Aveyron : Carole Delga veut encore croire à un avenir pour le site de Sam à Viviez

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  • La présidente de la Région a visité le site industriel lundi.
    La présidente de la Région a visité le site industriel lundi. Photos José A. Torres
  • Carole Delga veut encore  croire à un avenir pour le site de Sam
    Carole Delga veut encore croire à un avenir pour le site de Sam
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La présidente de la Région est venue à Viviez lundi. Elle a évoqué des discussions en cours avec plusieurs entreprises intéressées pour reprendre le site de la fonderie.

Ne surtout pas faire de promesses sans fond qui ne feraient qu’entretenir de faux espoirs. C’est avec cet objectif que Carole Delga a fait le déplacement dans l’usine Sam de Viviez lundi. Occupés par les salariés depuis la fin de semaine dernière, les locaux sont encore parfaitement opérationnels. C’est d’ailleurs le message que les représentants syndicaux, qui ont longuement échangé avec la présidente de la Région, ont voulu lui faire passer. En effet, ils ont remis en marche les machines pour lui montrer qu’une reprise d’activité peut se faire très rapidement. Après avoir visité le bureau d’études et les différentes presses, l’élue a pris la parole devant les salariés, qui occupent les lieux depuis vendredi dernier, pour être sûr "de ne pas voir les machines disparaître". "Cela fait des années que vous vivez avec cette épée de Damoclès, a-t-elle lancé en introduction. Et malgré ça, vous avez continué à faire du travail de qualité. Vous avez pas mal encaissé depuis de nombreuses années et les mauvaises nouvelles se sont accumulées, mais je tenais à vous dire que la partie n’est pas terminée."

"Un pack" institutionnel

Refusant d’instrumentaliser le combat des salariés de Sam, dans une période de début d’une campagne présidentielle dans laquelle elle est impliquée aux côtés d’Anne Hidalgo (PS), la présidente de la Région a rappelé que les élus locaux formaient "un pack" autour d’elle. Et si Arnaud Viala (LR) était absent, représenté par son vice-président André At, elle a insisté sur le travail commun avec le président du département, mais également la communauté de communes et les maires du Bassin. "Nous devons faire en sorte d’aider, a-t-elle repris devant des salariés très attentifs. Je suis venue vous expliquer comment nous allons continuer à travailler pour l’avenir de Sam, mais aussi de l’industrie au sein du bassin d’emplois. Nous voulons travailler à l’établissement d’un projet constructif. Il faut qu’il y ait un avenir pour les métiers de la fonderie, pour le bassin industriel, mais également pour Sam."

Des repreneurs potentiels pour le site

Concrètement, si la structure devrait bien être liquidée dans les prochaines semaines (lire par ailleurs), la présidente de la Région veut croire à une reprise potentielle d’activité, au sein d’une autre structure, dans laquelle l’institution pourrait devenir coactionnaire, comme elle l’a déjà fait avec l’abattoir Beauvallet, à Argences-en-Aubrac, mais également pour Phénix Batteries, également à Viviez. Une possibilité juridique qui ne se présentait pas dans le cadre d’une reprise directe de Sam. Carole Delga, qui a prévenu que l’institution ne le ferait qu’en cas de garanties de maintien d’un certain nombre d’emplois, a également assuré, sans pouvoir donner les noms pour des soucis de confidentialité, qu’elle avait échangé avec plusieurs entreprises intéressées.

L’objectif est de miser sur la diversification. "La filière automobile est en pleine mutation avec notamment la fin du thermique et vous travaillez déjà pour l’hybride et le rechargeable, a-t-elle rappelé. Demain vous pourrez aussi travailler sur les solutions décarbonées, comme l’hydrogène." Elle a également annoncé avoir échangé avec Guillaume Faury, le PDG d’Airbus, mais également président du Gifas, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, qui représente la filière aéronautique. "Si la filière a été en difficulté pendant 18 mois à cause de la situation sanitaire, elle vient d’avoir de très bonnes nouvelles avec la vente de 406 Airbus au salon de Dubaï. Je lui ai indiqué les difficultés de Sam et je pense qu’il y a la possibilité de travailler avec cette filière qui a besoin de fonderies."

