Au chevet du clocher de l’église de Sénergues

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  • Le campanile, plus que centenaire, va faire l’objet d’une réfection complète d’ici la fin de l’année.
    Le campanile, plus que centenaire, va faire l’objet d’une réfection complète d’ici la fin de l’année. J.C. Richard
  • u sein du clocher de l’église, le beffroi qui supporte le campanaire souffre depuis plus d’un siècle des outrages du temps. u sein du clocher de l’église, le beffroi qui supporte le campanaire souffre depuis plus d’un siècle des outrages du temps.
    u sein du clocher de l’église, le beffroi qui supporte le campanaire souffre depuis plus d’un siècle des outrages du temps. J.C. Richard
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La Fondation du patrimoine présente une opération de restauration nécessaire et spectaculaire. Amateurs d’histoire, de patrimoine, de folklore et de randonnée, vous êtes invités à venir sur place, à Sénergues, pour découvrir ce patrimoine remarquable et, si le cœur vous en dit, d’associer votre nom à sa rénovation.

Le projet

Au sein du clocher de l’église de Sénergues, le beffroi qui supporte le campanaire souffre depuis plus d’un siècle des outrages du temps. Les poutres de soutien et d’assise sont victimes de pourrissement et n’ont pas été orientées dans le bon axe, ce qui accentue la vétusté de l’ouvrage, à titre sécuritaire, sa réfection complète s’impose.
De plus, les quatre cloches connaissent également un état d’usure avancé et nécessitent une rénovation. La cloche de 17 quintaux montre des signes de fêlures, elle doit être « rechargée » en métal car elle a été tournée d’un quart de tour ; ce procédé, utilisé pour prolonger à moindre coût l’usage de la cloche, a eu aussi pour effet de la fragiliser. Les autres cloches doivent également être rechargées et accordées.
Le campanile, plus que centenaire, va faire l’objet d’une réfection complète d’ici la fin de l’année. La réhabilitation du clocher par la restauration de l’escalier d’accès et la pose d’abat-sons est également indispensable et programmée. Les travaux sont financés par l’État, la Région, la Drac pour la cloche historique, complétés par la commune et par un appel aux dons lancé en partenariat avec la Fondation du patrimoine.

Le lieu et son histoire

Dédiée à saint Martin, l’église originelle de Sénergues entre dans l’histoire le 8 avril 819 lorsqu’elle fut donnée à l’abbé de Conques par Louis Ier le Pieux, fils de Charlemagne. Hélas, au fil du temps, cet édifice ancien se détériore et sera donc réhabilité lors de la première moitié du XVIe siècle avec la construction de l’église actuelle dont l’architecture gothique en granite s’appuie sur des contreforts romans.
Le clocher, originellement octogonal, abritait quatre cloches mais à la Révolution, trois furent enlevées pour être fondues.

Sénergues, un village bimillénaire

Terre d’histoire. Le territoire de la commune est riche de quatre châteaux (privés), et de cinq églises et chapelles dont celle de Pomiès de facture préromane. L’origine de l’agglomération remonte à la pénétration celtique, à l’âge du fer, soit environ trois siècles avant JC. Une pierre sacrificielle celte conservée sur la placette qui jouxte l’église en est le témoignage. Un premier lieu de culte chrétien a très certainement fait suite à un lieu de culte païen celte. Dédiée donc à saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle, l’église entre dans l’histoire, le 8 avril 819. Louis 1er le Pieux, fils de Charlemagne, roi d’Aquitaine, empereur d’Occident, dans un diplôme rédigé à Aix-la-Chapelle, fait donation de l’église de Cerniangis à l’abbé de Conques Medraldus, successeur de l’ermite Dadon fondateur au VIIIe siècle de la jeune abbaye bénédictine.
Il n’y a aucune description de ce premier édifice. À droite du chœur, une cuve baptismale en granit avec décor en gros câble, datée du XIe siècle, témoigne de ce passé et du passage des premiers pèlerins de Saint-Jacques.
L’église actuelle date de la première moitié du XVIe siècle. C’est un abbé de Conques, Antoine de Rousselet, qui a relevé l’ancien bâtiment très détérioré. L’architecture générale gothique s’appuie sur des contreforts romans.
À la Révolution, trois cloches furent enlevées, pour être fondues à Montauban, sauf une, datée de 1774, dédiée à saint Blaise. En 1842, deux nouvelles cloches fondues par Triadou sont installées, l’une de 17 quintaux est dédiée à saint Martin, l’autre de 4 quintaux à la Sainte Vierge.
Le 20 août 1922, une cloche mémorielle, fondue par Gaubert à Villefranche-de-Rouergue, est installée avec sur son flanc les noms de 42 paroissiens disparus lors de la Première Guerre mondiale.
L’abbé Paul Blanadet et son successeur Paul Brégou ont fait placer, entre 1965 et 1970, les superbes verrières en dalles de verre teintées dans la masse (4 cm) et désépaissies à la marteline, œuvre du frère bénédictin Ephrem Socard (1903-1985), verrier à l’abbaye d’En-Calcat (Tarn). Ce miracle du verre et de la lumière fait l’admiration de tous les visiteurs et des 15 000 à 17 000 pèlerins de Saint-Jacques.
À voir dans l’église : la plaque commémorative du diplôme de Louis 1er le Pieux, un vase cultuel en plomb du XIIIe, une croix de procession du XIVe en fer, argent, argent doré, de nombreux culs-de-lampe et réemplois des édifices précédents.
Terre de folklore entre traditions et modernité. Depuis 1982, Sénergues s’enorgueillit de posséder un groupe folklorique, véritable ambassadeur de la commune. Lous Castelous animent les fêtes de village, les repas, les festivals…
Tous les ans, au printemps, ils participent à la rencontre des « Musicaïres del Païs » et fin octobre ils organisent, de longue date, la Nuit de la bourrée très prisée des inconditionnels du folklore.
Lors de la célébration du Centenaire Soulages, la danseuse-chorégraphe, Dalila Belaza, d’origine algérienne, s’est prise d’intérêt pour le folklore et le groupe Lous Castelous. En résidence au centre européen de Conques, elle a créé une chorégraphie originale, « Au Cœur », qui rapproche les deux cultures et les deux folklores. Ce spectacle a été présenté au Théâtre de la Ville, à Paris, dans le cadre de la 6e édition de Danse élargie 21. Cette création fait partie des 11 retenues par les organisateurs, sur plus de 400 propositions.
Terre de randonnées. Plus de 30 kilomètres de sentiers balisés et entretenus sont à disposition des amateurs de nature et d’espaces,
En dehors du chemin de Saint-Jacques, le célèbre GR 65, qui traverse la commune depuis le XIe siècle, le territoire est sillonné par six chemins de 2 à 12 kilomètres, plus le circuit n°6 de Terra trail de 27 kilomètres et 900 mètres de dénivelé qui s’adresse à des traileurs aguerris mais qui peut faire l’objet d’une belle rando à la journée avec la visite du village médiéval de Montarnal à mi-parcours.
Le dernier sentier ouvert est celui des cascades du Tayrac (photo du haut), situées sous le village. Il permet, dans un fantastique décor minéral et végétal, de découvrir près d’une vingtaine de chutes plus ou moins hautes. Actuellement, une exposition temporaire d’une dizaine d’œuvres prêtées par l’artiste Pascal Rudolf, de Saint-Félix-de-Lunel, est disséminée sur le parcours.

 

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