Une plateforme téléphonique pour aider les victimes d'inceste

  • Chaque année en France, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles.
    Chaque année en France, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles. Repro CPA
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Parler pour se libérer et protéger les enfants. Ce mardi 21 septembre, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) lance une plateforme d’écoute téléphonique pour inciter les victimes d’inceste à témoigner.

«  J’avais sept ans, il en avait 63. C’était mon grand-père. Aujourd’hui je témoigne pour moi, mais aussi pour protéger les enfants des violences sexuelles ». La chanteuse Mai Lan, comme l’animatrice de télévision Flavie Flament ou le rugbyman Sébastien Boueilh, appellent les victimes à témoigner dans une campagne de communication pour faire connaître cette ligne téléphonique mise en service ce marid 21 septembre. La ligne 0805 802 804 sera ouverte entre 10h et 19h. 

Les victimes trouveront aussi les modalités pour témoigner par écrit sur le site internet de la Ciivise (https ://www.ciivise.fr/), Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, sous l’égide du secrétariat d’Etat chargé de l’Enfance, ou demander à être reçues par elle.

14,5 % des femmes et 4 % des hommes ont subi des violences sexuelles

Selon l’enquête nationale Virage de 2015, 14,5 % des femmes et 4 % des hommes ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Plus de la moitié des femmes et deux tiers des hommes ont subi ces violences avant 18 ans.

En appelant ce numéro dédié, les victimes «  seront entendues par des écoutants expérimentés, en mesure de décrypter les mécanismes des violences sexuelles et la stratégie de l’agresseur, qui connaissent l’impact traumatique qu’elles ont. Des écoutants qui pourront les orienter si elles ont besoin d’une aide, psychologique, sociale ou juridique », explique à l’AFP Edouard Durand, coprésident de la Ciivise.

« L’écoutant aura la capacité d’évaluer l’état émotionnel de la personne qui témoigne, car c’est un moment important, même si les faits ont eu lieu il y a 40 ou 50 ans », ajoute M. Durand, juge des enfants pendant 17 ans.

«  Il est possible aujourd’hui de soigner le psychotraumatisme, avec des soins spécialisés, au lieu d’en traiter les symptômes toute la vie. Des victimes disent que cela a changé leur vie », précise-t-il.

Les victimes se verront en outre proposer de remplir un questionnaire élaboré avec des chercheurs pour documenter les mécanismes des violences sexuelles, leur impact y compris à l’âge adulte, et les réponses sociales et judiciaires qui ont été données. Tout cela nourrira le travail de la Ciivise qui préconisera à l’horizon 2023 une politique publique pour répondre aux besoins des victimes.

Evolution de la loi sur l'inceste

En avril 2021, alors que l'inceste fait l'objet de nombreux débats au sein de l'opinion publique, une nouvelle loi, la loi du 21 avril 2021, a été promulguée pour mieux protéger les enfants. Elle stipule qu'« aucun adulte ne peut se prévaloir du consentement sexuel d'un enfant s'il a moins de 15 ans, ou moins de 18 ans en cas d'inceste. D'autres dispositions complètent le texte (sextorsion, prostitution des enfants...) ».
Sur amendement du gouvernement, quatre nouvelles infractions ont donc été créées dans le code pénal pour punir les actes sexuels sur les enfants : le crime de viol sur mineur de moins de 15 ans, puni de 20 ans de réclusion criminelle ; le crime de viol incestueux sur mineur (de moins de 18 ans), puni de 20 ans de réclusion criminelle ; le délit d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, puni de 10 ans de prison et de 150 000 euros d'amende ; le délit d'agression sexuelle incestueuse sur mineur (de moins de 18 ans), puni de 10 ans de prison et de 150 000 euros d'amende.

(Source : vie-publique.fr)

 

Centre Presse Aveyron
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