Des mots qui ont déclenché une salve d’applaudissements de la part de salariés toutefois bien conscients qu’il reste encore beaucoup de travail pour qu’il y ait enfin une bonne nouvelle.

Un CSE programmé la semaine prochaine pour lancer la procédure

Depuis la décision du tribunal de commerce vendredi dernier à Toulouse, la procédure se poursuit. Une fois la cessation d’activité prononcée, les administrateurs judiciaires doivent convoquer le CSE de l’entreprise pour informer les représentants des salariés de la suite de la procédure. Celle-ci passe par un licenciement économique.

Lundi matin, les représentants syndicaux ont reçu un document juridique d’une centaine de pages sur la suite de la procédure. Pour mieux appréhender la situation, ils ont décidé de s’adjoindre les services d’un cabinet d’avocats spécialisé en la matière. Ils l’ont épluché lundi après-midi et feront le point ce mardi, en assemblée générale, avec les salariés. Le CSE est programmé lundi prochain et ouvrira une période de 21 jours à l’issue de laquelle les salariés qui signent pourront bénéficier de différents dispositifs leur octroyant des primes de départ. Si certains, ceux proches de la retraite, pourraient en bénéficier, d’autres veulent encore attendre. En effet, ils estiment que Renault doit tenir ses engagements de commandes jusqu’à la fin du mois de mars.

Lors de son intervention devant les salariés de l’usine, Carole Delga a expliqué avoir échangé avec Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et Agnès Pannier-Runacher, lundi matin. Elle a pu de nouveau insister sur la nécessité que l’État impose à Renault de proposer des primes supplémentaires aux salariés sur le départ. Elle devrait rencontrer les deux ministres la semaine prochaine pour échanger à nouveau sur le sujet ainsi que sur les discussions avec les potentiels repreneurs.

 

 

 

La pression maintenue sur Renault

Les salariés de Sam et leurs représentants syndicaux n’en démordent pas : ils veulent que Renault honore son engagement de commandes jusqu’à la fin du mois de mars, comme l’entreprise s’y était engagée, au moment du placement en liquidation judiciaire, en septembre dernier pour laisser le temps à un potentiel repreneur de se positionner. Si le tribunal a prononcé la cessation d’activité, la CGT ne veut pas, pour le moment renoncer et attend donc que l’État oblige Renault à tenir cet engagement.S’ils obtenaient gain de cause, cela permettrait à l’usine de tourner quelques mois supplémentaires, et de garder les machines actives si un potentiel repreneur venait à créer une nouvelle activité ensuite sur le site.Des discussions officieuses ont lieu depuis plusieurs semaines avec différents acteurs de l’aéronautique notamment. Carole Delga les a rendues publiques lundi lors de sa prise de parole devant les salariés. Sans dévoiler les noms, elle a assuré que plusieurs entreprises qui n’ont pas de lien avec l’automobile pourraient être intéressées par le site, ses machines, mais aussi une partie de ses salariés. Et les discussions doivent se poursuivre. Jusqu’à quand ? Aucune date précise n’a été affichée pour le moment, Carole Delga se contentant d’avancer le "premier semestre 2022" comme objectif.
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RICHAUD Guilhem
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Les commentaires (1)
Lauredure Il y a 1 mois Le 30/11/2021 à 09:45

Je suis contente que cette usine disparaisse du paysage, ça pollue, et puis ces 330 employés qui ne vivent que par l'usine, c'est que des pauvres , des futurs chômeurs qui trouveront le chemin des restos du coeur à la vitarelle accompagné par leur famille de miséreux qui vivent déjà des aides sociales, dans le bassin que des enfants qui appelle leur papa tonton, ils ont fait les malins avec leur salaire les employés de la SAM à eux la misère maintenant que des sous citoyens sans diplôme. En tout cas je vous croise tout les jours et vous me faite rire, votre tristesse égaye mes journées, vous êtes en colère comme se mettent en colère les habitants du marais, bande de nul, ouvrier =pauvre d'esprit, vous avez rien dans le ciboulot. Direction l'assistante sociale pour vous les gugus. J'attends bien sûr les réactions des déprimés de la SAM.