Rodez : Le Biney, un hôtel historique, est mis en vente

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  • L'histoire de l'hôtel remonte à Prosper Biney, un passionné de cuisine, au 19e Siècle.
    L'histoire de l'hôtel remonte à Prosper Biney, un passionné de cuisine, au 19e Siècle. Centre Presse - José A. Torres
Publié le , mis à jour

L'hôtel Le Biney est à la vente. L'occasion de revenir sur cet établissement qui fut créé par Prosper Biney en 1867. Ce passionné de cuisine était en pointe sur l'art culinaire, dont il a réalisé une spécialité : la terrine de foie gras truffé, et dont le Baron Rotschild en raffolait. 

Plusieurs hôtels ruthénois ont changé de main, récemment. Aujourd'hui, c'est au tour du Biney. Situé en plein centre de Rodez, il s'affiche à la vente, pour la somme de 1 555 000 €. Le lieu a reçu plusieurs visites. Sur l'annonce, on y apprend que l'hôtel classé trois étoiles dispose de 28 chambres (dont une suite). Il a été totalement rénové récemment pour se remettre au goût du jour. Sur une surface de 700m2, les propriétaires ont développé des services comme un Spa, une salle de musculation, une salle de conférences etc.  

Au-delà de ses atouts, l'hôtel Le Biney  reste une institution historique. Son histoire remonte à Prosper  Biney, né en 1808,  à Marguinière (en Eure et Loire). "Dès son plus jeune âge, il est passionné de cuisine. Amateur de gastronomie, son rêve était de devenir  cuisinier. Apprenti chez Lemoine à Chartres, il passera chez Lebeau à Paris, fournisseur de l'Empreur. Cette formation lui permet d'entrer en qualité de chef de partie, auprès du grand chef de cuisine Vefour au Palais Royal (un haut lieu de la gastronomie parisienne)", souligne  l'historien Jean-Michel Cosson, en citant l'ouvrage de Bernard Pouget sur les "100 familles aveyronnaises". 

Mais le jeune homme ne s'arrête pas là. Il rentre comme maître d'hôtel chez le comte de Bourmont (ministre de la guerre d'alors), puis comme chef de cuisine au service du comte Montaliver (ministre de l'Intérieur). Plus tard, le 18 août 1830, Louis de Blanc De Guizard, rédacteur du Globe, est nommé préfet de l'Aveyron. Il emmène Prosper Biney "dans ses valises" et lui confie la direction de sa cuisine. En 1835, il s'installe à son compte en Aveyron où il reprend l'Hôtel des voyageurs. Il faut attendre 1945 pour qu'il puisse ouvrir  son propre hôtel-restaurant : l'hôtel du Midi qu'il exploite durant 27 ans. 

En 1867, Prosper créé Le Biney

En 1867, il le revend à Chaffaux, un cuisinier tout aussi passionné que lui. C'est à ce moment-là qu'il crée Le Biney. Plus d'un siècle et demi, plus tard, l'hôtel porte toujours le nom de ce technicien de la nouvelle cuisine. "Après avoir ouvert un laboratoire culinaire, il va se spécialiser dans un plat, bien à lui : la terrine de foie gras truffé. Une gourmandise qui séduira jusqu'au Baron Rotschild", rappelle Jean-Michel Cosson.

Il va aussi se marier avec une Ruthénoise, avec laquelle il aura un fils Pierre Biney et ouvre le Buffet de la Gare. Son fils sera aussi réputé pour sa gastronomie rouergate. En 1968, Suzanne Lacombe fille du professeur de français Lacombe, achète  l'hôtel qui a été reconstruit à l'arrière, dans la rue Victoire Massol. De nos jours, le Biney trône encore dans cette rue, tranquille derrière l'artère principale de la ville, en attendant un nouveau destin. 

L'histoire de l'hôtel intimement liée à l'Histoire de l'Aveyron

Si le Biney résonne dans la tête des Ruthénois comme un lieu de bien-être et de convivialité, notamment du côté du restaurant portant le même nom. Durant la Seconde Guerre mondiale,  l'hôtel Le Biney avait pour siège la Kommandantur. La Gestapo allemande, arrivée en 1942, en France libre avait choisi les plus beaux hôtels pour s'intaller. "Sur l'Hôtel Biney flottait le drapeau à croix gammée de la Kommandantur ; le mess des officiers occupait le Broussy ; le Verbindungsstab, l'hôtel du Midi et bien d'autres lieux encore, vitrines de la mainmise allemande sur la ville, sur ses rouages et sur ses hommes », décrit Jean-Michel Cosson dans son livre L'Aveyron dans la guerre 1939-1945 (éditions De Borée).

Précisons que l'hôtel Le Biney, à ce moment, n'était pas situé rue Massol, comme à l'heure actuelle, mais sur le boulevard Gambetta.Dans les archives, et bien avant la Seconde guerre mondiale, on retrouve la trace du nom Biney, en 1905. Cette anné-là,  on y apprend l'élection à l'Académie des Beaux-Arts du sculpteur Denys Puech. Une élection qui s'est terminée, avec une cinquantaine de convives, au restaurant Le Biney.

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