Aveyron : Mélenchon, Le Pen, Jadot... La fonderie Sam de Viviez s'invite dans le débat présidentiel

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  • Jean-Luc Mélenchon, ici à Aubin lors du lancement de sa campagne, fut l'un des premiers à réagir.
    Jean-Luc Mélenchon, ici à Aubin lors du lancement de sa campagne, fut l'un des premiers à réagir. Centre Presse - José A. Torres
Publié le , mis à jour

Depuis plusieurs jours, les candidats à l'Elysée dénoncent le rôle et "la faiblesse" de l'Etat dans le dossier Sam. 

Les hauts-fourneaux de Florange en 2012, Whirpool à Amiens en 2017... Et bientôt Sam en 2022 ? La fermeture de la fonderie aveyronnaise s'invitera-t-elle dans le débat présidentiel dans les prochains mois ? La question est ouverte. Il y a quelques jours, le quotidien communiste L'Humanité titrait d'ailleurs en pleine Une : "Sam, le Florange de Macron". À Viviez, sur le site de l'usine, les journalistes de toute la France se pressent depuis quelques jours. La liquidation de Sam est un drame social. Mais pas seulement. Elle illustre aussi l'impuissance de l'Etat face à une multinationale, de surcroît dont elle est actionnaire, la dichotomie d'un discours de "réindustrialisation" et de "relocalisation" avec la "réalité du pays", comme l'ont écrit plusieurs éditorialistes. Elle rappelle aussi aux grandes luttes sociales d'un territoire qui se dépeuple depuis des décennies, au rythme des soubresauts d'une mutation industrielle décidée en haut lieu. "L'Aveyron sera bientôt un pays de chèvre...", "sommes-nous des citoyens de seconde zone ?", "la meilleure façon d'éviter que Toulouse gagne encore 15 000 habitants pour se retrouver les uns sur les autres, c'est de vivre et travailler dignement dans nos territoires", ont regretté à plusieurs reprises élus locaux et représentants syndicaux. 

"Où est passé l'Etat actionnaire ?"

Autant d'arguments et d'ingrédients de la crise Sam qui en font aujourd'hui un débat incontournable dans la campagne présidentielle. Les politiques en lice pour l'Elysée, de gauche à droite, ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Si l'affaire Hulot a monopolisé les plages horaires des chaînes d'information en continu ces derniers jours, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Fabien Roussel ou encore Julien Bayou ont pris la parole sur la fonderie aveyronnaise.

Le candidat de La France Insoumise fut l'un des premiers à s'emparer du sujet sur les réseaux sociaux. "Renault refuse de soutenir la reprise de la Sam, son sous-traitant dans l'Aveyron. 350 salariés et leurs familles laissés sur le carreau. Renault a pourtant touché des milliards d'aides publiques. Où est passé l'Etat actionnaire ?", a-t-il tweeté, avant de réitérer son discours sur LCI ce week-end : "C'est très étonnant que le PDG d'une entreprise donne un avis différent de l'actionnaire principal. Soit ce dernier n'est pas efficace, soit le PDG est très arrogant. Dans les deux cas, ce n'est pas satisfaisant (...) Et la position de Renault qui s'en lave les mains est inacceptable."

Dimanche, c'est Marine Le Pen qui est montée au créneau dans l'émission du "Grand jury", sur RTL. "Bruno Le Maire n'a rien fait et ne fera rien, c'est dommage car le projet de reprise était parfaitement viable. On assiste à la faiblesse absolue de l'Etat qui détient 15% de Renault et à qui on a fait un prêt garanti de 5 milliards d'euros ! Malgré cela, le gouvernement n'est pas capable d'imposer à cette entreprise de sauver les 333 emplois de la fonderie Sam ? L'État ne fait pas preuve d'autorité car il s'en moque. C'est un gouvernement ultralibéral et les groupes qui délocalisent, qui brillent à l'étranger sans sauvegarder les PME de leur propre pays, ça n'est pas un problème pour eux. C'est même leur projet", a indiqué la candidate du Rassemblement National. 

Fabien Roussel et Yannick Jadot bientôt sur le site ?

Le lendemain, c'est Julien Bayou, secrétaire national Europe Ecologie-Les Verts qui, à son tour, fustiger "l'absence de l'Etat stratège", sur le plateau de Public Sénat. Tout en indiquant qu'il se rendrait prochainement à Viviez - en compagnie du candidat Yannick Jadot ? -, l'homme politique a rappelé qu'en 2008, "on avait déjà aidé les constructeurs automobiles sans contrepartie et ils avaient délocalisé une bonne partie de leur production dans l'Est de l'Europe et au Maghreb. Bravo, bel investissement !" Dans un communiqué de presse, le parti écologiste appelle à une "nationalisation temporaire" de l'entreprise. Et d'expliquer : "Nous ne pouvons pas accepter la disparition de 350 emplois dans un territoire déjà meurtri par la désindustrialisation à Decazeville et les centaines d’emplois perdus à la Bosch de Rodez. Comme l’a fait Yannick Jadot le 30 septembre sur le site de FerroPem en Savoie, EELV appelle le gouvernement à nationaliser temporairement la Sam, le temps de construire avec les salariés et autres acteurs locaux un projet de reprise solide et durable. Il faut faire de la Sam un exemple de relocalisation."

Ce mardi matin, sur France 2, le candidat du parti communiste Fabien Roussel a, lui, dénoncé "un coup de poignard dans le dos des salariés de l'Etat et de Renault". Sans répondre à la question de la nationalisation temporaire, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, le candidat s'est également fendu d'une lettre adressée à Emmanuel Macron dans laquelle il en appelle à "son intervention dans le dossier". Notamment avant une rencontre prévue entre le Président et les patrons de Renault et de Peugeot dans le cadre d'une nouvelle aide publique de 2,5 milliards d'euros à la filière automobile. "Je demande une commission d'enquête pour savoir à quoi sert tout cet argent public quand je vois le destin de Sam. Nous ne laisserons pas faire", a souligné Fabien Roussel qui, selon plusieurs sources, pourrait dans les prochains jours faire le déplacement jusqu'en Aveyron pour soutenir les salariés. Et ainsi "populariser" encore un peu plus le dossier de la fonderie aveyronnaise ? A l'heure où l'information vit en continu et meurt tout aussi vite, on peut en douter. "Pendant que le candidat Zemmour occupe les médias avec sa déclaration de candidature, la fonderie Sam en Aveyron est liquidée dans l’indifférence générale jetant dans la précarité 340 salariés et leur famille", relevait le porte-parole de Génération.s., ce mardi...

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Les commentaires (1)
CRIC 12 Il y a 1 mois Le 30/11/2021 à 20:58

Et le maire de Rodez qu'est ce qu'il en pense de la SAM ??? Lui le copain de Macron