Aveyron : le photovoltaïque observé de près sur le Larzac

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  • Des projets de hangars agricoles qui divisent les habitants.
    Des projets de hangars agricoles qui divisent les habitants.
Publié le , mis à jour

Les hangars agricoles toisés de panneaux divisent les habitants du plateau et les projets sont sous surveillance étroite.

Les projets photovoltaïques échauffent les esprits sur les causses méridionaux. Alors que le projet photovoltaïque de 200 hectares sur le domaine de la chasse privée de Calmes défraie actuellement la chronique dans la partie héraultaise du Larzac, de l’autre côté de la rivière sèche de la Virenque, des habitants du Gard s’alertent sur les "dérives opportunistes de puissantes sociétés revendeuses d’énergies."

Au cours de l’été 2021, les habitants du causse de Campestre ont assisté à la construction de deux hangars agricoles photovoltaïques sur une crête dominante. D’une surface totale de 1 660 m² et haut de 7,7 m, ils sont implantés sur un territoire inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, Natura 2000 et Charte du Navacelles dont les objectifs clairement annoncés sont de "promouvoir et préserver l’identité du paysage caussenard dans toute sa diversité".

Après avoir rencontré le maire, les propriétaires, puis alerté les services de la préfecture du Gard, les membres du collectif, créé pour l’occasion, ont décidé ne pas porter l’affaire devant les tribunaux mais de faire en sorte qu’une intégration paysagère, avec la plantation d’arbres, camoufle quelque peu ce qui leur semble être "une barrière brisant la perspective du causse où l’horizon se confond avec le ciel".

Gagnant-gagnant

"C’est un sujet délicat car cautionné par l’aide aux agriculteurs et la promotion des énergies renouvelables, actions toutes deux louables", explique l’un des membres du collectif. L’offre proposée est effectivement attrayante. Le constructeur prend à sa charge le financement de la charpente métallique, de la couverture (en bacs acier) ainsi que de la centrale solaire.

L’exploitant agricole supporte terrassement, fondations en béton (si nécessaires), bardages et aménagements intérieurs. Le bâtiment est a minima de 600 m2 de manière que la surface exploitable soit suffisante.

L’exploitant agricole aura l’usufruit de la structure et en contrepartie de son investissement, le constructeur pourra exploiter les panneaux photovoltaïques pour un bail d’au moins vingt ans. L’argumentation des professionnels, des sociétés souvent filiales de multinationales de l’énergie, est convaincante et séduit au nom de la transition écologique. C’est du gagnant-gagnant.

Concertation et meilleure communication

" Nous ne sommes absolument pas opposés à ce type de hangars. Il s’agit de manière évidente d’un outil de travail nécessaire aux exploitants agricoles et les panneaux photovoltaïques peuvent être des solutions propres et adaptées aux surfaces des toitures des grands hangars. La question est plutôt où et pourquoi ces hangars sont-ils implantés ? Le développement non régulé de l’écolo business avec l’implantation de hangars agricoles de taille démesurée gagne du terrain. Pour nous c’est cuit ! Mais nous voulons aujourd’hui alerter afin que notre histoire ne se reproduise pas ailleurs et que la concertation soit davantage menée par les élus ", insistent les membres du collectif Campestre et Causses.

Sur les causses, il semblerait que les esprits s’échauffent autant que le climat tant les questions de la réduction des émissions de CO2 et la transition écologique se révèlent épineuses et complexes. Et la tendance n’est pas partout à la conciliation.

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