La "liste rouge" des espèces menacées mise à jour : "une crise majeure" probable

  • L'UICN publie samedi à l'occasion de son congrès mondial à Marseille sa très attendue "Liste rouge des espèces menacées."
    L'UICN publie samedi à l'occasion de son congrès mondial à Marseille sa très attendue "Liste rouge des espèces menacées." AFP - NICOLAS TUCAT
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L'UICN a publié ce samedi à l'occasion de son congrès mondial à Marseille sa très attendue "Liste rouge des espèces menacées", baromètre de la destruction de notre environnement, qui est pour la première fois accompagnée d'une "Liste verte", recensant les succès en matière de conservation.
 

Depuis 1964, les experts de l'Union Internationale de Conservation de la Nature publient ce recensement, classant espèce par espèce sur une échelle de neuf catégories (de celles qui ne suscitent pas d'inquiétude à un définitif "éteinte") des dizaines de milliers d'animaux, plantes et organismes vivants.

Les experts de l'organisation ont, au fil des ans, évalué et réévalué près de 135.000 espèces, dont près de 28% sont aujourd'hui considérées comme menacées.

Les dragons de Komodo sont "en danger" à cause du changement climatique et près de 37 % des espèces de requins à cause de la surpêche. L'activité humaine apparaît alors comme la principale cause de menace. 

"Les tendances montrent que nous sommes de 100 à 1.000 fois au-dessus des taux normaux d'extinction. (...) Si l'augmentation se poursuivait à ce rythme, nous serons bientôt confrontés à une crise majeure", explique à l'AFP Craig Hilton-Taylor, patron du département qui gère la Liste rouge à l'UICN.

La dévastation de la nature par l'Homme, qui réduit drastiquement les habitats de la faune sauvage, ainsi que la surexploitation de certaines espèces, la chasse, la pêche et les trafics ont mis à mal le vivant. Mais scientifiques et experts de la faune et de la flore s'inquiètent de plus en plus des effets du réchauffement climatique.

Des changements de catégorie ont déjà été expliqués en partie par la crise du climat, qui peut affecter directement les conditions de vie de certaines espèces, voire leur biologie même, par exemple les cycles de reproduction.

Le passage d'une catégorie à l'autre peut avoir d'importantes conséquences pour une espèce, en termes d'incitation à durcir ou assouplir une législation, mais aussi de visibilité ou de financements.

Lobbying en force

"Il y a beaucoup de lobbying" autour des révisions de la liste, reconnaît d'ailleurs Craig Hilton-Taylor. Et plutôt dans le sens d'éviter à certaines espèces emblématiques le passage dans une catégorie moins menacée.

"Il y a beaucoup d'inquiétudes que si une espèce descend d'une catégorie, les investissements s'arrêteront. C'est là que le statut vert va aider", explique le responsable.

Ce statut vert, ou liste verte, sur lequel l'UICN travaille depuis presque une dizaine d'années, va être attribué officiellement pour la première fois lors du congrès de Marseille. Il vise à labelliser les succès des programmes de conservation d'espèce menés dans des aires protégées notamment.

Il prend en compte des critères de gouvernance et de planification et bien sûr les résultats obtenus.

L'objectif, selon le patron de la "Liste rouge", c'est de pouvoir "mesurer que vos efforts sont couronnés de succès": "Si nous n'avions rien fait, où en serait cette espèce? Et si nous arrêtions tous nos efforts maintenant, que se passerait-il pour elle?".

Le thon, c'est bon

Toutefois, les auteurs notent une amélioration de la situation de plusieurs espèces de thon grâce à l’imposition de quotas de pêche. Le thon rouge de l’Atlantique a même effectué un redressement spectaculaire, passant directement de « en danger » à « préoccupation mineure », trois catégories en dessous. 

La liste verte également dévoilée compte pour l'instant 181 espèces comme autant de succès en matière de conservation et de régénération.

L. R., avec Relaxnews
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