Football - Rodez : aux origines du Danger

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  • Bradley Danger a réussi sa première partie de saison.
    Bradley Danger a réussi sa première partie de saison. Centre Presse - Jean-Louis Bories
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Le milieu de Rodez Bradley Danger retrouve Le Havre samedi, à 19 heures (22e journée de Ligue 2). Où son parcours de formation s’était terminé douloureusement.

Pour le milieu ruthénois Bradley Danger, ce ne seront pas seulement des retrouvailles avec son club formateur, Le Havre, samedi soir. "Il y aura tout son village dans le stade ! ", plaisante Yann Hugues, son premier entraîneur chez les ciel et marine, en U14. Les 2 500 habitants, environ, de Doudeville, commune située à 70 kilomètres et berceau du petit Brad’, n’y seront bien évidemment pas tous, mais de nombreux jeunes du club local devraient prendre place en tribunes.

Le président de l’US doudevillaise Fabrice Perriau confie : "Les petits devaient accompagner les joueurs de Rodez sur le terrain, c’était la surprise qu’on voulait faire à Bradley. Mais le Covid-19 a empêché ce beau moment."

"Plus mature que les autres"

Que les petits ne s’inquiètent pas. "Je vais faire vite dans les vestiaires après le match pour aller les voir ", sourit le joueur de 23 ans. De quoi rappeler des souvenirs à ce dernier, dont la première licence a été prise il y a 18 printemps "sur les terrains situés en face de (son) immeuble ".

Avant que sa mère le voie quitter le cocon familial pour intégrer le centre de formation havrais, à 13 ans. "C’était le petit campagnard, se souvient affectueusement Yann Hugues. Il a toujours été plus mature que les autres, un gros travailleur, respectueux… Avec lui, ça s’est très bien passé."

À tel point que Bradley Danger le considère comme son "père" de substitution, le biologique ne lui donnant "plus de nouvelles" : "Yann m’a pris sous son aile. Quand je rentre en Normandie, je vais manger chez lui." "C’est la famille, confirme son ancien éducateur. Mon fils est né en 99 et il parle de Brad’ comme son frère. À l’époque, je l’amenais à la maison pour regarder le foot à la télé, je le déposais à la gare quand sa mère avait besoin… Aujourd’hui, on débriefe ses matches. "

Un soutien essentiel pour le natif de Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, qui a "longtemps surclassé les joueurs de son âge", se souvient le coach des U17 du club normand Abasse Ba, son éducateur chez les U19 puis en réserve : "Ça lui a permis d’évoluer avec les équipes de France jeunes." Dans lesquelles il a joué aux côtés d’un certain Kylian Mbappé et remporté notamment l’Euro U17.

"Seul de sa génération (98)" à avoir joué avec les Bleuets, il n’a pourtant pas disputé pas la moindre minute avec l’équipe première havraise : "Je m’y suis entraîné de 16 à 20 ans, j’ai fait quelques bancs… Puis quand j’ai signé pro en 2018, mon entraîneur de l’époque, Oswald Tanchot, m’a dit qu’il ne comptait pas sur moi. J’étais à deux doigts de tout arrêter."

Le rêve d’un retour au Hac

Le Doudevillais rend même son appartement au Havre pour retourner vivre chez sa mère. Cantonné au CFA (actuel National 2) avec la réserve, le milieu défensif demande alors à être prêté au niveau supérieur. "À Avranches, en National, j’ai repris le fil de ma carrière. Je ne pouvais pas rêver mieux qu’un coach comme Frédéric Reculeau."

Ce dernier confie : "J’ai vu arriver un garçon qui devait encore faire le deuil. Sur le terrain, je l’ai fait reculer défenseur central pour le responsabiliser. Mais Brad’ était tellement facile que si je l’avais fait jouer plus haut, il n’aurait pas eu ce sérieux et cette application."

Après une saison pleine, le Normand résilie son contrat pro en Seine-Maritime et rempile pour une autre dans la Manche. "Peu de temps après, Paul Le Guen est arrivé, rappelle Bradley Danger. Je suis déçu car j’aurais bien aimé jouer sous ses ordres." À la fin de son aventure avranchinaise, c’est sous les couleurs de Chambly qu’il découvre la Ligue 2, avant de signer à Rodez l’été dernier. "Mais si j’avais fait mes premiers pas dans cette division au Havre à 17-18 ans, j’aurais été plus haut."

Intégrer l’élite, en France ou à l’étranger, est toujours son ambition première. Mais un retour triomphal dans son "club de cœur " juste avant pourrait être une belle revanche : "Si Le Havre m’appelle dans deux ans, à la fin de mon contrat ici, bien sûr que j’y retournerai. Ça me rapprocherait de ma famille, ma copine reviendrait aussi sur ses terres. Tout serait parfait. " "On serait ravi de le voir revenir", avoue même Abasse Ba.

Mais dans l’immédiat, c’est plutôt le retour d’une victoire ruthénoise, après deux défaites consécutives, que son ex-protégé érige en priorité. Yann Hugues coupe presque la poire en deux : "Si Bradley marque, mais qu’on gagne 2-1, ça m’irait bien." Rendez-vous est donné en tribunes pour le débriefing du père et du fils d’adoption.

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