Aveyron : les transporteurs unis pour former la future main-d’œuvre

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  • Frédéric Domenge, est le secrétaire général de l’Union départementale des transporteurs routiers de l’Aveyron.
    Frédéric Domenge, est le secrétaire général de l’Union départementale des transporteurs routiers de l’Aveyron. A.A.
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S’il est un secteur d’activité qui ne connaît pas la crise c’est bien celui du transport de marchandises. Selon la Fédération nationale du transport routier (FNTR), 89 % du transport de toutes les marchandises confondues s’effectue par voie routière. Cela représente un chiffre d’affaires de 43 milliards d’euros hors taxe pour ce secteur qui emploie plus 400 000 salariés. Pour répondre au besoin de main-d’œuvre des entreprises aveyronnaises, l’Union départementale des transporteurs routiers de l’Aveyron (UDTR12) a pris les choses en main. Entretien avec son secrétaire général, Frédéric Domenge.

Pourquoi vous êtes-vous lancés dans la formation ?

En septembre 2020, nous avons pris l’initiative d’ouvrir un centre de formation des apprentis (CFA) aux métiers du transport. Nous nous sommes associés à deux partenaires : l’Aftral au niveau national (premier intervenant de l’Hexagone sur le marché de la formation initiale et continue en transport, logistique et sécurité, NDLR) et le CFCNA (Centre de formation des conducteurs du Nord-Aveyron) au niveau local. Les cours pratiques se déroulent au CFCNA et les cours théoriques dans les locaux neufs d’une superficie de 420 m² dans la zone d’Arsac à Sainte-Radegonde où nous avons déménagé en novembre 2020 après avoir passé plusieurs années dans la zone d’activités de Cantaranne à Onet-le-Château.

Quels cursus proposez-vous ?

Nous avons commencé avec un CAP de conduite routière. Diplôme qui peut être obtenu en deux ans pour les jeunes qui ont un niveau 3e et n’ont pas le permis voiture ou en un an pour les majeurs qui ont un niveau V (CAP/BEP) ou plus et sont titulaires du permis B. Cette formation en apprentissage peut être suivie par des personnes âgées de 14 à 30 ans, excepté les travailleurs handicapés pour lesquels il n’y a pas de limite d’âge.

Combien d’élèves sont inscrits sur ce CAP ?

En septembre 2020, 10 personnes se sont inscrites sur le cursus en deux ans. Cette année, il y en a eu 16. Et sur la formation en un an, nous avons 42 apprentis cette année. Cela représente 68 élèves sur l’ensemble du CFA. La majorité sont Aveyronnais, mais nous avons aussi quelques Lozériens. Des formations identiques existent dans le Tarn, le Tarn-et-Garonne et l’Hérault. En revanche, le cursus en deux ans n’est proposé que dans trois villes d’Occitanie : Rodez, Toulouse et Montpellier.

Allez-vous étoffer votre catalogue de formations pour la rentrée 2022 ?

Oui, nous avons plusieurs projets. Une section bac pro logistique en deux ans dans laquelle nous pourrons accueillir 20 élèves. L’objectif est de former du personnel capable de travailler sur les logiciels de traitement de commandes et de stocks, mais aussi de faire de la manutention sur les quais. Nous avons déjà 28 demandes d’entreprises pour cette formation. Nous travaillons également sur un bac + 2 Go TRM en un an pour une promotion de 16 élèves. C’est un titre professionnel délivré par le ministère du Travail et non l’Éducation nationale comme nos autres diplômes. Là, il s’agit de former ce que l’on appelle des exploitants, des personnes qui organisent le transport en mettant en adéquation la logistique et les moyens humains.

La demande est forte sur ce métier-là aussi ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avant on avait un exploitant pour 30 camions, aujourd’hui c’est un pour 15. Le marché a évolué ces dernières années avec le développement du e-commerce et cela s’est accéléré ces derniers mois avec la crise sanitaire et les confinements. Les gens consomment différemment. Le modèle d’avant c’était trois palettes à livrer dans un magasin de jouet ; le camion partait d’un point A à un point B. Maintenant, c’est quatre palettes et de nombreuses livraisons en points relais ou directement à domicile. Le nombre conséquent de points de dépose génère plus de travail administratif en amont, il faut donc plus de personnel dans les bureaux. Avec ce bac+ 2 Go TRM, nous allons former des gens spécialisés qui ne feront que ça.

Le transport aveyronnais en chiffres

170. C’est le nombre de sociétés de transport routier en Aveyron. Un chiffre en augmentation ces dernières années.
1 700. C’est le nombre de personnes salariées de ces entreprises aveyronnaises spécialisées dans le transport de marchandises. Les postes de chauffeurs et de logisticiens sont particulièrement recherchés.
500. C’est le nombre de personnes (apprentis, demandeurs d’emploi qui passent des titres professionnels, salariés qui viennent en formation continue) accueillies chaque année au centre de formation aux métiers du transport de Rodez.

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Propos recueillis par Anaïs Arnal
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