Éoliennes : un couple de Tarnais victime de troubles physiques indemnisé, un espoir pour les riverains

  • Situées à quelques centaines de mètres de leur habitation dans le Tarn, les éoliennes ont produit "des nuisances sonores et visuelles", a reconnu la Cour d’appel de Toulouse.
    Situées à quelques centaines de mètres de leur habitation dans le Tarn, les éoliennes ont produit "des nuisances sonores et visuelles", a reconnu la Cour d’appel de Toulouse. Repro Centre Presse -
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Devant la cour d'appel de Toulouse, un couple de Tarnais vient de remporter son procès contre une compagnie éolienne. La justice a en effet reconnu que ces installations pouvaient avoir des effets nocifs sur la santé des riverains.

Maux de tête, fatigue, acouphènes, vertiges, tachycardie... Telles sont les troubles physiques dont ont été victimes Christel et Luc Fockaert, installés au Margnès, non loin de Castres dans le Tarn. Des "nuisances sonores et visuelles produites par des éoliennes constituent un trouble du voisinage", comme l'a constaté la Cour d’appel de Toulouse dans un arrêt du 8 juillet dernier, offrant au couple une victoire qui fera date, et qui est inédite en France, rapporte La Dépêche du Midi.

"Le délai de pourvoi en cassation est passé et nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons eu gain de cause" se réjouissent les deux habitants qui avaient rénové un ancien corps de ferme où ils exploitaient également un gîte. Mais ce beau projet a tourné au cauchemar en 2008 à la suite de la construction de six éoliennes situées entre 700 à 1 300 m de leur propriété. Des installations qui produisent diverses nuisances sonores et visuelles et qui, surtout, provoquent chez le couple des troubles physiques avérés et certifiés par un médecin. Ces derniers décident alors de déménager, en 2015, avant de demander réparation aux entreprises Sasu Margnès Énergie, Sasu Sigladou Énergie et à la société d’économie mixte 3D devant le tribunal de Castres en 2017.

Une victoire inespérée...

Déboutés en janvier 2020 de leur demande - le tribunal de Castres considérant que les nuisances ne dépassaient pas les inconvénients normaux de voisinage - Christel et Luc décident alors de faire appel, car, aux préjudices corporels et moraux, s’ajoute la perte de valeur de leur corps de ferme.

Une persévérance qui paye puisque, cette fois, le syndrome éolien défini par l’OMS est reconnu et les troubles anormaux de voisinage établis. Le couple est alors reconnu victime et est dédommagé à hauteur de 128 000 €, de quoi rembourser les frais de justice engagés ainsi que le préjudice immobilier.

...et l'espoir pour les riverains d'éoliennes

Cette victoire du couple Fockaert est aussi celle du collectif Toutes Nos Énergies qui les a soutenus et accompagnés. Son cosecrétaire, Emmanuel Forichon, s'en félicite, saluant cette "excellente nouvelle pour tous les habitants qui souffrent de soucis similaires".

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