Usine Sam de Viviez : les couacs de "l’accompagnement exemplaire" des salariés

  • Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, entouré des représentants CGT du personnel de SAM : Sébastien Lallier, David Gistau et Ghislaine Gistau.
    Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, entouré des représentants CGT du personnel de SAM : Sébastien Lallier, David Gistau et Ghislaine Gistau. BHSP
  • L’occupation de l’usine s poursuit. / Photo BHSP.
    L’occupation de l’usine s poursuit. / Photo BHSP.
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Les liquidateurs judiciaires et la cellule de reclassement sont pointés du doigt.

Cela fait, ce mercredi, 38 jours que les salariées et salariés de la fonderie Sam de Viviez occupent leur usine. Hier, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT est une nouvelle fois venu à l’usine pour soutenir les salariés de Sam qui s’apprêtent à passer ensemble le réveillon du Nouvel an dans les locaux, comme ils l’ont déjà fait à Noël.

Philippe Martinez et les représentants CGT du personnel (que sont Ghislaine Gistau, Sébastien Lallier et David Gistau) ont pointé "les incompétences" et le "mépris de classe" qui entourent la procédure, conduisant à des couacs.

Le premier se pose presque comme un cadeau de Noël : suite au CSE (comité économique et social) du 20 décembre, la Dreets (Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) de l’Aveyron a, lors de son examen pour validation, relevé que le délai de convocation des élus du CSE par les liquidateurs judiciaires n’avait pas été respecté.

Aussi, le CSE du 20 décembre est annulé et un nouveau CSE doit se tenir le 14 janvier prochain. Avec une conséquence immédiate : le licenciement des 18 salariés protégés (élus du personnel) qui devait intervenir le 10 janvier est reporté à fin janvier, voire début février.

En revanche, les autres salariés voient leur licenciement avéré en date de demain vendredi 31 décembre.

La défense de l’outil de travail

Les représentants du personnel se voient ainsi confortés dans leur action, notamment "pour la défense de l’outil de travail qui doit rester opérationnel dans l’optique des projets industriels à venir sur le site. Il y a actuellement 9 tonnes de métal en fusion à 700° dans un four. Si tout est arrêté et que le métal se fige dans le four, celui-ci sera foutu.

C’est bien pourquoi nous avons mis en garde les liquidateurs contre l’arrêt des fournitures de gaz et d’électricité car si les factures ne sont pas payées ou les abonnements stoppés, ils porteront la responsabilité de la destruction de l’outil de travail.

Cela prouve aussi que pour sortir le métal en fusion, il faut des personnes compétentes, sinon il y a le risque de mettre le feu à l’usine ou de provoquer une explosion", souligne Sébastien Lallier, responsable fusion de Sam.

"Défendre notre outil de travail n’est pas une lubie mais bien une réalité. Sans cela, l’usine risque un démantèlement des machines, des fours. Il faut un site opérationnel pour des projets industriels. Tous les gens qui visitent l’usine, qu’ils soient élus ou chefs d’entreprise repartent en colère de voir que cette usine moderne où l’on peut tout concevoir et produire en fonderie pour différents secteurs d’activité ferme. C’est un gâchis incommensurable", abonde David Gistau.

"La vraie cellule de soutien psychologique est ici !"

Autres couacs : "La cellule de reclassement annule actuellement de nombreux rendez-vous. Soi-disant qu’elle ne pourrait pas se poursuivre en janvier, contrairement à ce qui avait été dit. Où est l’accompagnement exemplaire promis ?

Ces gens font peu de cas de ce que les salariés traversent, leur état psychologique et les dégâts que cette situation entraîne. La vraie cellule de soutien psychologique est ici, on s’entraide, on se retrouve, on n’est pas seuls, on se découvre même", indique Ghislaine Gistau, qui pointe par ailleurs l’absence de point d’étape pourtant promis par les pouvoirs publics, et dénonce le mépris de Renault, du ministère de l’Industrie et des liquidateurs judiciaires.

"On nous demande à nous représentants du personnel de donner la liste des compétences de chaque salarié !".

Les salariés de Sam restent fermement déterminés à continuer leur action tant que leurs revendications en termes d’indemnisation et d’accompagnement ne seront pas satisfaites.

"On ne vise pas à battre le record de nos aînés mineurs qui ont occupé le fond durant 66 jours. Mais nous sommes prêts à aller au-delà si besoin", martèle David Gistau.

Les représentants du personnel remercient encore chaleureusement toutes celles et tous ceux qui leur témoignent leur solidarité et leur amitié : population, commerçants, collectivités, élus, syndicats, artistes.

Après Wally, début décembre, Freddy Ricci et Marc Pérez offriront un spectacle intimiste aux Sam ce jeudi 30 décembre.Non, la lutte pour la fonderie Sam et ses salariés est loin d’être finie…

Bernard-Hugues Saint-Paul
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