Aveyron : trois ans de prison pour avoir convoyé plus de 600 kilos de cannabis

  • Les douaniers millavois ont intercepté le camion mercredi 29 septembre.
    Les douaniers millavois ont intercepté le camion mercredi 29 septembre. -
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Les deux chauffeurs avaient été interpellés par les douaniers millavois, fin septembre.

Les deux chauffeurs, un Polonais âgé de 40 ans et un Espagnol âgé de 37 ans, avaient demandé un délai pour préparer leur défense, lors de leur première comparution, début octobre. Ce lundi 18 octobre, les juges du tribunal de Rodez ont pu rendre leur décision : trois ans de prison, dont un an avec sursis, assortis d'une interdiction du territoire de cinq ans. Ils sont maintenus en détention. 

Ils avaient interpellé mercredi 29 septembre par les douaniers millavois en possession de 606 kilos de cannabis, pour une valeur de 1,2 million d'euros. La cargaison était grossièrement dissimulée dans le plafond de la remorque de leur camion. 

" Anormalement vide "

Lors de l'audience de ce lundi 18 octobre, les juges ont pu interroger les deux chauffeurs, au casier judiciaire vierge, sur plusieurs points : les raisons du transport de cette cargaison "anormalement vide" avec seulement quelques palettes de capsules vides destinées aux machines automatiques à café et donc " qui ne représente aucun intérêt économique " ; sur les sept téléphones portables retrouvés à l'intérieur du camion ou encore sur les dettes de l'un des chauffeurs. 

Ces derniers ont volontiers répondu aux questions des juges. Tout en martelant qu'ils ne connaissaient pas la nature de leur transport, ni son origine. Ils ont expliqué aux enquêteurs traverser la France depuis l'Espagne pour rejoindre la Belgique. Arrivés à destination, ils avaient pour mission de laisser la remorque sur place et de repartir. " Cela ne vous a pas interrogé ?  ", s'étonne la juge, Emeline Gardes.

La magistrate a également insisté sur les doutes confiés aux enquêteurs de la part du chauffeur espagnol sur les liens que pourrait avoir l'entreprise de transport avec le trafic de drogue. Sans vraiment la répondre à la question, celui-ci a préféré expliquer qu'il n'était pas au courant de la drogue dissimulée dans le plafond.

Présomption de culpabilité

Pour la représentante du ministère public, Esther Paillette, ces déclarations sont de nature à " s'interroger sur la connaissance des chauffeurs de la présence de cette drogue. Ils avaient une grande expérience, près de 15 ans dans le transport. Les commanditaires ne pouvaient confier une telle quantité à des hommes en qui ils n'avaient pas confiance ". Et la procureur de la République de réclamer six ans de prison, leur maintien en détention et une interdiction du territoire de dix ans. 

Mais pour les avocates des deux prévenus, ce dossier " n'est pas si simple. Dans ce genre d'affaire, la présomption de culpabilité est palpable ". " Certaines investigations manquent, poursuit Me Elsa Cazor. On aurait dû vérifier les comptes bancaires, voir s'il y a eu enrichissement ou encore interroger le transporteur"

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