Sébastien Poillot : itinéraire d’un homme pressé

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  • Sébastien Poillot : "Je suis un éternel optimiste. Toujours positif"  	DR Sébastien Poillot : "Je suis un éternel optimiste. Toujours positif"  	DR
    Sébastien Poillot : "Je suis un éternel optimiste. Toujours positif" DR
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Après déjà "plusieurs vies", Sébastien Poillot, quadra dynamique originaire de Soulages-Bonneval, gère aujourd’hui à Vincennes le plus gros fonds locatif privé de France. Leader incontesté du marché, le cabinet Poillot s’est installé dans les anciens locaux du café familial. Un clin d’œil à l’histoire ; un attachement "immodéré aux racines" que nous raconte cet éternel optimiste.

Il est de ceux que rien n’arrête. Qui empile les rencontres et les expériences avec maestria. Originaire de Soulages-Bonneval, le virevoltant Sébastien Poillot est aujourd’hui à la tête du Cabinet du même nom, qui ne gère rien de moins que le plus grand fonds locatif privé de France. Rien ne destinait pourtant cet héritier de la restauration parisienne à embrasser pareille carrière.

"Je suis un autodidacte pur. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. Et j’ai aussi eu pas mal de chance" résume cet éternel optimiste qui depuis tout jeune a toujours fonctionné aux défis. Avant de retrouver la capitale, Vincennes en particulier, et un "brin de sérénité", Sébastien a d’abord fait du monde son terrain de jeu. À New York, au Canada ou en Australie, il enchaîne les expériences professionnelles.

"Mais j’ai dû rentrer en France pour faire mon service militaire. Chose qu’à la différence de l’armée, j’avais totalement oubliée". Après un an chez les pompiers de Paris, le voilà rendu à la vie civile. Direction cette fois le monde de la nuit. "Pendant quatre ans, j’ai été directeur artistique à l’Enfer, haut lieu des nuits parisiennes, et au Queen." Pas vraiment l’idée d’un retour au calme. Mais un événement va précipiter les choses. "À l’Enfer, mon patron, Francis Imbard, a pris deux balles dans la tête. J’ai compris que je n’étais pas de ce monde-là."

L’atavisme prend le dessus. La bistronomie des Aveyronnais de Paris lui tend une nouvelle fois les bras. "J’ai toujours été de ce milieu. J’ai été élevé Au bon vivant, la brasserie tenue par mon oncle, mon grand-père et son père avant lui."

"Autodidacte pur"

Il y a aussi son oncle, directeur de la Brasserie Lipp qui "a connu tout le showbiz des années 60, 70, 80". Sa cousine Emmanuelle Brouzes, qui fait les belles heures du restaurant l’Aubrac à Laguiole… Bref, une lignée de restaurateurs qu’il aurait pu rejoindre.

Mais là encore, une rencontre, et ce goût immodéré pour les challenges, va tout faire basculer. "On m’a proposé un poste à la CaixaBank. Je n’avais aucune qualification particulière mais j’ai me suis dit ‘allez : on y va !’ J’ai ensuite convenu avec le directeur de travailler quatre mois sans salaire avant de refaire le point."

Deux ans plus tard, il occupera le poste de directeur commercial France de l’établissement… "Le responsable m’a pris sous son aile, en mode paternaliste. J’avais tout à apprendre, j’ai dû faire mes preuves en travaillant trois fois plus que les autres."

Il rejoindra ensuite la banque Barclays puis le cabinet Comte, premier cabinet privé de gestion immobilière de Paris. Toujours en mouvement, Sébastien s’installe à son compte en 1998, date de naissance du Cabinet Poillot.

"Aujourd’hui, je gère le plus grand parc locatif privé à l’échelon national. En moyenne, 7 locations par jour : colossal" reconnaît l’entrepreneur qui a entraîné sa femme, son frère et de six autres collaborateurs, "dans cette aventure un peu folle".

Attaché à ses racines, il aménage son agence au 82 Rue de Fontenay, à Vincennes. Là où son arrière-grand-père s’était lancé en 1850, en ouvrant le café "Au bon vivant".

"C’est assez atypique, je le reconnais. Il y a encore ici des objets qui appartenaient à mes arrière-grands parents, le bar, la caisse… Mais c’était important de faire vivre cet endroit. C’est là où grandi, écouté, travaillé. Là où j’ai tout appris. Pour rendre hommage à Belmondo, et pour ceux qui connaissent le film Itinéraire d’un enfant gâté, c’est là que j’ai appris à dire bonjour. Comme je le dis souvent, ce bistrot a été ma meilleure école de commerce."

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Aurélien Delbouis
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