Vols Rodez-Paris : Amelia dénonce le contrat et se dit "prêt à partir"

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  • Alain Regourd, PDG d'Amelia, ici lors de la signature officielle de la délégation de service public pour la liaison Rodez-Paris, fin 2019.
    Alain Regourd, PDG d'Amelia, ici lors de la signature officielle de la délégation de service public pour la liaison Rodez-Paris, fin 2019. Centre Presse - José A. Torres
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Deux ans après son arrivée à l'aéroport de Rodez, la compagnie vient de dénoncer la délégation de service public pour la liaison Rodez-Paris. Elle se laisse jusqu'à début juillet pour trouver un accord avec le Département sous peine de quitter définitivement le tarmac aveyronnais.
 

Entre Amelia et l'Aveyron, plus rien ne va. La compagnie aérienne, qui assure la liaison Rodez-Paris depuis janvier 2020, vient de dénoncer le contrat qui la lie pour quatre ans à l'aéroport ruthénois. Le 4 janvier dernier, le PDG de l'entreprise, Alain Regourd, a officiellement écrit au ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, pour lui annoncer son désir de rompre cette délégation de service public d'ici les six prochains mois. Début juillet, Amelia pourrait donc quitter le tarmac aveyronnais... Comment a-t-on pu en arriver là alors que les relations entre les usagers, les collectivités et la compagnie semblaient jusqu'alors au beau fixe ?

"Si on ne veut plus de moi, qu'on me le dise"

"Par manque de négociations et de discussions", indique Alain Regourd, qui regrette ne plus avoir "aucun contact" avec le syndicat mixte, exploitant de l'aéroport de Rodez, composé principalement du conseil départemental (70%), de la Région (15%), de Rodez Agglomération et de la CCI (5%). "Aujourd'hui, si on ne veut plus de moi, qu'on me le dise, je partirai", ne cache pas d'ailleurs celui qui dénonce également "le retard" dans la mise en place de son centre en maintenance, annoncé en grande pompe en février dernier aux côtés de l'ancien président du conseil départemental, Jean-François Galliard. Ce centre devait conduire à la création de 50 emplois dans les années à venir. "On a tout pour le faire, on ne manque pas de travail et je pense que l'Aveyron en a bien besoin avec les épisodes Bosch et Sam ! Mais on attend toujours qu'on nous livre le hangar promis", explique l'entrepreneur, originaire de Rieupeyroux. Le hic, c'est que ce hangar de 6 000m2 nécessite des travaux et ces derniers sont à la charge du Département. Coût prévisionnel estimé : 2 millions d'euros.

Le Département "surpris" par la décision d'Amelia

"Avant d'engager autant d'argent, j'ai lancé une expertise précise de ce centre de maintenance. Je n'y suis pas opposé, mais il est difficile d'avancer sans un rapport de confiance avec son interlocuteur", répond Arnaud Viala, qui se dit "surpris" d'avoir appris en début d'année la dénonciation de la DSP de la part d'Amelia via un courrier "dont nous n'étions qu'en copie"... "Quelques semaines avant, mes services ont eu une réunion avec M. Regourd et rien ne laissait présager cette dénonciation. Je n'ai aucune explication sur ce revirement de situation et je ne le comprends pas", explique le président du conseil départemental.

Ce dernier a d'ores et déjà convoqué une réunion la semaine prochaine avec les autres acteurs du syndicat mixte pour "décider des suites à donner". "On prendra une décision sur l'avenir", assure-t-il, tout en stipulant bien qu'il n'avait jusqu'alors "aucun problème avec la compagnie Amelia dans sa gestion de la liaison Rodez-Paris, besoin absolu pour les Aveyronnais". Selon nos informations, le fait que cette dernière n'ait pas repris les liaisons à plein régime depuis la crise du Covid-19 aurait néanmoins agacé en interne. "Je ne suis pas ici pour perdre de l'argent, s'il n'y a personne dans les avions, je ne les fais pas voler ! C'est pareil pour Rodez, Aurillac, Castres et autres. Aucune compagnie ne tourne à plein régime depuis la crise sanitaire", se défend Alain Regourd. "On a toujours trouvé des solutions et un arrangement pour ces contraintes, ce n'est pas le problème", répond Arnaud Viala. 

Ce vendredi, Alain Regourd s'est dit "toujours ouvert à la discussion". Sa décision serait-elle donc qu'un simple coup de poker pour obtenir davantage des collectivités locales ? "Non, je suis prêt à partir", assure-t-il. Les prochaines semaines permettront, sans nul doute, de savoir si les différentes parties parviennent à sortir indemnes de cette zone de turbulence. Affaire à suivre.

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