Covid-19 : pourquoi des parents hésitent à faire vacciner leurs enfants ?

  • Alors que la vaccination s’est ouverte aux enfants âgés de 5 à 11 ans, nombreux sont les parents réfractaires à faire immuniser leur petit.
    Alors que la vaccination s’est ouverte aux enfants âgés de 5 à 11 ans, nombreux sont les parents réfractaires à faire immuniser leur petit. Repro CPA
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C’est un chiffre qui interroge : 2 parents sur 3 sont défavorables à la vaccination des 5-11 ans. Par quoi est motivé ce choix ? Le point avec le Pr Christèle Gras- Le Guen, Présidente de la Société française de Pédiatrie (SFP).

Alors que la vaccination s’est ouverte aux enfants âgés de 5 à 11 ans, nombreux sont les parents réfractaires à faire immuniser leur petit. Une enquête conduite par l’Inserm le confirme. Intitulée Slavaco (pour Suivi Longitudinal des Attitudes à l’égard d’un Vaccin contre la Covid-19), cette étude nous apprend que "67% des parents d’enfants âgés de 5 à 11 ans sont défavorables à la vaccination dans cette tranche d’âge ". Alors même qu’une grande partie d’entre eux est immunisée.

Selon le Pr Christèle Gras- Le Guen, à côté des irréductibles – ceux qui sont farouchement opposés à la vaccination et ceux qui sont convaincus à 100% – "il y a une large majorité de parents qui ne sont pas réfractaires, mais qui se posent de nombreuses questions pour leurs enfants ".

Dans un pays où la couverture vaccinale contre la rougeole, les oreillons et la rubéole flirte avec les 90% (pour 1 dose), pourquoi les parents sont-ils plus hésitants en ce qui concerne la Covid-19 ? Dans le Journal of the American Medical Association, on peut lire que pour beaucoup, la réponse est liée à la familiarité avec les vaccins en question. Les vaccins ROR existent depuis les années 1960. Mais le premier vaccin Covid-19 a été créé l’année dernière.

Le manque de recul pèse donc dans la balance. Tout comme les éventuels effets secondaires, le fait que les enfants ne fassent pas de formes graves ou encore "l’incompréhension de faire vacciner des enfants pour protéger certaines personnes âgées qui refusent elles-mêmes l’injection", explique le Pr Gras- Le Guen.

Sans oublier, bien entendu, la désinformation constante relayée par les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les mouvements anti-vaccin sont en pleine croissance et très politisés. Toujours selon l’enquête Slavaco, "ceux qui refusent catégoriquement de se faire vacciner contre la Covid sont plus souvent des femmes, jeunes, se sentant proches de partis de la droite radicale ou de la gauche radicale…".

Protéger les enfants

Si la décision des parents n’est pas arrêtée, Christèle Gras- Le Guen rappelle l’importance du dialogue avec le médecin ou le pédiatre. "Il vous connaît, il connaît votre enfant. Il saura vous délivrer une information éclairée, répondre à vos questions. Ce qui est primordial pour une décision partagée."

Enfin, si elle s’oppose farouchement à l’obligation vaccinale des plus jeunes, la pédiatre rappelle "le bénéfice direct qu’apporte la vaccination en assurant une protection individuelle contre les rares formes graves de Covid-19, notamment les syndromes inflammatoires multisystémiques pédiatriques (PIMS). Depuis avril 2020 en France, près de 400 enfants ont été hospitalisés pour un PIMS, le plus souvent en réanimation. Et dans 80% des cas, il n’y avait pas de comorbidité."

Centre Presse Aveyron
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