Villefranche-de-Rouergue : le voisin n'était pas digne de confiance

  • Une affaire jugée ce mercredi à Rodez
    Une affaire jugée ce mercredi à Rodez Archives Centre Presse - José A. Torres
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Il s'est approprié la carte bancaire d'une voisine, a vendu des meubles appartenant au propriétaire de son appartement, en a fait de même avec le vélo confié par un voisin... Ce trentenaire de passage à Villefranche-de-Rouergue a été condamné à un an de prison avec sursis pour abus de confiance. 

On n'aura pas sa version des faits, il ne s'est pas présenté à l'audience du tribunal correctionnel ce mercredi 27 octobre. Mais il a reconnu au cours de ses auditions tout ce qu'on pouvait lui reprocher. Des petits préjudices que son voisinage a subis, le propriétaire de son meublé également mais qui, mis bout à bout, ont entraîné de lourdes conséquences pour ses victimes, comme l'a relevé dans ses réquisitions Mathilde Jayais, substitut du procureur. 

Le prix du service

Tout se passe entre février et mars 2019 à Villefranche-de-Rouergue. Sa première victime est sa voisine qui lui demande comme un service, d'aller lui acheter du tabac chez le buraliste du quartier. Et lui donne sa carte bancaire, dont il utilisera l'option "sans contact". Il revient avec le tabac, mais prétexte qu'il a dû composer le code que sa voisine lui avait quand même livré. Il aura eu le temps avant de restituer la carte, de retirer 150 euros en trois fois et de jouer à des paris en ligne pour 300 euros. Sa pauvre victime, qui ne s'est pas rendu compte de suite de ce vol, présente à la barre,  assurera avoir été à cause de ce larcin en situation d'interdiction bancaire avec des frais considérables que ne lui permettent pas d'éponger ses faibles revenus. Elle réclame 1.500 euros pour tous ses préjudices, documents à l'appui. 

Le roi de la revente... de ce qui ne lui appartient pas 

En ce printemps 2019, le trentenaire indélicat reste toujours prêt à rendre service : un voisin lui demande de ramener à son domicile un vélo qui ne rentre pas dans sa voiture. Au lieu de déposer le deux-roues chez le voisin, il file dans une enseigne d'achat-vente de matériel d'occasion pour céder le vélo contre 40 euros... Quand le voisin lui demande de lui restituer son bien, il consent à lui donner les 40 euros, mais adieu le vélo. 

Fort de ses succès, il récidive au préjudice du propriétaire de son logement meublé en vendant un lave-linge et un sèche-linge, pour cent euros les deux, à deux voisines. Lesquelles, mises au courant des conditions de leur achat, restitueront les machines à leur propriétaire, mais adieu les 50 euros qu'elles ont chacune donnés au fraudeur. Le propriétaire  établira pour le tribunal son préjudice à 4.000 euros, incluant de nombreux mois de loyers impayés. Mais ces derniers n'entrent pas dans la procédure pour laquelle le prévenu devait comparaître. 

Absent, il avait quand même reconnu tous les faits. Mais le tribunal, présidé par Sylvie Rouanne n'a pas d'élément sur la situation de ce prévenu qui, depuis lors, a quitté vraisemblablement l'Aveyron. On sait seulement que son casier porte mention de deux anciennes condamnations pour faits similaires... Il sera néanmoins jugé après que la substitut du procureur Mathilde Jayais a requis un an de prison avec sursis simple. Elle a été suivie par le tribunal  qui le condamne pour abus de confiance et qui accordera en outre 1.000 euros à la propriétaire de la carte bancaire et 200 euros au propriétaire de son appartement pour préjudice moral.

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