Millau : "Seule l’embauche massive peut soigner l’hôpital public"

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  • Cette mobilisation avait pour but d’alerter une nouvelle fois le gouvernement sur l’état  de l’hôpital public.
    Cette mobilisation avait pour but d’alerter une nouvelle fois le gouvernement sur l’état de l’hôpital public. M.L.
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À l’appel de la CGT, les soignants ont mené plusieurs actions, dans la soirée du mardi 11 janvier, à Millau.

Mardi soir, les drapeaux rouges flottaient devant la sous-préfecture de l’Aveyron. Pas de chansons, pas de fumigènes, pas de cortège prévu non plus. La CGT Santé de l’hôpital de Millau avait opté pour une manifestation courte et efficace. "Nous avons répondu présents à cette journée de mobilisation nationale du personnel médical, paramédical et médico-social. Nous demandons la garantie d’un accès aux soins pour tous et toutes", s’égosille Corine Mora, représentante du syndicat dans le Millavois, devant une quarantaine de manifestants de la CGT et du PCF et une quinzaine de gilets jaunes. Plus tôt dans la journée, elle et ses collègues avaient organisé une action "soignants aux fenêtres" au CH de Millau, en affichant des slogans comme "Pénurie", "Épuisement" ou "Embauche".

Mais mardi soir, la parole n’était plus à l’action mais à la mobilisation. Si la situation dans l’hôpital public est dénoncée collégialement du nord au sud, d’est en ouest de l’Hexagone, Corine Mora tient à pointer certaines particularités à Millau : " Il n’y a pas une politique d’embauche qui favorise les entrées. Pire, au vu de la situation, les nouveaux partent à cause de la surcharge de travail. C’est un cercle vicieux puisque les manques de moyens et d’effectifs rendent le travail plus difficile et font partir du personnel ce qui accentue les difficultés au travail. Et ce n’est pas un pool de remplacement sous-doté qui va nous aider. Seule l’embauche massive peut enrayer ce cercle. "

Des départs non remplacés

Sylvie est infirmière à l’hôpital depuis sept ans, "c’est la durée de vie d’une infirmière dans le public. Ensuite soit elle fait un burn-out, soit elle s’en va". C’est la deuxième option que la jeune femme a choisie. Dans deux mois, elle deviendra infirmière libérale, toujours à Millau. "J’en ai ras le bol de l’hôpital. Les équipes s’épuisent et résultat, les patients perdent en qualité de soin. Sur mes 14 derniers mois de travail, deux sont des mois d’heures supplémentaires."

Armelle, une collègue plus âgée estime avoir perdu le sens de son travail : "J’ai la conjointe d’une patiente qui va s’effondrer et moi je lui dis attendez je reviens parce que j’ai une urgence, mais en fait je ne reviens jamais la voir, parce que je gère des urgences toute la journée. Quand je rentre chez moi le soir je me dis que je suis une mauvaise infirmière", se désole-t-elle.

Passé en 12 h au début de la crise, puis repassé en 8 h fin 2021, Thierry est à nouveau en 12 h depuis la vague Omicron et l’ouverture d’une unité Covid au CH de Millau. Cette cadence devient "intenable pour beaucoup. Nous ne sommes pas assez et ce rythme fait que l’on fatigue beaucoup plus vite. On tombe malade et on est encore moins nombreux". À 58 ans, Thierry sait qu’il est proche de la retraite et que s’il "ne [peut] plus tenir" il partira. Mais il s’inquiète pour ses collègues qui resteront lorsque les 300 000 infirmiers proches de la retraite quitteront le navire.

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Corentin Mirallés
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