Rodez : le groupe CLC innove dans la pédagogie numérique

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  • Émilie Maillé est à l’origine de l’idée, qui a été testée au mois de juin à Saint-Joseph, à Rodez.
    Émilie Maillé est à l’origine de l’idée, qui a été testée au mois de juin à Saint-Joseph, à Rodez.
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Le groupe ruthénois spécialisé dans l’apprentissage linguistique a développé une nouvelle solution pour les établissements scolaires. Elle propose aux élèves de développer un jeu vidéo pédagogique permettant d’acquérir des notions dans différentes matières. Testée à Rodez au printemps, la solution va maintenant être commercialisée à l’échelle nationale.

Visiter Londres et apprendre bien plus que l’anglais. Les jeunes de collège ou de lycée ont, depuis deux ans, dû renoncer aux voyages scolaires à cause de la crise sanitaire. Et personne ne sait vraiment quand cela pourra reprendre. Mais le groupe ruthénois Go & Live dont fait notamment partie le spécialiste du séjour linguistique ruthénois CLC, ne veut pas se laisser abattre. L’entreprise est en train de se lancer dans un grand projet transversal qui n’a pas vocation à remplacer les séjours linguistiques, mais qui pourrait devenir, dans les prochaines années, une nouvelle branche d’activité majeure.

À l’été 2020, Émilie Maillé, qui s’occupe de Keep School, la branche du groupe spécialisée dans formation professionnelle, se voit proposer un logiciel permettant de développer des jeux vidéo pédagogiques. Intéressée par la chose et ancienne enseignante, elle a alors une idée complètement innovante : "Proposer à des établissements scolaires un projet fun, collectif et collaboratif pour leurs élèves, détaille la responsable. Un projet qui à la fois leur permette de développer leurs compétences numériques, ce qui est une des grandes priorités voulue par l’Éducation nationale afin de détecter et former les talents, tout en ayant la possibilité de faire un travail transversal à la fois sur différentes matières, et qui peut aussi concerner l’ensemble des classes d’un établissement."

Un voyage dans Londres comme prétexte

Concrètement, il s’agit de proposer aux établissements intéressés un projet pédagogique qui permette la création d’un jeu vidéo pédagogique. CLC (qui porte le projet pour le moment), a donc construit une base de jeu, sur un scénario forcément relié à l’apprentissage de l’anglais, son cœur de métier. Concrètement, c’est l’histoire d’une classe qui est en voyage scolaire à Londres et qui va visiter la ville. Ensuite, ce sont les classes qui vont devoir enrichir ce scénario en ajoutant des scènes intégrant les notions pédagogiques voulues par leurs enseignants. Par exemple, un professeur d’anglais peut profiter de l’horloge de Big Ben pour travailler sur l’heure, un enseignant de mathématique introduire des notions de trigonométrie via une histoire autour de la grande roue de Londres… "On laisse l’entière liberté pédagogique aux professeurs, reprend Émilie Maillé. On est là pour les accompagner techniquement et sur la créativité s’il y en a besoin."

Les élèves aussi ont leur mot à dire dans la création de ce jeu, qui fait un beau projet collectif qu’ils peuvent ensuite partager avec leurs familles. Si on ne leur demande pas de faire du codage informatique, pas forcément adapté pour les plus jeunes qui n’ont pas encore une bonne prise en main de l’outil information, ils sont sollicités sur les scénarios à inventer, évidemment et les notions pédagogiques à ajouter. La création d’un exercice de mathématique sur la grande roue de London Eye, par exemple, permet à leur professeur de s’assurer qu’ils maîtrisent bien la notion à intégrer au jeu. "Ils se familiarisent également avec la pensée algorithmique, reprend la responsable. Ils doivent penser le jeu dans son ensemble et une décision en début de jeu peut avoir des conséquences plus tard. Ils doivent faire appel à leur logique."

Déployer l’outil à l’échelle nationale

La méthode pédagogique est innovante. C’est d’ailleurs une première en France. Elle a été testée, en fin d’année, avec plusieurs classes du collège Saint-Joseph, à Rodez. Les élèves ont réussi à créer un jeu d’une heure intégrant beaucoup de notions qu’ils ont apprises pendant l’année. Maintenant, CLC compte bien déployer son outil à l’échelle nationale. Pour cela, il reste un immense travail à faire qui est de l’ordre du commercial. En effet, pour le moment, il n’y a pas d’autres options que démarcher les établissements en direct. Mais l’entreprise ruthénoise espère pouvoir rapidement échanger avec le ministère de l’Éducation nationale. Son projet, une première en France, colle parfaitement aux ambitions du gouvernement en matière de développement des élèves sur les compétences pédagogiques numériques, avec le lancement, en 2018, de la certification Pix au collège, qui a remplacé l’ancien B2I. CLC croit dur comme fer que son projet, nommé E-mersium sera l’outil de demain pour les professeurs.

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RICHAUD Guilhem
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