Vols aggravés à Olemps : le tribunal met un terme à l'inconscience de deux jeunes paumés

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  • Emilie Passier, substitut du procureur, ce mercredi à l'audience.
    Emilie Passier, substitut du procureur, ce mercredi à l'audience. Centre Presse - C.C.
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Vols dans deux domiciles, de nuit, en présence des habitants auxquels ils ont dérobé leurs véhicules respectifs qu'ils ont conduits sans permis, course-poursuite avec la police pour l'un d'eux... Deux garçons âgés de tout juste 18 ans comparaissaient ce mercredi au tribunal correctionnel de Rodez pour des faits commis entre le 16 et le 20 novembre. La justice leur a fait prendre conscience de leurs actes, entre sursis et prison ferme. 

Les larmes ont coulé ce mercredi après-midi à la barre de la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de l'Aveyron. Celles des deux prévenus, du père de l'un d'eux, de deux des trois victimes, donnant le ton d'une audience dominée par l'inconscience et la peur. 

La peur d'abord, celle des victimes au domicile desquelles, dans la nuit de 16 au 17 novembre à Olemps s'introduit un garçon par la porte du garage qui n'était pas fermée à clé. Les habitants et leurs enfants dorment, le voleur dérobe sac à main, objets, et les clés d'une Peugeot 508 qui le mènera  avec le comparse qui semble l'attendre dehors, faire la fête à Toulouse, en aller-retour. Les deux amis qui se prêtent le volant n'ont pas le permis, ils ont à peine 18 ans. 

Victimes traumatisées

Rebelote dans la nuit du 19 au 20 novembre derniers, à La Mouline, même commune. Même scénario, le couple et ses enfants dorment, ils réussissent à entrer par une porte dérobée, volent  numéraire, carte bancaire et... les clés d'une Renault Twingo toute neuve avec laquelle ils font un tour dans les environs de Rodez. Les deux véhicules seront retrouvés, à Olemps et au Monastère, fortement dégradés, la Twingo héritant même de la vidange complète d'un extincteur (pour effacer les traces ?) détruisant l'intérieur. 

À la barre, les victimes, un homme et un couple, parlent de leur traumatisme, de l'angoisse rétrospective d'imaginer leurs enfants, dans la nuit, nez à nez avec les malfaiteurs. Ils parlent de leur galère à devoir refaire leurs papiers, de leurs biens endommagés, veulent que le tribunal ouvre les yeux aux deux prévenus, leur donne une leçon...

Coursé à pied par les policiers à travers la ville

Les deux garçons, tous deux nés en 2003, l'un en février, l'autre en juin, seront confondus par divers témoignages et indices. La police retrouve le plus jeune qui s'était enfui dans un bois près du Monastère avant d'appeler au secours. Le plus âgé sera interpellé lundi à son domicile ruthénois : il voit les policiers depuis son balcon, saute de 5 mètres de hauteur dans la rue, s'enfuit en courant poursuivi par les gardiens de la paix à toutes jambes, passant de la rue Séguret-Saincric au stade Paul-Lignon avant d'être attrapé rue Eugène-Loup...

Les voilà en garde à vue, placés en détention pour une nuit avant d’être présentés ce mercredi en comparution immédiate. Là, la peur change de camp : la prison suscite chez eux un traumatisme, ils le glisseront à la barre. Le tribunal, présidé par Sylvie Rouanne, n'aura de cesse durant toute l'audience de leur faire comprendre la gravité de leurs actes. Et ôter, pour le plus âgé d'entre eux, une indéfectible désinvolture apparente.  

"On a honte"

Le ton de la présidente est très ferme. Elle cherche à savoir s'ils mesurent la situation dont ils sont les auteurs, et qu'ils ont reconnue sans problème. Elle obtiendra leurs excuses spontanées pour leurs victimes. Le plus jeune lui confie une lettre qu'il a écrite, sincère mais confuse. Il ne donne pas de "raison exacte" à son passage à l'acte, n'a "pas pensé que ça pouvait dégénérer" car "c'est plutôt après que l'on y pense". Tous deux n'ont pas pensé non plus qu'ils faisaient prendre des risques à tout le monde en conduisant sans permis. Mais ils assurent : "On n'aurait jamais fait de mal aux enfants si on les avait vus dans les maisons". Leur état d'esprit face à la justice ? "On a honte, cela nous fait du mal pour les victimes", disent-ils de concert. 

Parcours cabossés 

Tous deux ont eu jusqu'alors une enfance contrariée entre ruptures familiales, séjours en foyers d'accueil, placements multiples et divers... Tous deux aspirent à une formation encadrée pour trouver du boulot, être autonomes, et ont entrepris des démarches en ce sens. "Mais j'ai le sentiment de ne pas avoir droit au bonheur", lance le plus âgé comme un aveu d'échec. Il faut dire qu'il a déjà écopé, quelque temps auparavant d'une condamnation au tribunal pour enfants pour vols à un sursis probatoire de trois mois, qu'il craint désormais de voir révoqué. 

Des similitudes, certes, mais une partition nuancée dans la condamnation à leur infliger. C'est le parti pris d'Emilie Passier, substitute du procureur, qui s'attarde néanmoins sur la violation de l'intimité des victimes, l'angoisse qui est la leur aujourd'hui, les actes gratuits des deux prévenus, leur désinvolture, leur absence de prise de conscience... Son réquisitoire porte sur quatre mois de prison et la révocation de son sursis pour le moins jeune. Son cadet se voit accorder quatre mois de prison assorti d'un sursis probatoire. 

Les avocats des prévenus, Me Favier et Me Plainecassagnes-Tournier, plaideront tour à tour une enfance cabossée, la peur de la détention qui est déjà une leçon, les projets que l'un ou l'autre souhaite poursuivre, et invitent le tribunal à mesurer à l'aune d'une nouvelle chance de se racheter, la dureté des peines requises. 

Le tribunal suivra globalement le ministère public : quatre mois avec sursis probatoire de deux ans, obligation de soins e de travailler pour le plus jeune. Et six mois de prison ferme, aménageables, sans retour immédiat à la détention pour le plus âgé. "La justice fait un pari avec vous", leur assure la présidente. À eux de saisir cette chance. 

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