Parc naturel régional de l'Aubrac : "Pour les stations, l’avenir est plus rose"

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  • Malgré la lenteur administrative et politique, Arnaud David se félicite de la charte adoptée à l’unanimité. Malgré la lenteur administrative et politique, Arnaud David se félicite de la charte adoptée à l’unanimité.
    Malgré la lenteur administrative et politique, Arnaud David se félicite de la charte adoptée à l’unanimité.
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Premier directeur du parc, Arnaud David a quitté ses fonctions le 31 août en Aveyron. Retour avec lui sur sa décennie sur l’Aubrac.

Est-ce que ce départ était prévu ?

Non, j’ai 50 ans et je me donnais encore 4-5 ans sur le territoire pour mettre en place la Maison du Parc sur les rails et remettre en place une équipe car il y a eu quelques départs mais j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’équipe du parc national des Pyrénées, cela ne se refuse pas. C’est un endroit qui me tient aussi à cœur, où j’ai la maison de mon enfance.

Connaissez-vous votre successeur ?

Des auditions ont lieu pour une installation début novembre.

Votre homologue du parc naturel régional des Grands Causses quitte aussi ses fonctions. Est-il envisagé une direction commune ?

Non. Nous travaillons en commun pour mutualiser sur certains dossiers mais il faut une présence locale. Ce n’est pas souhaitable pour fonctionner. Nous allons recruter un directeur ou directrice adjoint(e) car on est la plus petite équipe de parc en France avec dix-neuf équivalents temps plein. Il nous faut être plus proche du terrain et plus présent aux réunions organisées sur trois départements et deux régions.

Quel regard portez-vous sur votre décennie sur l’Aubrac ?

Je pense d’abord à la réalisation du parc (labellisé en mai 2018, NDLR), ce n’était pas gagné d’avance. En 2011, nous avions 50 % de chance que cela se fasse. André Valadier (ex-premier président du parc, NDLR) a facilité le projet mais il fallait avancer. Je suis fier aussi de la charte adoptée à l’unanimité et la chance que j’ai eue de travailler avec des hommes et des femmes exceptionnelles. Tout cela demande du temps, on a toujours un peu d’impatience mais cela commence à se voir à travers la mobilité, le tourisme ou encore l’énergie.

Avez-vous des regrets ?

J’ai un regret pour Espalion, de ne pas avoir fait comprendre l’intérêt du parc mais il ne faut pas forcer les gens, et on peut espérer une adhésion lors du renouvellement de la charte, avec le temps. C’est dommage de ne pas travailler davantage avec la communauté de communes des Causses à l’Aubrac (son président Christian Naudan, maire de Ste-Eulalie-d’Olt, Plus Beau Village de France n’est pas adhérent au parc, NDLR) car la vallée et le plateau se complètent.

Où en sont les problématiques du loup et du vautour ?

Chaque territoire est différent, il n’y a pas de réponse unique, de solution miracle. Je ne veux pas botter en touche mais cela n’est pas du ressort du parc car nous sommes sous la tutelle de l’État. Il y a aussi la problématique des campagnols au niveau économique et sanitaire. Nous avons mis en place un conseil scientifique dirigé par Murielle Vabret, élue et vétérinaire à Argences-en-Aubrac. Tester, expérimenter, tel est le but du parc naturel régional.

Quid des stations de l’Aubrac aux quatre saisons ?

Un nouveau syndicat a vu le jour pour porter les cinq stations et être complémentaires. Sans parler de la reprise du Royal Aubrac, l’avenir est plus rose aujourd’hui. On sait ce qu’il faut faire, reste à le mettre en place. Cela va permettre de rajeunir les stations avec des activités comme le quad bike, le vélo électrique, le trail, c’est bien parti.

Quels seront les dossiers brûlants à gérer par votre successeur ?

La réhabilitation de la Maison du parc car elle sera la vitrine du territoire. Cela implique la Maison de l’Aubrac qui a déjà vingt ans et nécessite de renouveler la scénographie. Trois équipes travaillent au concours d’architecte, le choix sera connu le 12 octobre.

Quelle image garderez-vous de l’Aubrac ?

J’aime voir les narcisses au printemps mais je suis solitaire alors c’est l’Aubrac en hiver, le vent qui s’engouffre sous les toitures, la bourrasque. C’est un moment d’apaisement qui permet de repartir. On se sent petit face aux éléments, cela recentre.

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Propos recueillis par Olivier Courtil
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