Aveyron : la vie s’organise dans l’usine occupée Sam Technologies

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  • L’entrée du site était déserte hier. Au contraire des ateliersoù les salariés se sont relayés une bonne partie de la journée.
    L’entrée du site était déserte hier. Au contraire des ateliersoù les salariés se sont relayés une bonne partie de la journée.
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Remobilisés par les nombreux témoignages de soutien, les salariés de Sam Technologies, à Viviez, sont bien décidés à ne pas baisser les bras.

La désillusion, le dégoût et la tristesse affichés vendredi soir par la majorité des 333 salariés de l’usine Sam Technologie de Viviez a très vite cédé la place à la remobilisation générale. "Le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire et la cessation d’activité immédiate de notre usine mais nous ne sommes pas d’accord avec cette décision", déclare un homme revendiquant 35 années d’anciennetés au sein de l’unité decazevilloise. "Pas question de baisser les bras et d’abandonner", précise-t-il en terminant de fixer une photo de lui sur "le mur de la colère" à l’entrée de l’usine.

Pris devant son poste de travail, le cliché est accompagné d’un mot écrit par le salarié en question. Au regard du nombre important de photos déjà exposées, la colère doit être grande. Une colère sourde et pleine de dignité, comme les messages affichés à la vue de tous comme autant de témoignages d’une époque que certains souhaiteraient voir maintenant révolue.

Soutien total

Il suffit pourtant de se rendre sur place au sein des ateliers où se relaient maintenant depuis quelques jours les 333 salariés et de se laisser imprégner par l’ambiance pour comprendre que "la Sam", comme ils l’appellent ici, est bien ancrée sur le territoire. Un bassin de lutte et de solidarité. Aussi, plus que les 333 salariés, c’est une grande partie de la population qui est en train de se mobiliser en criant à l’injustice. Un soutien qui s’est traduit par la présence de plus de 3 000 personnes lors du dernier rassemblement de soutien pour l’usine. Hier, également, de nombreuses personnes sont venues apporter leur soutien aux occupants de l’usine. En famille, seul ou entre amis, chacun apportant selon ses possibilités, de la nourriture, un peu d’argent pour alimenter la caisse de solidarité, ou simplement un sourire.

"Ça fait chaud au cœur de savoir que la population est derrière nous, sourit Christine, du haut de ses 55 ans, dont 30 très belles années ici. Après 30 ans de service, mon salaire n’est pourtant que de 1 450 €. Ce n’est pas grand-chose mais pourtant cela me convient et j’aimerais bien que cela continue pour moi jusqu’à la retraite, ajoute-t-elle visiblement émue. Mais aussi pour les jeunes du Bassin qui souhaiteraient prendre le relais".

"Une bonne ambiance"

"Fermer la Sam va à l’encontre de tout ce que prônent nos dirigeants à l’heure actuelle, qu’il s’agisse de promouvoir le Made in France, la relocalisation des industries, ou encore la lutte contre le réchauffement climatique. Sans oublier la catastrophe sociale que cette fermeture va engendrer sur un territoire déjà bien sinistré."

Christine est interrompue dans son analyse par l’arrivée d’un sapeur-pompier les bras chargés de victuailles. "Au moins, on ne mourra pas de faim", conclut-elle dans un rire. La retraite, Max n’y songe pas vraiment. Entré à la faveur d’une mission d’intérim de trois semaines dans ce qui était encore à l’époque le fleuron du groupe Arche, le jeune homme de 26 ans totalise désormais sept années d’ancienneté.

"Au départ, comme la plupart de mes collègues, je me suis dit que je ne ferai pas ma vie dans cette usine", raconte-t-il. Et d’enchaîner : "Mais le travail est plaisant et il y a surtout une bonne ambiance entre les différents salariés. C’est presque ma seconde famille. Je m’y sens à l’aise et cela me va très bien."

Mobilisation nationale

" Une bonne ambiance" également mise en avant par Sarah. À 44 ans cette dernière a déjà passé plus de la moitié de sa vie au sein de la fonderie viviézoise. "Et pourtant je ne m’en lasse pas", confie-t-elle.

Comme bon nombre de ses 333 collègues, Sarah sera présente sur le site viviézois ce matin pour la venue de la présidente de la Région, Carole Delga. "On va bien voir ce qu’elle a à nous dire", coupe un retraité du Bassin qui a vécu la fermeture de l’usine Valourec à Decazeville.

"Si la présidente Delga avait voulu faire quelque chose pour sauver la Sam, elle aurait proposé un peu plus que les 900 000 € d’aide qu’elle était prête à consentir. Surtout quand on sait que dans le même temps, la Région vient d’allouer une somme de plus de 5 M€ pour financer une étude en marge d’une possible remise en service de la ligne SNCF Rodez-Sévérac. 5 M€ pour une étude et 900 000 € pour sauver les emplois de 333 familles ? Difficile à avaler", estime le retraité qui aurait aimé voir l’État et la Région "s’impliquer vraiment" en mettant chacun 20 millions sur la table.

"Ce n’est pas le cas, dommage pour les salariés et le Bassin", conclut le vieil homme qui ne sera pas présent pour la venue de Carole Delga. Il sera en revanche bien présent, mercredi 1er décembre, pour participer au rassemblement national qui promet d’ores et déjà d’être de grande ampleur, avec des bus de sympathisants venant de toute la France.

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Rachid Benarab
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