Rugby : Raphaël Portat, la belle ascension d'une pépite

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  • Raphaël Portat : "Je reviens souvent en Aveyron. Avec mes amis d'enfance, on est allé voir le match d'Abel (Hazin) contre Verfeil, à Rodez. J'aurais aimé pouvoir jouer avec lui et aider le club à monter en Fédérale 3." Raphaël Portat : "Je reviens souvent en Aveyron. Avec mes amis d'enfance, on est allé voir le match d'Abel (Hazin) contre Verfeil, à Rodez. J'aurais aimé pouvoir jouer avec lui et aider le club à monter en Fédérale 3."
    Raphaël Portat : "Je reviens souvent en Aveyron. Avec mes amis d'enfance, on est allé voir le match d'Abel (Hazin) contre Verfeil, à Rodez. J'aurais aimé pouvoir jouer avec lui et aider le club à monter en Fédérale 3." DR
Publié le , mis à jour

Réservé durant son enfance, le Sébazacois Raphaël Portat s’est affirmé grâce au rugby. Appelé pour la première fois en équipe de France mercredi, chez les U20, le joueur de Toulouse est perçu comme l’avenir.

"Il avait beau faire une tête de plus que les autres, Raph’ était réservé durant son enfance. Parce que c’est un gamin qui est d’une gentillesse infinie… Heureusement, le rugby l’a beaucoup aidé à s’affirmer. Au début, c’était aussi un garçon gauche. Puis il a progressé à une vitesse incroyable." Tellement élevée que Raphaël Portat, pris sous l’aile de l’ancien directeur de l’école Jeanne-d’Arc de Rodez Hervé Vacaresse, vient d’intégrer… l’équipe de France U20.

Le pensionnaire du centre de formation de Toulouse depuis juillet a d'abord été convoqué pour un pré-stage à Marcoussis de dimanche à mercredi. Sa première convocation avant son baptême chez les Espoirs ? Car le dernier jour, le deuxième ligne a appris qu'il faisait partie de la liste des 26 joueurs retenus au moins pour le premier bloc du Tournoi des Six Nations de la catégorie. À savoir les réceptions de l'Italie le 4 février, à 21 heures à Mont-de-Marsan, puis de l'Irlande le 11, au même horaire mais à Aix-en-Provence (matches en clair sur la chaîne L'Équipe). "Le plus dur reste à faire", prévient le jeune adulte de 18 ans. Hervé Vacaresse confie : "Il m'a dit ça aussi, mais je lui ai répondu d'être fier parce qu'ils ne sont que trois de la génération 2003 (la moins vieille) dans l'effectif."

En attendant, l'originaire de Sébazac-Concourès a entamé son dernier stage de préparation hier à Aubagne (Bouches-du-Rhône), où la délégation restera jusqu'à dimanche... aux côtés du XV de France des Gaël Fickou, Grégory Alldritt et de son modèle Thibaud Flament. "On va avoir deux entraînements avec eux, ça, c'est trop cool !", s'enthousiasme le natif de Mont-Saint-Aignan, près de Rouen. Son profil est "le même" que le troisième cité : "Moi aussi, je suis grand, mobile et vais facilement à l'impact." "C'est exactement ce genre de joueur, confirme Hervé Vacaresse. Un deuxième ligne moderne, capable de jouer en troisième et de rentrer trois-quart. Il est inépuisable et toujours à l'endroit où on lui demande d'être." 

"J'ai cru qu'il s'était trompé de catégorie"

C'est d'ailleurs ce dernier, l'un de ses premiers entraîneurs au feu Stade ruthénois, qui l'a mis à l'ovalie à dix ans alors qu'il venait de jouer deux saisons au Raf. Frédéric Isnard, le coach des débuts de Raphaël Portat, sourit : "Quand je l'ai vu arriver à l'entrée du Trauc, j'ai cru qu'il s'était trompé de catégorie au vu de sa taille." Son poste est alors vite devenu une évidence. "Sur les touches, on l'a mis premier sauteur alors autant vous dire que les lanceurs adverses... (rires) Par son physique, il était précieux dans les impacts, mais on a quand même dû lui faire travailler sa motricité pendant longtemps."

Ses valeurs ont aussi collé directement avec celles de son nouveau sport. "C'est un garçon très attentif et respectueux, que ce soit à l'école ou sur le terrain, loue Hervé Vacaresse. Surtout, Raphounet est d'une générosité... Quand un élève avait des difficultés en classe et que j'étais occupé avec un autre, il allait l'aider de lui-même ; je le voyais parfois aller faire le lit des plus petits ; prendre l'initiative de ramasser les déchets dans la cour en incitant ses camarades à l'imiter..."

Un trait de la personnalité du prodige qui rappelle un bon souvenir à Franck Larosa, conseiller technique à la ligue Occitanie l'ayant eu sous sa responsabilité en sélection d'Aveyron U15 : "Alors qu'il venait de finir des tests pour accéder au pôle espoir de Jolimont (intégré à environ quinze ans), il a insisté pour participer au tournoi régional de Foix. Grâce à lui, on l'a gagné."

"Ils veulent l'amener tout en haut"

"Il avait roulé sur tout le monde", se marre Hervé Vacaresse. Une prise de conscience pour son protégé : "C'est là que j'ai senti que j'étais au-dessus." Les recruteurs de la fédération et ses éducateurs, eux, l'avaient vu depuis un moment déjà. "Un gamin avec une morphologie comme ça, il n'y en a pas 50, pointe le désormais responsable d'une école à Pibrac, près de Toulouse. Un an avant l'Ariège, pendant une compétition du même genre à Béziers, les parkas bleues de la FFR étaient venues à ma rencontre pour tout savoir de lui. Mercredi, son père, Yann, a halluciné de voir son fils intégrer les Bleuets parce qu'il a été longuement blessé à une épaule la saison dernière. Je lui ai répondu : "Ne cherche pas, Raph' est fiché, ils veulent l'amener tout en haut." Un jour, on le verra en Top 14, c'est certain !"

Frédéric Isnard appuie : "Quand Toulouse l'a recruté, certains de ses représentants m'ont dit directement : "On va l'amener au plus haut niveau. Une pépite comme ça, il faut la bichonner et la garder."" "Cette confiance me donne envie de me surpasser pour le Stade toulousain, apprécie le colosse de deux mètres. Mais je manque encore de maturité dans le jeu. Je dois aussi gagner en muscle pour passer de 107 à 115 kilos. Ça me permettrait d'avoir une plus grosse carapace."

Au moment d'évoquer ses objectifs, Raphaël Portat garde la même humilité. "Je veux gagner ma place de titulaire puis le Tournoi, finir premier en championnat avec les Espoirs de Toulouse et m'entraîner le plus possible avec les pros pour faire mes débuts avec eux dans deux ou trois ans. Mon rêve ? C'est de porter le maillot de l'équipe de France senior." À ce rythme-là, on voit mal ce qui pourrait l'en empêcher.

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