Reprise de Sam à Viviez : l'Etat soutiendra Patrick Bellity, mais se veut "prudent"

  • Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie.
    Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie. - José A. Torres
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Le ministère de l'Economie a adressé une lettre au tribunal de commerce de Toulouse dans laquelle il promet de s'engager à hauteur de 5,5 M€ dans le projet de reprise de Patrick Bellity. L'État se veut néanmoins "prudent" sur la décision du tribunal et la position de Renault qui en juillet dernier avait fait part de ses réticences à travailler avec l'industriel.

"C'est un jour d'espoir pour Sam", a fait savoir Patrick Bellity ce jeudi. Unique repreneur potentiel pour la fonderie aveyronnaise, l'ancien dirigeant de l'usine viviézoise espère désormais une réponse favorable à son projet de la part du tribunal de commerce, ce vendredi matin. Dans l'attente de cette décision, l'Etat et Bercy ont confié ce jeudi soir qu'ils étaient "prêts à soutenir l'industriel". Concrètement, le ministère de l'Industrie se dit prêt à s'engager à hauteur de 5,5 millions d'euros : 1 million au titre du plan France relance et 4,5 millions sous forme de prêt.

Revirement de situation

Cela sera-t-il suffisant ? Selon nos informations, le projet de Patrick Bellity qui comprend la reprise de 135 salariés au minimum nécessiterait une dizaine de millions d'euros d'aide financière. La Région Occitanie, par la voix de sa présidente Carole Delga, s'est également dite prête à s'engager aux côtés de l'industriel, en début de semaine. "Nous sommes sur la même longueur d'onde", rappelle Bercy à juste titre car en juillet dernier, le projet de reprise porté par Patrick Bellity n'avait pas été retenu par le tribunal de commerce à défaut d'être soutenu par Renault, client quasi exclusif de l'usine. L'État, actionnaire du constructeur à hauteur de 15%, s'était d'ailleurs rangé derrière cette position. Pourquoi en change-t-il aujourd'hui ? "Car il n'y a plus qu'un seul choix et que le temps presse", ne cache-t-on pas dans les couloirs du ministère. Et de poursuivre : "À l’époque, Renault avait été très clair : il ne voulait pas travailler avec ce repreneur potentiel. Aujourd'hui, c'est à lui d'exprimer sa position et assurer un carnet de commandes viable pour la fonderie"

Pression sur Renault

Il y a plusieurs semaines, l'Etat avait d'ailleurs exprimé sa colère au constructeur français dans un communiqué de presse en le "sommant de trouver un repreneur""Les salariés et leurs familles, ainsi que tout un territoire, sont en détresse, vivant au gré des péripéties de la procédure judiciaire depuis plus de 18 mois maintenant. Dans ce contexte, votre groupe doit être à la hauteur de ses responsabilités", prévenait le gouvernement.

Sur cette position du constructeur, Bercy s'est dit ce jeudi soir "prudent" et a rappelé qu'il "ne prenait pas de décisions de gestion pour l'entreprise privée". Plus que jamais, Renault et ses dirigeants se veulent donc les "décisionnaires" de l'avenir de Sam. Et des centaines d'emplois qui en découlent...

Plus de trois millions d’euros de la part de la Région

À l’instar de l’État, la Région Occitanie a assuré de son soutien à l’offre de reprise portée par Patrick Bellity et sa lettre d’intention déposée auprès du tribunal de commerce. La présidente Carole Delga a même indiqué, hier soir, qu’elle formalisait « un engagement exceptionnel » avec une aide de 900 000€ et un prêt de 2,4M€ sur une durée de six ans. Ces 3,3M€ s’ajoutent aux 5,5M€ de l’État, soit une aide publique de… 8,8M€, ce qui pourrait correspondrait à la demande de l’industriel français.
Et ainsi séduire le tribunal de commerce ? « Renault doit désormais faire part d’un engagement ferme sur les volumes de commandes. C’est une condition sine qua non pour viabiliser le projet de reprise. Chacun doit faire preuve de responsabilité et Renault doit s’engager à son tour pour la SAM et ses salariés », indique Carole Delga. Et de poursuivre : « Je sais combien cette incertitude est difficile pour les salariés et leurs représentants syndicaux. Ils se battent avec dignité et responsabilité pour l’avenir de leur entreprise et du bassin industriel de Decazeville. Nous sommes avec vous ! »

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