faire à leur rythme les diverses tâches qui leur sont confiées.

Des articles remis à des associations caritatives

Les articles qui ne sont pas mis en vente sont démantelés pour les envoyer dans les filières de valorisation adéquate. Les matières premières sont collectées dans des bacs dédiés afin de faciliter leur recyclage. Fer, étain et autres métaux seront remis aux ferrailleurs. Au bout d’un certain temps laissé à la libre interprétation de l’équipe, le matériel de puériculture et les peluches qui ne trouvent pas preneurs reviennent à l’association Aide Afrique Aveyron. Même principe pour les ordinateurs, imprimantes et autres matériels informatiques qui sont transmis à l’association Rack d’Onet-Le Château.

Encore des déchets qui seront sauvés et seront reconditionnés et ainsi accessibles aux associations et aux particuliers sur critères sociaux.

Deux ateliers électronique et menuiserie

La Transformerie est également un lieu de brassage social, ne serait-ce qu’entre les 34 bénévoles qui se relaient par roulement mais aussi dans l’espace détente où les personnes âgées viennent humer l’air ambiant. Bientôt, les usagers pourront participer une fois par mois à l’atelier de réparation pour donner eux-mêmes une seconde vie à leur objet. Un poste électronique et un poste menuiserie ont été aménagés dans un espace isolé de la boutique, participant ainsi à la sauvegarde des savoirs manuels.

À la création de l’association, un des objectifs était de pouvoir transformer les objets usagés pour leur donner une nouvelle esthétique (ou fonction), d’où le nom de "Transformerie". Avec tout ce qui a été accompli, emplois créés, baisse de la quantité de déchets pesant sur la collectivité et sensibilisation du public pour adopter de nouveaux gestes au quotidien, il y a de quoi être fier d’avoir tant de ressources pour changer les choses à l’échelle locale.

Sans les bénévoles, pas de recyclerie

La Transformerie, rue des Colombiès, 12310 Laissac-Sévérac-l’Église. Horaires d’ouverture de la boutique éco-solidaire et pour les dépôts : mercredi de 9 h 30 à 12 heures, samedi de 9 h 30 à 12 heures, et de 13 h 30 à 17 heures. Fête de la récup, dimanche 17 octobre : troc, exposition du concours d’up-cycling, vente aux enchères décalée et animée, et autres animations sur le thème de l’environnement. Vous pouvez venir donner le samedi : meubles, objets de décorations, livres, jeux, électroménager, appareils électroniques…, mais pas de vêtements.

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Les commentaires (1)
Aquoibon Il y a 3 mois Le 15/08/2021 à 18:44

Comme tous ces lieux de deuxième vie, il faut chiner,fouiller, ça vaut le coup ! Il y a de tout et les prix sont très attractifs