Les nouvelles règles vues d’Aveyron

  • L’arbitre licencié à Rodez, Adrien Maset.
    L’arbitre licencié à Rodez, Adrien Maset. Repro CP
Publié le , mis à jour

La société évolue, le rugby n’y coupe pas. Cette saison, cinq nouvelles règles font leur apparition dans un monde où l’on ne voit pas toujours le changement comme une révolution. Pourtant, il faudra s’y habituer, des tribunes d’Honneur aux gradins populaires, il va falloir tenir sa langue, ses sifflets où autres quolibets envers un arbitre qui va appliquer ce nouveau règlement coûte que coûte.

Si on ne va pas décortiquer toutes les nouveautés, une fait plus parler d’elle que les autres, le 50 : 22. Cette règle se veut tournée vers l’offensive avec un avantage certain à la formation qui attaque, puisque si un de ses joueurs tape de son camp dans les 22 mètres adverses indirectement, il bénéficie de la touche.

Autre point de règlement qui va apporter son lot de commentaires autour des mains courantes, le renvoi de l’en-but. Il se fera en drop et devra dépasser la ligne des cinq mètres. Cette situation sera appliquée lorsqu’un joueur attaquant entrera dans l’en-but, sans parvenir à aplatir, s’il commet un en-avant dans ce même en-but, ou encore lorsqu’un joueur aplatit dans son camp après un coup de pied offensif.

Les premières applications de ces règlements montrent qu’il n’y a pas de changement tactique radical. Mais elles n’empêchent pas de faire causer, y compris les acteurs locaux. "En ce qui concerne la règle 50 : 22, cela demande de prendre des automatismes, il va falloir être vigilant pour analyser si le ballon est dans les 50 mètres, prévient Adrien Maset, arbitre licencié au club de Rodez, qui officie sur les pelouses de Fédérale 2 à Pro D2. Concernant le renvoi sur la ligne d’en-but, toutes les phases de jeu ne sont pas concernées. Là également, il va falloir être concentré et bien analyser. Au niveau amateur, il me semble que cela ne va pas engendrer de gros changements. Mais dans tous les cas, je suis pour le changement quand il est bon et justifié."

Du côté des joueurs aussi, l’adaptation est en cours. "Pour être honnête, je n’ai pas encore ancré cette nouvelle règle dans ma tête, reconnaît Jérôme Accorsi, le plus expérimenté des buteurs et ouvreurs aveyronnais. Pour l’instant, ce n’est pas naturel, cela dit, je ne doute pas que cela viendra. On verra certainement plus de renvois d’en-but que de touches avec avantage à l’attaque dans les 22 mètres, je pense. Dans le jeu aux pieds, à mon sens, tu peux toujours prendre le temps. Mais si tu ne trouves pas la touche, il y a fort à parier que derrière, sur la relance, tu vas prendre la pression et certainement des pénalités." Au niveau des conséquences sur le jeu, il estime que "les formations amateurs ont plus intérêt à garder le ballon et jouer afin de s’offrir le décalage qui sera inhérent de la position des ailiers qui devront reculer, laissant ainsi des espaces". Concernant le renvoi de la ligne d’en-but, "on va avoir de bonnes positions de drops, se délecte-t-il. D’autant qu’on aura le temps de l’ajuster avant de voir le premier défenseur sur nous !"

Même son de cloche, chez les entraîneurs et notamment Anthony Julian. Il reconnaît "y avoir réfléchi" mais reste mesuré sur les conséquences dans le jeu. "Tout dépendra de l’attitude de la défense, si les équipes continuent de défendre à plat, il y aura des bons coups à jouer au pied, ajoute-t-il. Maintenant, il va falloir que cela rentre dans les têtes et la panoplie du joueur de rugby amateur. Les autres règles ne vont pas avoir trop d’impact, en ce qui me concerne, car ce sont des gestes que je demandais déjà aux joueurs, les années précédentes."

Ces commentaires peuvent laisser penser qu’il y aura plus de mouvements dans les catégories Fédérale ou Régionale. Mais au final, tout le monde reste encore circonspect. Comme on dit Outre-Manche, "wait and see"…

ph.c.
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