6 étudiants sur 10 éprouvent régulièrement de la tristesse

  • "Dans quelques mois, c'est une génération entière d'étudiants qui aura vu l'intégralité de sa vie étudiante biaisée par la Covid-19" Pierre Faivre, porte-parole de la mutuelle étudiante Heyme.
    "Dans quelques mois, c'est une génération entière d'étudiants qui aura vu l'intégralité de sa vie étudiante biaisée par la Covid-19" Pierre Faivre, porte-parole de la mutuelle étudiante Heyme. Fabio Principe / Shutterstcok
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(ETX Daily Up) - Quelle place pour la santé mentale des étudiants ? En ce Blue Monday, le jour supposé le plus triste de l'année, la mutuelle étudiante Heyme rappelle que près d'un étudiant sur deux éprouve régulièrement des phases de déprime.

Le troisième lundi de janvier est le jour le plus triste de l'année selon une campagne de publicité qui a institutionnalisé ce rendez-vous depuis 2005. À l'occasion de ce "Blue Monday", la mutuelle étudiante Heyme rappelle que près d'un étudiant sur deux (49%) éprouve régulièrement des phases de déprime. "Il s'agit d'une population où la vie est magnifiée, très bohème, mais dont la réalité est compliquée", explique Pierre Faivre, porte-parole de Heyme. Selon la mutuelle étudiante, 6 étudiants sur 10 éprouvent régulièrement un sentiment de tristesse.

"La pandémie a fortement impacté la vie de ces jeunes adultes, continue le spécialiste en poste depuis 15 ans, l'enseignement à distance empêche les étudiants en première année de créer du lien social". De plus, la Covid-19 a contribué à précariser les étudiants, empêchant ces derniers de trouver un "job" dans les secteurs qui recrutent habituellement, tels que la restauration ou la vente de prêt-à-porter.

"Dans quelques mois, c'est une génération entière d'étudiants qui aura vu l'intégralité de sa vie étudiante biaisée par la Covid-19", rappelle Pierre Faivre qui souligne que la durée moyenne des études supérieures dans l'hexagone est de 3 ans.

Repérer les personnes isolées

"Sur une action de sensibilisation, c'est difficile d'entrer dans la sphère de l'intime", explique Pierre Faivre. Ce dernier préconise le "collectif protecteur". "Cela peut être n'importe qui, du professeur à l'étudiant en allant jusqu'au cercle familial". Il s'agit de rester attentif aux signes de mal-être éprouvé par un jeune. "Cela peut être une fatigue chronique, un manque de sommeil, une consommation addictive d'alcool ou de substances psychoactives, tout changement d'habitude", énumère le spécialiste. Quelques phrases peuvent aussi alerter sur des symptômes de mal-être telles que "je ne m'en sors pas" ou "je suis fatigué".

"En France on est encore en retard pour repérer les troubles psychiques, regrette Pierre Faivre, mais on s'inspire d'initiatives de nos voisins anglo-saxons. A partir du concept du "collectif protecteur", des étudiants irlandais ont mis en place une ligne d'écoute gratuite et anonyme. Lancé en Irlande en 1970, le concept s'est peu à peu étendu et existe désormais en France.

Ce service d'écoute, tenu par des étudiants, est avant tout destiné aux étudiants. Le numéro 01.88.32.12.32 est ouvert de 21h à 2h30 chaque soir (sauf le mercredi et le jeudi).
"Il n'y a pas de mauvaise raison d'appeler", rappelle Nightline.fr, "les étudiants bénévoles sont formés pour parler de tout, donc si vous avez un coup de blues le soir ou si vous voulez juste parler d'un film que vous avez vu au cinéma, n'hésitez pas à les contacter. Ils sont là pour ça".

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